‹ Le theatre de VoltaireChapitre 73 sur 161 · Dramaturgie de Hambourg, 6' soirée · texte numérisé non relu

Dramaturgie de Hambourg, 6' soirée

SÉM1RAMIS -- ■

troisième; el . s'il i - plus \ - deux d( ra

ce n'est pas sans donner prise à la critique par le pauvn effet de l'Ombre, et par l'imbroglio de la

strophe .

te tragédie poui tanl . telle quelle . après l'hi talion du public aux premières représentations, s'empara de lui : el le succès, douteux d'abord décida, surtoul à la reprise. L'auteur put se flatter d'avoir fail un chef-d'œuvre de plus, el d'avoir surencore une fois Shakspeare. Néanmoins, importuné du bruil croissant de ce uom depuis que le traducteur La Place avail parlé du grand poète anglais avec enthousiasme, Voltaire s'était mis à le louer plu- modérément el à le critiquer plus rudement. Mais voici qu'en 1759, onze ans après Sémira-

parul une autre traduction de Shaksp plus complète el plus exacte, celle de Pierre Le Tourneur. Celui-ci proclamait Shakspeare le dieu en iteur du théâtre : Voltairealors s'irrite contre le lieu el contre son nouveau prophète, appelant l'un Gilles el l'autre Pierrot. En même temps, par toutes s - '!-• Lettres et de Dissertations ambiguës,

yanl de se prémunir contre les accusations de plagiat, embrouillant tout, il donnerait volontiers .1 entendre aux gens mal instruits ou distraits que ce u'est pas lui qui a imité Shakspeare, mais

1. Victor Fingo, dans la préface de Cromwell, qoatre-vinglbïz ;ms après, dira de même: « Shakspeare, ce dieu du théâtre... »

•Il*) LE ROMANTISME DES CLASSIQUES

Shakspeare ou ses traducteurs qui l'ont imité, lui Voltaire . Lorsque paraît la traduction à'Hamlet, ne dit-il pas que son Eriplnjle et sa Sémiramis « ont mis 1rs spectres à la mode»? Mais Shakspeare fait sa trouée : on ne l'arrêté plus . Diderot applaudit . Aux traductions d'ensemble de La Place et de Le Tourneur, succèdent des traductions partielles en vers, de lîarthe, de Ducis , de Mercier, qui continuent à initier le public . Voltaire essaye de donner le change aux curieux , e1 en quelque sorte à lui-même , de faire obstacle tant qu'il peut h ce Ilot .montant de révélations. Il force Le Kain à refuser lé rôle

d'Hamlet dans là traducti m réduction de Ducis,

qu'il n'y .1 là «qu'un mauvais rifadmento de Sémiramis : » c'est-à-dire une Sémiramis mal refaite. Ne dirait-on pas que c'esl lui qui est l'auteur original , contrefait par Shakspeafe on traducteurs ?« Citant la dernière scène A'Otkello, il en supprime les passages qu'il a mis dans la bouche d'Orosmane, et accuse le traducteur du poète anglais d'avoir pillé Zaïre1.)) Puis, sous le pseudonyme de Jérôme Carré, en I7GI , il injurie le dieu ; l'année suivante , il le travestit dans

iduction de Jules César en vers non rinw l'insulte encore dans les note-. Cela lui attire de

vertes répliques d'Anglais justement indignés, Ho ,

Samuel Johnson, mistress Montague 2. 11 riposte,

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