‹ Le theatre de VoltaireChapitre 57 sur 161 · Acte I, scène iv · texte numérisé non relu

Acte I, scène iv

MA10MBT 171

ridiculiser ou d'interpréter faussement la célèbre formule Écrasons l'infâme l mais, dous auto -

perdons pas de \ pie, vingt-cinq ans encore a

cette pièce, le pasteur Rochette fut conduit au supplice pour avoir contrevenu aux règlements de Louis \IV contre les lln gentilshommes coupables d'avoir voulu le n'oublions pas qu'un m< >i- a] quadruple

•timi. eul lieu celle d 1762) ; n'oublions

pas les horribles histoires des S 1761 à 171

des La Barre 1766 . des Montbailly (1770 . Bien des choses, qui maintenant uous font L'effel de vieilli- phrases, étaienl ali i mps hardis,

portés a des réalités cruel point d<

qu'il faut considérer cette tragédie du Fanatisme.

Vnssi, après l'avoir conçue el composée, u'était-ce pas une entreprise toute simple que de la faire rente!-. Ce ne fui pas du premier coup que l'auteur parvint à dresser cette nouvelle machine guerre. L'ancien élève des Jésuites avait retenu de

- certaines habilefc - ques . \

allons le voir manœuvrer. 11 risque d'abord i ti gédie à Lille, en 1TU : puis, l'année suivante, il essaye de la faire jouer à Pari-. Crébillon, cens en même temps qu'auteur dramatique, refuse d'approuver la pièce, qu'il trouve dangereuse. Voltaire alors s'avise d'un bon tour : il parvient à la faire approuver par le Pape., en la lui dédiant. Rien de plus curieux que les compliments dont l'un et l'autre

font assaut. Voltaire, d'abord, écrit au Saint -Père une potito lettre en italien, dont voici la traduction :

« Très Saint Pure,

Votre Sainteté voudra bien pardonner la liberté que prend un des plus humbles, mais l'un des plus grands admirateurs de la vertu, de consacrer au Chef de la véritable Religion un écrit contre le fondateur d'une religion fausse et barbare.

\ qui pourrais -je plus convenablement adresser la satire de la cruauté el des erreurs d'un faux prophète, qu'au Vicaire el à l'imitateur d'un Dieu de paix cl de vérité '.'

Que Votre Sainteté daigne permettre que je mette à ses pieds el le livre el l'auteur. J'ose lui demander sa protection pour l'un, el sa bénédiction pour l'autre.

» C'esl avec ces sentiments d'une profonde vénération que je me prosterne el que je baise vos pieds sacrés.

» Paris, 7 auguste 1743. »

La réponse du Saint-Père n'est pas moins aimable. Je n'en citerai que le premier alinéa, traduit également d'italien en français :

M * Nu MET J"3

■ Benou XIV, pAi'i:.

Page 1