ORESTE
lionne Sophocle. Or, il n'a fait qu'une pièce hybride, qui aurait révolté les Athéniens, et que les Français goûtèrenl médiocrement. En effet, pré tendre transporter l'intérêt sur Clytemnestre, épousi
adultère, homicide, en lui laissant les sentiments d'une mère , et atténuer le parricide d'Oreste en ramenant par une méprise, c'est mitiger la terreur el dépouiller le draine de toute valeur morale, de tout enseignement. « Qu'est-ce donc qu'Oreste , si le Destin n'entraîne pas son bras et sa volonté au meurtre de C^-temnestre ? Qu'est-ce que Clytemnestre elle-même, si elle ne conserve pas l'audace du crime et l'impénitence ? Clytemnestre repentie et visant à couler en paix ses vieux jours au de sa famille unie sous le patronage d'Égisthe1, est un personnage chimérique ; Oreste, fils respectueux, devient insignifiant ; Electre, elle aussi, dont le poète grec a fait le génie de la piété et de la vengeance, est abâtardie. Tous ces beaux monstres antiques, ainsi apprivoisés, ont perdu leur attrait de terreur, leur charme d'épouvante . Que nous importent après cela quelques scènes bien conduites , quelques tirades pathétiques , une intrigue régulière ? Le terrible prestige de la race d'Atrée est détruit ; et nous n'avons pas même en échange des gens de bien 2 »
1. Je voudrais dans le sein de ma famille entière Finir un jour en paix ma fatale carrière.
Oreste, acte I, scène n.