FIN OU PROLOGUE
La pantomime alors commence.
Je Tai dit, le même moale servait à toutes.
Le philosophe Cretois, Epiménide disait : Tous les Cretois sont des menteurs.
Epiménide était Cretois, il mentait donc en disant la vérité.
Tous les auteurs des Funambules faisaient une pantomime. Toutes les pantomimes étaient un plagiat ; donc tous les auteurs des Funambules étaient des plagiaires.
Après les Epreuves^ dans lesquelles le succès de Deburau'fut immense, M. Bertrand fit jouer :
LA BALEINE Pantomime en un tableau par M. Deburau,
Dans cette petite pièce qui ne comportait que trois scènes, Baptiste avait travesti les rôles, renversé les conventions. C'était lui Pierrot que Colombine aimait : c'était Arlequin qui se voyait repoussé, malgré les préférences de Cassandre.
Pierrot, qui péchait à la ligne, était avalé par une baleine, au grand désespoir de Colombine.
Dans Tintérieur de la baleine, il trouvait une cassette pleine d'or, provenant de quelque naufrage auquel le cétacé glouton avait dû participer.
Sorti, des entrailles du monstre^ par la porte de derrière, Pierrot gagnait sa cause auprès de Cassandre, en lui remettant la cassette bien venue.
Et le tout finissait, comme toujours, par une apothéose et des' flammes de bengale.
Le 19 Septembre, on avait fait une importante reprise des Ji6 infortunes de Pierrot, délaissées depuis leur première apparition.
Deburau avait ajouté un grand nombre de jeux de scène, qui donnaient à cette pantomime tout Tattrait d'une nouveauté.
Le succès fut beaucoup plus grand que lors de la création.