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EXÉCUTION D'UN GRAND BALLET

Or, voici ce qu'en scène, il se passa : On vit entrer deux danseuses portant un très long balai. Vautier, costumé en bourreau, s'empara du manche et d'un violent coup de hache, abattit la tête :

— Le balai est exécuté !... dit-il au public.

On hua, on siffla, on engueula Vautier, on le traita de canaille, de voleur, de mistoufleur.

Peu lui importait, la recette était faite.

Le 17 juin, on joua : Un Diable au Paradis^ vaudeville en 1 acte.

Le diable était Pelletier. Le Paradis, celui de Mahomet, dont les houris étaient M"" Thierry, Lefebvre, Âugusta, Amélie, Valentine., Florine et Mancini.

Le 15 août, jour consacré à la fête de TEmpereur, M. Billion fit chanter une cantate, composée par Charles Charton, musique de Kriésel, chef-d*orchestre des Délassements comiques.

Cette cantate, dont le titre était Le Neveu de t Empereur^ mérite d'être citée, comme tout ce qu'a écrit, du reste, M. Charles Charton.

Nous avons dans notre Empereur Un homme loyal et sincère, Qui n*est venu sur cette terre Que pour faire notre bonheur.

Voyageur, humble prolétaire, Il fut pauvre I Et nous Taimerons Car c'est au sein de la misère Qu'il a gagné ses éperons.

Refrain

Mettons en lui notre espérance.

Mes amis, bénissons son nom.

Honneur à Télu de la France, Neveu du grand Napoléon !

11 pouvait partager son nom Avec une autre souveraine.

Non I il nous a donné pour reine Presque une femme sans renom.

Mais qu'elle est belle I 0 l'Eugénie Dont son choix nous a gratifié.

Dans la tète, elle a du génie Et dans le cœur la Charité.

Refrain

Place au livre de l'avenir !

Bientôt, dans quelque temp?, peut-être.

Nous verrons soudain apparaître

Un héritier I II va venir I

Préparons-nous à faire fête !..

Parmi nous, pas un seul Judas !..

Car c'est lui qui sera la tète

D'un corps dont nous serons les bras.

Refrain

Cette poésie, que je retrouve dans les notes de Vautier, alla, d'après le dire de ce bonhomme, remuer les entrailles populaires jusque dans leur fondement.

Le refrain était chanté par toute la troupe réunie ; les couplets parlabeUeM°^*Lefebvre, en peplum, un drapeau tricolore à la main.

M. Charles Charton reçut, quelque jours après, cent francs de gratification de la maison de l'Empereur.

C'était encourager Fauteur à renouveler sa prouesse poétique. Première faute, peut-être, de ce règne de dix-huit années ! car Charles Charton récidiva.

Le 18 août : Une Nièce, vaudeville en 2 actes.

Le 20 septembre : Gusman la lâcher parodie en i acte de Gusman le brave^ que Ton donnait avecLigieretMadameMélingue àTOdéon.

C'était, tout bêtement, Taventure, amoureuse d'un étudiant en médecine, nommé Gusman, qui, pour être reçu docteur, lâchait sa maîtresse, une nommée Maria ; de là, le titre parodié Gusman la lâche.

Le 8 octobre : Les 8 Merveilles du Monde ^ pièce en 5 tableaux.

Le théâtre de la Porte-Saint-Martin venait de représenter : Les 7 Merveilles du Monde. Les Funambules en montraient une de plus au public. •

Le 15 octobre : Bougival, vaudeville en 2 actes, po^r les débuts de M. Achille et de M. Fiétez.

Fiétez est aujourd'hui employé à la mairie du X" arrondissement, de Paris.

Achille venait du Petit Lazari, Ce comédien, beaucoup plus amusant à la ville qu'au théâtre, s'était fait, sur le boulevard, une réputation de mystificateur, qu'il savait être une grande partie de sa puissance sur le public.

Il avait toutes les audaces.

Dans une parodie de Richard 1/1, à son théâtre du Lazari, il devait mourir en faisant l'imitation de Ligier, lequel mourait magnifiquement tous les soirs, à la Porte-Saint-Marlin. A Tune des représentations il mourut, comme d'habitude; mais, soit qu'il eût fait plus d'efi'orts, soit qu'il fût indisposé, le mort poussa comme dernier soupir, une de ces notes bassonnesques, dont les navets organisent quelquefois la naissance.

Aux Funambules, le fait n'était pas rare.

La salle entière partit d'un immense éclat de rire.

Seul, un monsieur, ami de Joseph Prudhomme, protesta et s*en alla en disant : Ce n'est pas pour entendre ces sortes de choses, que j'ai payé ma place soixante-quinze centimes.

Alors, on vit le mort se soulever, et répondre au grincheux bourgeois :

LES PUIfAHBULES 385

— Cest le mort qui se vide.

Voilà, de quoi était capable, cet Achille, dont les traits qu'il lançait, ne guérissaient pas les blessures que sa verve populacière pouvait porter aux strictes convenances.

Le 22 octobre : Les Frayeurs de La Braise, vaudeville en i acte débats de M^'* Florine.

Le 24 novembre : Les Orphelins, vaudeville en 1 acte, joué par Victor, Alexandre, Achille, Antoine, M"" Amélie et Thierry.

Le 3 décembre, au bénéfice des pauvres Polonais malades et indigents : La Cosaquie, vaudeville-parodie en 3 tableaux.

Le 31 décembre : Tout tourne, revue en 6 tableaux.

C'était une petite revue, sans aucun frais, que M. Billion s*était décidé à monter, malgré le serment qu'il avait fait de n'avoir plus recours à ces piteries, — il voulait dire pitreries^ — pour faire monter les flots d'or de caisse.

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