OR ESTE
faisn;' ions sur corrections. Cela excédai
comédiens et les comédiennes. Mademoiselle ! mares ayanl fermé sa porte à l'auteur, il lui en
lit. par le trou de la serrure; ell trou. Alors i! s'avisa d'un autre moyen. Ayant n; qu'elle donnait un grand dîner, il lui envoya un très beau pâté : quand on l'ouvrit . on vit d< perdreaux tenant dans leurs - qui
portaient les corrections nouvelles1.
A la première r tion , l'auteur n'avait rien
néglL r le succès : de n
amis dans la salle applaudissaient pour entrain publie. Le poète lui-mêm penchant hoi-
sa loge, iait : « Courage! courage. Athéniens, c'est du Un ricanement s'étant fait en-
• dans le parterre, Voltaire dil voix
altér arrêtez , barbare- '
parterre se tut.
Se- lous rapportent que l'on n'étai1
très à son aise quand on se trouvait près de lui aux premières itations de ses pièces. « parce qu'il
ne pouvait se contenir. Tranquille d'abord . il s'animait insensiblement ; sa voix, ses pieds, sa canne. snt entendre plus ou moins. Il se soulevait à demi de son fauteuil, se rasseyait, tout à cou trouvait droit, paraissant plus haut de six pouces
1. Lueien Pérey et Gaston Maugra;. la Vie intime de Voltaire aux Délices et à Ferney, Paris, Calma nu Létjr, \8Sb.
qu'il ne l'était réellement. C'était alors qu'il faisait le plus de bruit1. »
Malgré tout ce remue- ménage, et les appels aux Athéniens, el les applaudissements des amis. Oreste n'eut que neuf représentations.
Cependant l'auteur ne se tint pas pour battu . En tête de la pièce imprimée, parut une Dissertation attribuée à un « Monsieur Dumolard , membre de plusieurs académies» (on ne disait pas lesquelles), où sont comparées les trois pièces grecques, d'Eschyle. de Sophocle et d'Euripide, sur ce même sujet : comparaison destinée à montrer que l'auteur de la présente pièce, M. de Voltaire, l'ail une concurrence victorieuse, non seulement à Crébillon , mais aux trois grands poètes tragiques d'Athènes. C'est ici qu'on serait tenté de dire comme Suzanne à Figaro : « Mon Dieu ! que les gens d'esprit sont bêtes! » Rivaliser seulement avec Euripide, c'esl tout ee que Racine lui-même avait osé; jamais il ne se hasarda contre Eschyle, ni contre Sophocle. Quand Vol taire , déguisé en Dumolard , se décerne le prix sur ces trois : ands génies, on ne peut s'empêcher de sourire d'une illusion aussi forte. La témérité était déjà grande d'avoir crié lui-même : « C'est du Sophocle! » Eh n .■;• ! ce n'est pas du Sophocle! ni de l'Eschyle encore bien moins! Mais, dans Oreste comme dans Œdipe, il se flattait d'avoir perfec-
1. Wagnière et Longchanip, Mémoires de Voltaire. Paris, 1826, tome I.