‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 76 sur 160 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

Le théâii*e représente une autre partie des appartements occupés par Christine.

Le baron et son intendant organisent « un souper fin», dans lequel doit sombrer la trop résistante vertu de la plus que jamais naïve Christine.

Ils ne sont pas plutôt sortis, qu'arrive le jeune Gustave, toujours amoureux, mais non moins courroucé.

— Il raconte à Christine qu'il est allé voir la mère Geneviève, à fiondy ! que la pauvre vieille a les cheveux blanchis par la douleur, et qu'elle est dans la misère, tandis que sa fille roule carrosse.

— Ma mère !... s'écrie Christine.

LES FUNAMBttËS i6S

Gustave continue en lui laissant entendre que, sage, elle eût pu devenir Marquise, car il est Marquis d'Auberive ; qu'elle à préféré être baronne de Guillerette, mais qu'elle sera châtiée ; car son baron ridicule est ruiné, et réduit à faire l'usure sous le nom de Grimonneau.

— Elle connaitra la misère, continue le jeune marquis, elle mendiera un jour. Mais, pour lui éviter cette humiliation^ Gustave lui jette une bourse à terre, en lui chantant un couplet, dans lequel il Taccable de reproches énergiques et biens sentis.

Et sa mère en mourra^ car le désespoir de la vieille est immense !

Enfin, Gustave s'élance au dehors, lui jetant comme objurgation dernière qu'elle aura fait le malheur de tous ceux qui Tentouraîent, attendu que, pour l'oublier complètement, de ce pas, il va demander la main d'une autre belle jeune fille.

Restée seule, Christine devient folle de désespoir, et se livre à un long monologue, à travers lequel les mots... ma mère!... mendiante !... reviennent un tas de fois.

Tout-à-coup, prenant une résolution, elle s'enfuit échevelée en criant : Mendiante !... je serai mendiante !...

Dès qu'elle est partie, le baron et son intendant rentrent parfaitement ivres et tombent dans les bras l'un de l'autre, désespérés tous les deux, lorsqu'ils découvrent le départ de Christine.

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