L*HOMME-LÉGUME
Deburau remplissait naturellement le rôle de Pierrot.
Un sorcier présidait à sa naissance, le faisant sortir d'un navet.
Plus tard, cette pantomime a été refaite sous un autre titre.
C'est, du reste, à peu près le sort de toutes les pantomimes. Comme Totseau de la Fable, aux plumes d'or et de pourpre, elles renaissent de leurs cendres. La plus nouvelle n*est qu'une suite d'adaptations^ le résultat d'emprunts volontaires, grapillés, butinés de ci et de là..
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Vint ensuite :
KALEB Mimodrame en cinq tableaux,
Victor Ducange, le célèbre dramaturge de Tépoque dont nous nous occupons, Tauleurde Trente ans ou la vie d'un joueuVy Tenait d*adapter, pour la scène du théâtre de la Porte Saint-Martin, le fameux roman de Waiter Scott : La fiancée de Lamennoor.
Frédéric Lemaitre, dans le rôle d'Edgard Ravenswood, et M** AUao Dorval, avaient fait, de ce mélodrame ampoulé, un énorme succès de larmes.
Où Ton pleure, les femmes vont et le succès s'établît.
Il n'en fallait pas davantage pour qu*à l'instant M. Bertrand ne s*emparàt de Tidée et du sujet.
Sous le même titre ?... Que nenni I Victor Ducange, très en nom et en renom, très en vue, très soutenu, tout puissant, ne Teût pas toléré; bien qu*il se fût emparé du sujet anglais, lui, sans le moindrement en demander lautorisation à Waiter Scott. Cela se passait ainsi alors.
M. Bertrand trouva un biais.
Il y avait, dans le mélodrame de la Porte Saint-Martin, le personnage de Caleb, vieux serviteur de la famille Ravenswood, qui produisait un très gros effet, alors que, répondant à son maître, il disait :
— J*aurai un maître, tant qu*il restera un Ravenswood. Je suis votre serviteur, j'ai été celui de votre père, celui de votre aïeul. Je suis né dans la famille ; j*ai vécu pour elle, je mourrai pour elle.
M. Bertrand commanda aussitôt, sur mesure, de faire de ce rôle de Caleb, un Pierrot sentimental et dévoué que jouerait Deburau.
L*auteur des Funambules intitula son mimodrame : Kaleb ; changeant le C en A'. La lettre K, selon lui, apportant à Tœuvre un caractère beaucoup plus britannique.
A'ti/r*6 fut joué, avec grand succès. D'aucuns prétendaient même que la mimique des acteurs de M. Bertrand, était de beaucoup préfêral^le à la langue bizarre que parlaient les Comédiens de la Porte Saint-Martin.
Dans la Pandore du 19 juillet de cette année, je trouve Tarticle suivant :