Autrement dit, Abraham
nête Zopire, lui offrant pour ébranler sa fermeté de lui rendre ses enfants, qu'il croyait perdus depuis quinze années , et même de devenir son gendre ; puis employant la religion et l'amour pour exalter l'imagination du jeune Séide et lui faire tuer son père par l'appât d'une double récompense : la jeune fille qu'il aime et le Ciel .
Quant aux formes de la versification, le poète, innovant parfois avec une hardiesse assez grande pour le temps, ose, lorsqu'il le faut, supprimer l'hémistiche el en donner l'équivalent par deux césures, comme dans ce vers :
Qui l'a fait roi? qui l'a couronné? — La victoire1.
Cela était remarquable alors , et semblait une licence téméraire. On ne le remarque plus aujourd'hui que l'on a dépassé ces hardiesses jusqu'à l'insanité 2.
A tout prendre, la versification et le style de celte tragédie sont très faibles. Grimm cependant en fait l'éloge, mais tire de cet éloge même une autre critique : c'est que le style jure avec le sujet. « Pour trancher le mot sur le plus bel ouvrage du Théâtre- Français, sur Mahomet, croyez -vous qu'un homme de goût, dans l'acception rigide du terme, puisse