‹ Le theatre de VoltaireChapitre 90 sur 161 · Cf. Dofia Sol à Hernani · texte numérisé non relu

Cf. Dofia Sol à Hernani

Vous êtes mon lion superbe et généreux.

2o2 LE ROMANTISME DES CLASSIQUES

De nos peuples jaloux, tu connais la fierté :

De nos arts , de nos lois l'auguste antiquité,

Une Religion de tout temps épurée,

D i cent siècles de gloire une suite avérée,

Tout nous interdisait, dans nos préventions,

Une indigne alliance avec les nations .

Enfin un autre hymen, un plus saint nœud m'engage...

Le drame commence donc à la prise de Pékin par Gengis-khan et son armée. De la dynastie détrônée par l'invasion des Tartares, il ne survit qu'un faible enfant ; le vainqueur veut assurer sa conquête définitive par la mort du royal Orphelin. Zaïnti et Idamé, auxquels il a été confié en secret, ne peuvent le sauver qu'en faisant passer leur propre enfant pour le jeune prince et en le sacrifiant à sa place . Zamti met son devoir de fidèle sujet avant son devoir de père, et résout de livrer son fils ; ldamé , mère avant tout , résiste . Zamti essaye de l'entraîner :

ldamé, souviens- toi Que mon devoir unique est de sauver mon Roi : Nous lui devons nos jours, nos services, notre être, Tout, jusqu'au sang d'un fils, qui naquit pour son maîlre...

Zamti insiste vainement : la mère ne saurait se résoudre à ce sacrifice qui révolte la nature :

Que j'immole mon fils?

ZAMTI.

Telle est notre misère :

Vous êtes citoyenne avant que d'être mère.

L' ORPHELIN l'E LA CHINE 253

Page 1