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CHAPITRE XL

Alfred, ooiifeiir de Talma !

Les Funambules périclitaient. La pantomime classique paraissait démodée, usée. Des bruits mélancolieux couraient, sur la fermeture prochaine du théâtre, dernier refuge de Pierrot, Arlequin, Cassandre et Colombine.

Bruits malveillants, répandus par les Pauiegrandistes contre les Deburauphiles.

Déjà, en 1846, on avait dit: Avec Deburau la pantomime mourra. Ce à quoi, George Sand avait répondu dans le Constitutionnel :

On nous aonooce la prochaine fermeture du dernier théâtre de la foire et la retraite de Tartiste éminent (Deburau) auquel la farce a dû chez nous cette prolongation d^existence.

Mais ce bruit est-il fondé, et l'éclipsé de Pierrot est-elle croyable ?... N'est-ce pas là une de ces prédictions sinistres, comme il en a tant couru sur la fin du monde. Espérons encore que, quelque soit Tarrèt porté par le destin contre le théâtre des Funambules, la scène parisienne ne laissera pas disparaître le dernier des Pierrots, au point de vue de Thistoire, le premier des Pierrots au point de vue de Tart et .du talent.

Dans tous les temps, on a écrit de ces phrases passées à Tétai de clichés : Le théâtre traverse une période de décadence» — Le Drame est mort. — La Tragédie ne bat plus que d'une aile. — L'Opérette a fait son temps. — // ny a plus d'artistes.

Dans trente ans, l'esprit, aura changé ses pointes, ses allures, ses tournures, ses chutes, lesquelles ne sont qu'affaires de mode ; et ces mêmes jeunes d'aujourd'hui, voyant les nouveaux jeunes se pâmer aux nouveautés du jour, et bailler aux spirituelles pièces de MM. MeilIaC; Halévy, Dumas fils, Pailleron et Sardou, ces mêmes jeunes, devenus vieux à leur tour, diront : Il n'y a plus d'auteurs !.. . Il p'y a plus de public !.. La comédie est morte !

Et, il y aura quand même, et malgré ces dires, des auteurs de talent, un public très finement appréciateur, et des comédies charmantes, lesquelles, trente années plus tard subiront le sort dé leurs aînées.

Je me vois contraint de faire ici le rappel d'une pièce, dont Champfleury ne parle pas dans ses souvenirs, et qui cependant fait partie de son domaine dramatique.

Le 23 mai 1849, avait était représentée sur le théâtre des Funambules : La Cruche cassée, ballet-pantomime en 1 acte, de M. Champfleury.

Dans le Messager des Théâtres, du dimanche 27 mai, le bon Charles Monselet, nouvellement débarqué à Paris, fait le compterendu de cette œuvre, fort bien venue, paraît-il.

Voici quelques extraits de celte amusante et spirituelle appréciation, de celui qui n'était pas encore M. de Cupidon :

M. Champfleury, à qui Ton a pu reprocher quelquefois de ne pas aimer assez le paysage et de faire cuire les rossignols pour les manger, vient de composer, avec ce gracieux ressouvenir de Greuze, un petit ballet en un acte que signeraient des- deux pieds Dauberval et Btache père. La Cruche cassée, représentée mercredi pour la première fois au théâtre des Funambules, durera plus longtemps que Tauteur lui-même, quand bien même ce dernier arriverait à la fantastique longévité du corbeau, ce qui n*est pas certain.

Le théâtre représente des blés d*un magnifique Jaune d'or, étoiles çà et là de fleurs rouges et bleues ; ces blés sont à hauteur d'homme, et sans doute Ton n'attend pour les faucher que la fin de la pièce. L'auteur ce cette abondante récolte s'est fait nommer avec juste raison ; ce n'est pas le soleil, c'est M. ♦*♦.

Au lever de Taurore et du rideau, un Nicolas, maigre et rouge, qui semble possédé des exaltations amoureuses du coq, vient siffler une chanson en deux couplets sous la croisée d'une paysaiine. Siffler, entendez-vous bien. Môme que la flûte de Tulou en demeurerait paralysée d'étonnement.

L'amoureuse, éveillée, n'a que le temps de passer l'éternel et charmant costume de la Fille mal gardée, et de même que Nicolas lui a dit bonjour en

chantant, c'est en dansant qu'elle lui répond : Pas mal, et toi ? Ce que voyant, Nicolas fait cadeau à mesdemoiselles ses jambes, d'une paire de jarretières en satin écarlate, qui mises aussitôt en leut lieu, ont donné des vertiges aux erotiques voyous.

Mais Nicolas, toujours hrû lant, sans rûlefitir^ selon la chanson de Boufflers, aspire silencieusement après une réponse, il veut la quittance de ses jarretières, et guigne les blés d'un air narquois. Jeanne, pudique, lui donne un coup de poing. Il insiste. Jeanne soulève rapidement un pan de sa jupe, arrache les deux rubans qui ceignent ses jambes, et les lui jette au nez, vlan !

Ainsi fâchés, ils se séparent. C'est alors que survient un garde-française.

11 danse avec Jeanne, qui danse avec tout le monde, et je m'aperçois que

le drôle n'ignore point les passe-pieds et les cotillons de l'Opéra. La fillette

est fascinée, de fil en aiguille elle se pend à son bras, et lui, par un détour

à gauche, il l'attire doucement et scélératement dans les blés, où on les voit

disparaître .... Voilà la cruche cassée.

II faut dire néanmoins, pour la consolation des mœurs, que M. Champfleury raccommode cette cruche au dénouement. De même que le grand poète, il refait à sa Marion une autre virginité, avec une cruche en grès toute neuve. Le Nicolas, plus naïf qu'un opéra-comique entier, donne dans ce Godan et épouse comme un seul homme.

Ce petit ballet renferme dans son orteil autant de science chorégraphique que les ballets de Milon, de Gardel ou de Taglioni. La Cerrito des Funambules est mademoiselle Isménie, qui possède tous les éléments qui font une bonne danseuse. Elle sait baisser les yeux et faire une corne à son tablier ; sa jambe est ce qu'elle doit-ôtre ; enfin elle a du ballonf comme disent les vieillards de l'Opéra.

Pour le Nicolas, je l'ai trouvé d'une joie à se casser le cou. Ce garçon qui se nomme Derudder, abonde en caprices dislocatoires et bruyants.

Toutes les fois qu'on joue la Cruche cassée, il y a des bouquets, des bravos et des argents,

Charles Mohsblbt.

Je reviens à notre année 1853.

Le 18 janvier, on joua : U Étoile de Pierrot^ grande pantomime arlequinade en 12 tableaux, précédée de : Le ciel, le feu et l'eau. prologue en 2 tableaux par M. Charles.

Pierrot MM. Ch. Deburau.

Polichinelle, dit Bosco Vautier.

Arlequin Derudder.

Cassandre Laplace.

Le podestat Geronimo Alexandre.

Le patron des moissonneurs )

Le père Polichinelle \ Philippe.

Un maître d'hôtel Labranche.

Monsieur Denis Lombardi.

Premier Pierrot Amable.

Deuxième Pierrot Labranche.

Premier Arlequin Georges.

Deuxième Arlequin Jules.

Un malade Williams.

Etoilette, génie de la Lune M">«* Amélie.

Ondine, génie des eaux Valentine.

Proserpiue, génie du féu Lefebvre.

Isabelle, fille de Cas$andre Thérèse.

La mère Polichinelle ) . .

M« Denis \ Anga^U.

Un parent de Pierrot MM. Amable.

Une vieille gouvernante ) 4 i •

Le notaire de PoUchinelle ) Antoine.

Mtisicienet Archer a, DiabUe, Sirhies.

Qui a lu une pantomime de Charles Charton, les a toutes lues. Pierrot et Bosco jettent Arlequin dans un bassin, pour le noyer. Apparaît la nymphe Ondine qui dit à Isabelle :

— Ton amour pour ce malheureux, qu'on a précipité dans ce bassin, me fait un devoir de te protéger et de rendre la vie à celui qui t*aime et qui peut te rendre heureuse.

Alors, la nymphe ressuscite Arlequin, en lui disant :

-> Tu ne seras Tépoux de celle que tu aimes qu*après avoir vaincu tes rivaux.

Et, elle lui donne comme talisman, une batte argentée. Mais, une étoile se détache du fond du firmament, et vient se placer au dessus de la tête de Pierrot.

— Cette étoile est la tienne lui dit Etoilette, elle comblera tous tes désirs. De son côté, Bosco voit apparaître un Génie :

— Je suis Proserpine, la fille de Pluton, commence à son tour le Génie. Voici un talisman qui te permettra de disputer à Arlequin et à Pierrot, la main d'Isabelle. Ces boules de feu, jetées à terre, éclatent à l'instant et comblent les désirs formés par le mortel, qui en est possesseur.

Et la lutte commence. Et Charles Charton répand à profusion les trésors de sa vaste imagination fantaisiste, continuant à semer des pépites d'or, dans le genre de celles-ci :

... Arlequin a Vœil américain,

... Polichinelle, par sa ruse arrache Isabelle à Pierrot, et Tentralne tout arrachée dans un vilain caveau noir.

... Tous les bossus exhilarants, rient comme des gens gratifiés de cette infirmité.

... Soudain la maison se change en pot de nuit, ayant une seringue pour mât et des couches pour voiles. Ce pot de chambre renferme Pierrot, Cassandre, Polichinelle et le Podestat. Ils naviguent sur la mer jaune.

Je cite le dernier tableau dans son entier:

Xa* TABLEAU

Proserpine et Etoilette tiennent la nymphe des eaux sous leurs pieds. Elles la trépignent.

En présenee du malheur incommenRurable de cette pauvre nymphe, Polichinelle, Pierrot et consorts oublient leur haine.

Proserpine, la méchante, va l'étrangler; mais Ondine s'écrie :« Neptune, entends ma prière et délivre-moi de mes ennemis ».

Bruit de foudre et d'éclairs; le fond s'ouvre et laisse voir Neptune entouré de tritons marins. 11 sort du sein des eaux, délivre sa fille et marie Arlequin à Isabelle, en brave dieu qu'il est.

Les familles de Pierrot, de Polichinelle et d'Arlequin accourent et célèbrent bruyamment et incontestablement cet heureux hyménée, en compagnie des Tritons et des Sirènes, également maritimes.

Tout ceci est extrait du manuscrit original que je possède. La petite brochure éditée chez Dechaume a subi quelques légères modifications.

De longues coupures ont été pratiquées pour Tédîtion. Le lecteur y perd^ voilà tout.

Le 17 février : Les Etourderies de Pierrot, ballet-pantomime en 1 acte.

Figaro, amant d'Isabelle X.

Farcino X.

Bartholo X.

Isabelle X.

Baroco, vieux seigneur X.

Povera, eamériste X.

L'Alcade X.

Deux alguazils X.

Le manuscrit ne porte pas les noms d'artistes I)ui ont créé les rôles de ce ballet fort insignifiant.

Le 20 avril : Ma dernière folie^ vaudeville en 2 actes.

Le 22 avril : Barbe-Rouge et la Bohémienne^ pantomime en 9 tableaux.

Ce Barbe-Rouge est un vulgaire Barbe-Bleue, que Sara la Bohémienne, une fort appétissante sorcière, est chargée d*arracher à des hallucinations, qui menacent sa raison et sa vie.'

Elle lui touche le cœur avec sa flèche d'or. Il la repousse. Ce n'est pas elle qu'il veut.

La sorcière, alors, lui montre Colombine, prête à épouser Léandre.

Barbe-Rouge s'éprend foudroyamment de la fille de Cassandre et l'enlève.

Mais, la Bohémienne, froissée d'avoir été méprisée parle tyran, protège Léandre, Cassandre et Pierrot, son valet.

La grosse partie comique existe dans lamour que la Bohémienne met au cœur de la vieille comtesse Bradasse, pour le naïf Pierrot.

Cette vieille comtesse est la mère de Barbe«Rouge.

loutile de dire que tout finit pour le mieux, dans le meilleur des mondes impossibles. Léandre épouse Colombine, et Barbe-Rouge meurt, écrasé par la pierre qui forme la porte d'un souterrain, dans lequel il avait enfermé la Colombine, cause de tout ce tapage.

Le 29 avril : Les Cosaques^ pantomime en 4 tableaux,

Cette pantomime fit débuter un danseur comique de beaucoup de talent : Lombardi, qui, plus tard, joua les Arlequins.

Le 29 mai : Les Circassiens^ pantomime en 9 tableaux, par M. Charles.

Pierrot MM . Deburau.

Alamech Labranche.

Alfendi Victor.

* Albadl Lombardi.

Oscar Vautier.

Bambico Alexandre.

Krabétroff Philippe.

Orgoff Amable.

Un sergent Magny.

Barcoff Antoine.

Chicoff Dérudder.

Zulioka M»«»Lefebvre.

Isolka Augusta.

Isamis Georgina.

Boulamine Thérèse.

Je ne possède sur cette importante pantomime, aucun autre détail que cette distribution.

Suivent un tas de reprises, jusqu'au 13 juillet, où Ton donne la première représentation de : Les Tyroliens^ vaudeville en 2 actes, joué par Drouville, Victor, Alexandre, M"**' Valentine, Thierry, Augusta et Amélie.

Le 29 juillet : Les deux Polichinelles, pantomime en 6 tableaux, par Vautier.

Pierrot MM. Deburau.

Premier Polichinelle Vautier.

Deuxième Polichinelle Dérudder.

Pantalon Laplace.

Scapin Amable.

L'alcade Lombardi.

La fée M»"Lefebvre.

Isabelle Georgina.

Pédrille Thérèse.

Le coiffeur des Funambules s'appelait Alfred. Puisque je fais Thistorique de ce théâtre, pourquoi n'en citerais-je pas le coiffeur ?

LEâ FUNAMBULES 391

Le coiffeur est un homme, comme.... Au fait, non. Pour les dames de tbéàtre, le coiffeur n'est pas un homme.

C'est un être à part ; c'est un personnage hybride, neutre, sans sexe et sans âge ; devant lequel les femmes abdiquent toute retenue de chemise, toute pudeur, et ne craignent pas de se montrer dans le déshabillé, dépourvu du plus simple appareil.

C'est le coiffeur... et voilà tout !..

Alfred avait, parait-il, rasé Talma. Aussi, le nom du grand tragédien était-il devenu pour lui^ le drapeau glorieux dans lequel il se complaisait à se draper majestueusement.

Que les puristes me pardonnent d'avoir fait un drapeau d'un nom de comédien ; mais j'avais absolument besoin de cette métaphore pour arriver à bien établir la silhouette de mon original.

Lorsqu'un acteur disait à Alfred :

— Mon vieux, ma perruque a l'air d'une salade de pissenlit. Aussitôt Alfred se redressait et répondait: Mossieur!... j'ai

rasé Talma !..

Et la moue dédaigneuse, qui accompagnait cette apostrophe lui tenait lieu de toute autre phrase défensive.

Souvent un acteur affectait de lui dire :

— Ce soir, tu m'as coiffé comme un cochon, Alfred. L'artiste capillaire pinçait les lèvres et rispotait, digne, mais

froid :

— Jamais Mossieur Talma, que j'ai eu l'honneur de raser, ne m'eût qualifié d'une seroblabe épithète.

— Qui ça, Talma?.. lui demandait-on pour le faire endêver... Le bric-à-brac de la rue d'Angouléme ?...

— Non, Mossieur, non !... Il n'y a jamais eu qu'un Talma!.. le grand !.. le sublime !... Celui qui ne parlait qu'en ve.'*s !.. et que j'ai eu l'honneur de raser.

Quand Alfred avait bu, pour peu qu^on l'y poussât, il imitait grotesquement le grand tragédien, donnant aux alexandrins qu'il citait et récitait, un nombre de pieds, beaucoup plus considérable que n'en comporte la règle la plus élastique de la prosodie.

Tout avait son originalité dans ce petit théâtre ; môme le coiffeur. C'est pourquoi j'ai tenu à le présenter au public.

Le 26 août: La Queue de Lapin ^ pantomime en 15 tableaux, précédée de Grippe-Soleil^ prologue-vaudeville en 4 tableaux.

Pierrot MM. Deburau.

Grippe-Soleil, paysan Alexandre.

Arlequin Vautier.

39â LES FUNAMBULES

Léandre Dérudder.

Cassandre Laplace.

L'enchanteur Marcarana Philippe.

La fée Cascade Mme* Amélie.

La fée des Lilas Valentine.

La fée Barbotte Mancini.

Madame Cassandre Lefebvre.

Colombine , Thérèse.

Sur le manuscrit original de cette pièce, je vois que le prologue a dû s'appeler : Grippe-Saucisse ; mais le mot saucisse a été remplacé par soleil.

Voici un des couplets que chantait Grippe-Soleil à la fée Cascade :

Air : Du petit mot pour rire.

L'amour, ce satané crapaud, Vous aurait-il, dans un assaut.

Fait déjà des misères?...

Il est gentil, il est malin

Et toujpurs le petit gredin

Se rit [ter) de vos manières, Par le devant de vos derrières.

Autre couplet chanté par le même Grippe-Soleil :

Air : Quand la mer Rouge apparut :

Avec quelle ardeur mon cœur

Danse, cabriole.

Mais' on dit que le bonheur

Coupe la parole.

On dirait, à mes transports Que j'ai le diable dans le corps.

{Se frappant Vahdomen).

Quelle pé, quel pé

Quel tu tu tu

Quelle pé

Quel tu

Quelle pétulance !

L'amour me balance.

La Queue du Lapin, on s'en doute, est un talisman que la fée Cascade donne à son filleul Pierrot, pour proléger les éternelles amours d'Arlequin et de Colombine.

C'est, comme les féeries antérieures, une lutte de talismans contre talismans. Rien de saillant I Rien de neuf.

Deburau, seul titulaire de l'emploi des Pierrots, ne pouvait sufGre à tout le répertoire. Alexandre Guyon le suppléait fort souvent ; mais Alexandre jouait lui-même des rôles importants

LES PUffAMBULBS 393

à c6té de Deburau. Il fallait donc, quand Alexandre doublait Deburau fatigué, faire, du même coup, doubler Alexandre par un troisième.

Cela dérangeait tout le répertoire.

M. Billion engagea un troisième Pierrot, Guimier, dit Kalpestri.

J'ai déjà parlé de ce mime, qui s'était fait remarquer à la salle Bonne-Nouvelle. J*aurai à en reparler ; car Tannée suivante, ce fut lui qui remplaça Deburau, lorsque celui-ci abandonna définitivement les Funambules.

Le 28 septembre : La Famille Potichon^ vaudeville en 1 acte.

Le 5 octobre : La Caverne des Serpents, mimodrame eu 6 tableaux.

Pierrot : Kalpestri.

Le 15 novembre : Trois Tourtereaux^ vaudeville en 1 acte. , Le 16 décembre : Le Berger suisse, ballet pantomime en i acte.

Colin MM. Vautier.

Turlupin Dérudder.

Hermann Laplace.

Ua seigneur Antoine.

Un postillon Amable.

Un valet Hippolyte.

Ketty W^ Georgina.

C'est un ballet genre rococo. Colin est un tendre berger, sorti de Tofficine de M. de Florian ; Ketty joue avec sa houlette, et se laisse prendre aux rubans bigarrés de cet instrument champêtre.

Un des personnages chante :

Filles qni hantez la coudrette, Le serpent rampe sous les fleurs.

Ne jouez pas à la houlette, Cela TOUS porterait malheur.

Le 23 décembre : Le Panache rouge, mimodrame en 6 tableaux.

Ce fut dans cette pièce que Kalpestri débuta réellement et se fit remarquer.

Pas de revue de fin d'année. Pas de pièce de circonstance. Plus M. Billion arrondissait sa bourse, plus il devenait intéressé I... Intéressé surtout, à n'en pas laisser sortir les écus qui s'y étaient empilés.

D ailleurs, prélendait-il, les revues, ça pilule partout. Il croyait dire : ça pulluk.

Un soir, cet aimable directeur, légèrement fatigué, et éprouvant le besoin de s'aller coucher, dit k son régisseur : Keller, je dors debout ; aussi, je vais me glisser dans mon porle-monnaie.

— Eh ! bien, on ne le reverra pas de sitôt, mumura Deburau, qui Tavait entendu.

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