‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 109 sur 160 · LA ROMANCE DE PIERROT · texte numérisé non relu

LA ROMANCE DE PIERROT

COMPTB-RBNDir DU DÉBUT DB DBBURAU PU«8 FAIT PAR UN TITI

RlUÉ PAR M. ACHILLE. ' ' '

Air : Au clair de la lune

De» vieiir^ pantomirneB L' titi n'e^t plu^ veuf.

Tirun^ no» centimes Yïk l'un Pierrot neuf.

Sa beir figur' blanche L*aut* soir, ça s' devait, Tomba sur la planche Sortant d'un navet.

Chacun dit la sienne Sur Tami Pierrot. L*idé' qu*est la mienne, C^est qu* c'est Deburau, Qui dans sa sagesse S* trouvant trop ancien A r'pris sa jeunesse Chez un magicien ;

Ou, que d* Théritage Le papa Blanc blanc Pour un bon partage A tiré son plan.

Du talent du père, C'est tout naturel, L' fils comm* légataire Est universel.

Pas un qui r dégote.

II sait à propos Lancer la calotte Et Tcoup d* pied dans... le dos.

SU faut que Cassandre Chaq' soir tienn' son rang, Moi, y conseiir d*en prendre Au moins deux par an.

Qu'on grandies' la salle.

C'est lA mon avis.

Tout s'ra plein, d' la stalle Jusqu'au Paradis.

Nous somm's de ta suite, Vive Deburau !

T'auras not' visite Mon ami Pierrot.

Achille obtint de H. Billion, Tautorisation de faire vendre sa poésie dans la salle.

Comme M. Billion continuait à percevoir cinquante centimes sur chaque vendeur, il avait accepté très enchanté.

Telle était l'avarice de cet homme : il mettait soigneusement de côté les vieux sous cassés, usés, pour payer la Oguralion. H lui sem* blaitdonner moins, en distribuant cette méchante menue monnaie.

LES PUNAMfiULES 325

Le 29 octobre, on donna : Normands et Bretonnes, vaudeville en i acle.

Le 3 novembre: Casilda, vaudeville en 2 actes, joué par Cordier, Alexis, Francisque, Adolphe, Mesdemoiselles Rosalie et Valérie.

Voici un couplet que chantait le personnage de Macaroni à Casilda, dont il était épris :

Air : Voilà tout ce que je sais.

y sais éplucher des pomm's de terre

J* sais écosser les haricots.

y sais tresser les chaussons d' lisière. Je sais plumer et canards et perdreaux. Je sais vider un* quVelle ou des lap'reaux.

Je sais près d'une Jeune fille Parler d*amour avec beaucoup d* succès.

Et y sais nager comme une andouille

(Parlé) Pardon, ma langue a fourché. Je reprends:

Et J' sais nager comme une anguille.

Et Je n* vous dis pas encor tout c* que j' sais

' En fait d'amour près d*un*Jeun* fille J* sais un tas d* choses qu'ont toujours du succès.

Le 2 décembre on donna : Les Pérégrinations de Pierrot et de Polichinelle ou L'on na rien sans peine^ pantomime en 9 tableaux.

Pierrot aime Colombine, fille de Cassandre ; Polichinelle aime Isabelle, fille de Géronte. Les deux pères repoussent les deux amoureux parce qu'ils sont pauvres. Toujours.

Une bonne fée leur vient en aide et leur tient ce langage :

— Pierrot .et Polichinelle, vous m'êtes également chers ; je vous accorde à tous deux ma protection ; mais vous êtes trop jeunes pour vous marier. Allez chercher, dans les voyages, Texpérience et la fortune, et je vous promets un égal bonheur.

Alors, commence pour les deux amis un voyage à travers les cinq parties du monde ; voyage dans lequel ils se rencontrent avec des sauvages qui veulent les manger. Polichinelle est même mis à la broche et délivré par Pierrot.

Puis, un Pacha veut faire empaler Pierrot.

Ils subissent un naufrage. Us sont surpris dans une forêt, par un serpent et un crocodile. Le crocodile avale le serpent et meurt d'indigestion. Pierrot reçoit une flèche dans le derrière ; il se la retire par la bouche.

Pierrot est vendu par des négriers comme « Superbe nègre blanc, » Polichinelle comme « Vieil Hottenlot des mers glaciales. •

Enfio^ après un nombre incalculable de pérégrinations plus ou

moins vertigineuses, ils reviennent dans leur belle patrie et épousent celles qu'ils aiment, par la seule volonté de la bonne fée :

— Mes chf^m enfants, leur dit-elle, vou<* vovez que je ne vous avais pas trompés. Vous avez appris que la Télirité couronne toujours la coustauce et le courage dans l'adversité. Vivl^z eu paix et Boyez tieureux ! '

Flammes de Bengale.

Toutes les pantomimes des Funambules se terminaient inévitablement par des flammes de Bengale.

Le 15 décembre le théâtre Historique avait donné Hamlet^ prince de Danemark^ d'Alexandre Dumas et Paul Meurice.

Le 31 décembre les Funambules représentèrent : Omeletle^ prince de Montmartre.

L'année se termina par une bourrasque de sifflets, qui emportèrent la parodie dans d'insondables profondeurs, dont elle n*osa même pas sortir le lendemain.

Page 1