‹ Le theatre de VoltaireChapitre 91 sur 161 · ID AMÉ · texte numérisé non relu

ID AMÉ

Quoi ! sur toi la nature a si peu de pouvoir ?

Elle n'en a que trop ! mais moins que mon de\uir : Et je dois plus au sang de mon malheureux maître Qu'à cet enfant obscur à qui j'ai donn-'- l'être.

IDA m é .

.Non ! je ne connais pas cette horible vertu...

Jusque-là l'accent reste vrai : mais bientôt le (on change, et cela tourne au philosophisme; une discussion se substitue à l'action: et, après la tb celle du dévouement absolu aux rois, vient l'antithèse, celle de l'égalité :

rois ensevelis, disparus dans la poudre, Sont-ils pour toi des Dieux dont tu craignes la fondre? A ces Dieux impuissants, dans la tombe endormis, As-;u fait le serment d'.^sassiner ton Gis .' Hélas! grands et petits, et sujets el monarques, Distingués un moment par de frivoles marques, Égaux par la nature, égaux par le malheur, Tout mortel est chargé de sa propre douleur; Sa peine lui suffit; et, dans ce grand naufrage, Rassembler nos débris, voilà notre partage... '.

Est-ce Idamé qui parle, ou le poète philosophe? Et plus loin, dans la même scène, c'est lui assurément qui dit encore :

Je ne dois point mon sang en tribut à leur cendre. Va, le nom de sujet n'est pas plus saint pour nous Que ces noms si sacrés et de père et d'époux.

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