‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 84 sur 160 · CHAPITRE XXII 4889 {Suite · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII 4889 {Suite

Chefs de claque

Il existait à cette époque, comme il en existe aujourd'hui, des fabriques de succès, dont les entrepreneurs se faisaient de gros bénéfices en agiotant sur largent qu'ils avançaient aux Directeurs embarrassés, en trafiquant des billets d'auteurs, en traquant les artistes vaniteux^ qui désiraient avoir leurs entrées et leurs sorties, faites.

Or, MM. Bertrand^ père et fils et Cot d'Ordan, se trouvant embarrassés pendant la saison d'été de Tannée précédente, ou ne voulant pas déplacer de fonds, avaient eu recours à Tun de ces entrepreneurs d'ovations, et tâchaient, par tous les moyens possibles, de se tirer des serres de leur oiseau de proie.

Mais, celui-ci avait bec et griffés et s'acharnait sur ses victimes en vendant ses billets moins cheii^ qu'au bureau.

Il y avait un traité, signé, paraphé, contre lequel toute tentative se heurtait, se brisait.

M. Bertrand avait essayé de racheter ce traité ; Tentrepreneur qui, chaque soir, garnissait sa cassette d'assez bons bénéfices, n'avait garde d'étrangler sa poule aux œufs d'or.

Sur ces entrefaites, les directeurs de rAmbigu-Comique : MM. Cormon et Cournol refusèrent de continuer avec M. Mennecier, chef de service — c'est le titre sous lequel se dérobe modestement le chef des vélites — le traité que ce dernier tenait de M. Cès-Caupenne, le prédécesseur de ces Messieurs.

M. Mennecier attaqua MM. Cormon et Cournol. Et M. Mennecier vit rejeter sa demande par le Tribunal de première instance, lequel posa des attendus qui méritent d'être signalés :

Attendu, qu'un pareil contrat est basé sur le mensonge et la corruption, qu'U a pour objet de la part du contractant Tobligation d'enrôler des agents en sous-oeuvre, qui se soumettent pour de l'argent à des manifestations et manœuvres de commande, et, qu'en conséquence le contrat est évidemment contraire aux principes et aux lois qui intéressent les bonnes mœurs.

Attendu, que ces conventions seraient encore contraires à l'ordre public ; qu'en effet ces manifestations mensongères et achetées d'avance troublent chaque soir, l'intérieur des théâtres, et détruisent violemment la liberté d'examen du public qui paye ; qu'ainsi, ces conventions invoquées par Mennecier contre les sieurs Cournol et Cormon sont radicalement nulles, comme dérogeant aux principes qui intéressent les bonnes mœurs et l'ordre public.

En conséquence, les conventions invoquées par Mennecier ont été annulées comme illicites.

Mennecier avait interjeté appel de ce premier jugement.

Ce fut bien une autre affaire quand la cause arriva devant la Cour d'Appel.

L'avocat général, M. Pécourt, tonna contre le scandale des entre^ prises de cette nature ; il traita de bandes stipendiées ces Romains de la décadence, qui, non seulement troublent l'attention des spectateurs par leurs inintelligentes manifestations ou leurs stupides applaudissements, mais vont quelquefois jusqu'aux violences et aux voies de fait, contre les spectateurs qui ne partagent pas leur enthousiasme gagé. »

11 donna lecture des notes remises au chef des claqueurs à propos de Rafaël, pièce en 3 actes.

Voici ces notes :

!''• ACTE ~ Rire pour les scènes des officiera, des moines et de Coquet ;

LES FUNAMBULES il 5

Applaudissements pour les besoins de la compagnie : Albert^ pour le travestissement et pour le beau mouvement militaire.

2me ACTS. — Rires pour les scènes de Beaubé, celles de Coquet ; applaudissements pour Laba, lorsqu'il se jette aux pieds de M. Lefebvre ; pour CuUier et Albert^ tableau. Et la fin d'acte.

3me AGTB. — Rire beaucoup, pour les scènes de Coquet.

Bref, la Cour d*appel, adoptant la décision des premiers juges, la confirma purement et simplement.

Aussitôt MM. Bertrand et Cot d'Ordan, s'armant de Tarrèt rendu^ refusèrent net rentrée des billets vendus moins chers qu'au bureau, par les soins de M. Sauton, entrepreneur de leurs succès. Celui-ci, devant le résultat du précédent procès, hésita à en intenter un nouveau. Il accepta d*étre remboursé, et le théâtre des Funambules n'eut plus de claqueurs.

Le 30 octobre, on jouait : Le Sonneur de Saint-Valéry^ pièce en 2 actes.

M. Bertrand fit ajouter, aux couplets de la fin, celui-ci qu'il commanda tout exprès :

Air de : L'artiste

La claque c'est la clique.

On n*peut pas en douter.

Ça vous fich* la colique Rien que d* Tentendr' cogner.

Aussi dans not* boutique.

Plus d' ces mauvais battoirs Pour remplacer la clique.

Claquez donc tous les soirs [bis).

Ce couplet, que chantait Pelletier, fut mal accueilli par le public, peu flatté de s'entendre dire qu'il remplacerait la Clique ; ou peut-être bien par la claque elle-même, furieuse de ne plus pouvoir opérer. Toujours est-il que le couplet fut retranché à la représentation suivante.

Je tiens Tanecdote et le couplet de défunt Pelletier.

Maintenant, pourquoi cette pièce s'appelait-elle Le Sonneur de Saint' Valéry ?

Simplement, parce que le théâtre de la Gaité venait de remporter un éclatant succès avec Le Sonneur de Saint-Paul.

Le 17 novembre : Qu'en dis-tu ? vaudeville en i acte par F...

Le 30 novembre : Pierrot partout/ pan tomime-arlequinade-f écrie en 9 tableaux.

Toujours rimperturbable même point de départ : On voit un serpent fasciner une colombe et grimper au tronc d*un arbre pour Tatteindre.

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Pierrot s'arme d'une canardière et tire sur le serpent.

Or, la colombe n'est autre que la fée Diamantine et le serpent le mauvais génie lago.

Diamantine protège Pierrot, taudis que lago, qui n'a été que blessé, ressuscite Arlequin et lui fait enlever Colombine, qu'aime Pierrot.

Cassandre et Léandre poursuivent Isabelle et Angélique, détenues aussi par le magicien lago.

On voit Arlequin et Colombine traverser en bateau une rivière; puis Cassandre, Pierrot et Léandre, qui veulent les poursuivre à la nage. Tout-àcoup se présentent, trottinant, gloussant, trois canards monstrueux. Les trois poursuivants les enfourchent et s'élancent dans la rivière, à la suite des deux pourchassés.

Au troisième tableau, sur une place publique, Arlequin et Colombine se réfugient dans un puits. Aussitôt Pierrot s'empare d'un croc à trois branches, et veut les en tirer. Mais il ne ramène qu'un énorme crapaud, qui parcourt le théâtre en coassant.

Dans le quatrième tableau, une table servie se change en lit, sur lequel se couchent Arlequin et Colombine. Le tout disparaît dans les dessous, à l'apparition de Pierrot, Cassandre et Léandre.

Dans le cinquième, Pierrot, devenu invisible par l'apposition de lunettes vertes sur son nez, parvient à s'emparer de la batte enchantée d'Arlequin.

Dans le sixième. Pierrot a attaché Colombine à un arbre, car la scène se passe en pleine forêt, et veut l'embrasser de force. C'est sa manière à lui de réussir auprès des femmes. Un singe le voit, et, poussé par son instinct imitatif, attache à son tour Pierrot, et veut l'embrasser, comme il a vu faire celui-ci au vis-àvis de Colombine.

Arlequin survient et délivre son amante.

Pierrot désespéré se pend à la branche d'un arbre.

Le singe l'imite.

Ils vont mourir en faisant force grimaces, lorsque Diamantine apparaît et les rend tous les deux à la terre.

Elle leur allocute une longue harangue qui se termine par cet axiome profond : Souvifms-toi, Pierrot, que si tous tes hommes qui ont a/faire à des coquettes suivaient ton exemple, il ny aurait pas sur terre assez de corde pour les pendre !

Dans le septième tableau, un notaire qui allait signer les contrats de Colombine, d Isabelle et d'Angélique avec Pierrot, Léandre et Cassandre, est transformé en tonneau. De ce tonneau que Pierrot

LB& t^UIfAUBULES '±11

met en perce, Isabelle tire du vin, Léandre du lait et Cassandre de l'eau.

Puis Arlequin, qui a reconquis sa batte, transforme Isabelle et Angélique en vieilles femmes, et s*enfuit en enlevant Colombine.

Le huitième tableau nous introduit dans un intérieur rustique, au fond duquel se trouve un four, orné de cette inscription : Le feu purifie tout. Ce four rajeunit les vieilles femmes.

Casssandre et Léandre enfournent immédiatement les infortunées Isabelle et Angélique, qui se débattent, comme bien on le doit penser.

Pierrot, à qui Colombine résiste plus que jamais, veut également enfourner la belle, lorsqu'apparaissent lago et Arlequin. Pierrot est garotté à son tour. Il va être précipité dans les flammes.

Mais un coup de tam-tam retentit. C'est Diamantine qui surgit de terre.

Ici, je tiens à transcrire fld^èlemenl le dialogue du manuscrit :

Diamantine Arrêtez !... Le crime oe se coDsommera pas.

lago Et qui i*en empêchera ?.

Diamantine

Mol et Titania, la Reine des Génies, ma souTeraine et la tienne, l&che !... Ta connais son arrêt suprême et tu le bravais. Et ta venais t*unir à tes protégés, pour faire mourir un malheureux sans défense. Cest Vaveuglement dans la itarbarie !

lago 11 mourra !

Diamantine

Arrière !

[Elle touche Pierrot qui devient libre. lago veut le ressaisir, mais elle se place devant lui).

Arrière I te dls-je !... Ecoute, Pierrot, laisse vivre Colombine. Parce qu'une femme résiste, il ne faut par la brûler vive. Pardonoe-lui, crois-moi ! (Pierrot dit qu*il pardonne). Très bien I Mais ce n*est pas assez, fais plus encore. Et pour ne laisser à ce mauvais génie, qui te poussait, aucun préte:tte de te nuire, renonce à la main de Colombine. Elle aime Arlequin, et, tu le sais elle ne Vaime pas; et ^i tu Tépousais, eUe pourrait bien... {Elle fait les cornes. Pierrot comprend). A sa place, épouse Angélique qui t'aime. {Angélique le cajole. Il lui sourit. Fureur de Cassandre). Tu le vois, tu seras heureux avec elle. Maintenant, la condition fixée par Titania est remplie, lago, tu dois être satisfait, ou tu es bien difûcUe.

lago Pas encore... Cet imbécile a voulu ma mort. Il fout quil périsse.

Diaoiontine ^

La colère t'aveugle.

lago

Il faut que je me venge. Et, de ce moment, je m'acharne aux jours de ce misérable jusqu'à ce qu'il succombe.

Diamantine Et moi, je le protège et je veille sur lui !

lago Défends-le donc alors.

Diamantine

Je fais mieux, je prends sa place.

lago plein de rage et d'une douce eatitfaction :

Bien ! j'aurai deux victimes pour une. *

Diamantine t illuminée A merveille I je vois que tu auras le courage de te battre.

lago Oui l et la force de te vaincre, faible femme !

Diamantine C'est ce qu'il faudra voir, outrecuidant Titan !

lago Des armes donc !

(Diamantine frappe la terre. Il en sort un trophée)

Diamantine Choisis !

(Ils prennent chacun une épée et se battent à outrance)

lago, jettant eon épée

Ces armes sont impuissantes.

Diamantine Oui I Prenons en d'autres !

{Ils prennent chacun un sabre et un poignard)

Et cette fols, à deux mains !.. et à mortl...

lago A mort I et A deux mains I

{Ils se battent. Des éclairs jaillissent des armes tant ils mettent de feu à leur combat, lago est désarmé et tombe morC),

Diamantiné

Victoire, amis I Le monstre n'est plus à craindre. // est mort pour toujours. Maintenant c'est à moi d'achever mon ouvrage !

{Elle touche le mur. Le théâtre change).

9« Tableau

Conclusion et morale

Un temple richement illuminé ; des amours, des génies chargés de flambeaux, des guirlandes, etc. etc.

Air connu que Joue t'orchestre : V hymen est un lien charmant, etc.

Diamantiné Que rhymen s'approche et que l'amour les unisse I

{Le temple roule et s'avance sur le devant du Théâtre. Pierrot et Angélique, Léandre et Isabelle, Arlequin et Colombine montent sur les degrés. L'amour les unit ; V Hymen et la Fée les unissent. Flammes de Bengale.

Tableau

De qui était cette pantomime si démoralisatrice, si brinqueballante dans son équilibre, si fantaisiste dans son dialogue abrutissant ? Bien qu'elle ne porte pas de signature, je n*hésite aucunement à la classer dans le lot des œuvres de Charles Charton, le seul Charles de M. Bertrand I

Le 2 décembre : Le Souper du diable^ vaudeville en un acte.

Dans cette pièce, je relève ce couplet chanté par Minaudet, un vieux rentier, avare, et par Joseph, son domestique.

Air: Vaudeville de V avare

Minaudet

Modiste, fleuriste et lingère.

Ouvrières du premier choix, Blanchisseuses et couturière, Mémoires en mains tous les mois, Sur mon dos tombent à la fois.

Joseph Vous avez bon dos ; il s'y prête.

Et ]' crois qu'il vaut mieux en deux mots Que vot' femm' vous en mett'sur le dos. Que d'vous en mettre sur la tête. (bis).

Cette pièce est l'exacte reproduction d'une autre vieille pièce : le Soldat Magicien.

ââO LES PVNAMBULKS

Le 7 décembre : IVois originaux^ pièce en 1 acte.

Ce même 7 décembre : Christophe le Badois^ vaudeville en 2 actes.

M. Bouchardy venait de faire jouer à TAmbigu, avec un certain succès Christophe le Suédois. Il était tout naturel que MM. Bertrand et Cot d*Ordan voulussent avoir leur Christophe. En changeant de théâtre, il changeait de nationalité ; de Suédois, il devenait Badois, voilà tout.

Cependant Paul — pas encore Legrand — s*ennuyait fort aux FuDambuies.

Deburau, malade un instant, s'était rétabli comme par enchantement. Donc, plus possibilité de le doubler dans ces Pierrots, que le pauvre Paul convoitait avec tant d ardeur.

MM. Hue et Dupuis, ses anciens directeurs, désireux de prendre leur revanche, venaient de faire construire, rue Royale, un autre petit théâtre, auquel ils avaient donné le nom de théâtre de la Madeleine.

Ils s'étaient adjoints deux bailleurs de fonds. MM. Dalhomme et Sauvaf;e, avec Taide desquels ils comptaient faire marcher largement Tentreprise.

M. Hue, protégé par M. de Rambuteau,. avait obtenu le privilège de ce nouveau petit théâtre^ contruit sur un marché, où se trouve maintenant la chapelle Evangélique.

MM. Hue et Dupuis firent des offres à Paul. Celui-ci alla trouver M. Bertrand et lui dit :

— Monsieur, j ai la vocation des Pierrots, et non celle des grimes.

— Monsieur, lui répondit Bertrand, je m'y connais mieux que vous. Vous êtes un amoureux charmant et un grime désopilant.

Et, du dire de ses contemporains, Paul était en effet on ne peut plus amusant dans ce dernier emploi de comédie.

— Monsieur, reprit Paul, tant que M. Deburau sera chez vous, je ne ferai rien, n'est-il pas vrai ?

— Dans les Pierrots, certes non ! Mais dans les grimes....

— Alors laissez-moi partir.

— Encore ?.. Pour aller où ?

— Je serai franc, M. Bertrand. Le théâtre de la Madeleine m'offre un brillant engagement et je viens vous demander de me le laisser accepter.

— Monsieur, vous êtes un ingrat I aller dans votre bouiboui. Je ne vous regretterai pas.

Pour M. Bertrand, tout ce qui n'était pas les Funambules n*était que bouiboui.

Paul quitta donc de nouveau ce théâtre, dans lequel il devait régner plus tard, et alla faire Touverture du bouiboui de la Madeleine^ qui ne devait durer, hélas I que quelques courts instants, ce quartier étant alors fort peu propice à Tentretien d'un théâtre, si petit qu'il fût. On prétend que les prêtres de TEglise de la Madeleine, alors en voie d'achèvement, ne furent pas étrangers à sa suppression ; ce voisinage de comédiens leur semblant un sacrilège.

Revenons aux Funambules.

Le 18 décembre, on joua : Artiste et grand seigneur^ pièce en 1 acte.

Aussitôt que Paul fût parti, Deburau se remit à être indisposé. Et de fait, le malheureux souffrait affreusement d'une maladie de la rate. Parfois, il était obligé de sortir de scène et de humer de Tair le plus qu'il pouvait, ce qui le mettait à même de continuer son rôle.

Paul ne fut plus appelé que le Médecin de Deburau.

Dans la pantomime, rien ne doit être négligé, abandonné au hasard ; tout est réglé au doigt, à l'œil et à la note.

Je dis à la note^ parce que le chef d'orchestre jie doit pas se régler sur l'artiste ; c'est au contraire l'artiste qui régie son jeu sur le nombre de mesures écrites ad hoc. La musique ayant été discutée, raisonnée, arrêtée dès le principe, sur ce que l'artiste, l'auteur et le régisseur ont réglé pendant les répétitions.

Si l'artiste, allonge ou raccourcit une scène, la musique devient de par ce fait boiteuse, ne concordant plus avec les gestes arrêtés, avec les jeux de physionomie convenus, en un mot, avec l'action générale du scénario.

Deburau, qui jouait beaucoup d'improvisation et trouvait souvent à la scène d'excellentes choses, avait seul autorité pour faire doubler et quelquefois tripler les motifs de musique, si besoin selon lui, s'en faisait sentir.

11 avait, avec le chef d'orchestre, un signe de convention, un clignement de l'œil particulier, qui signifiait : Doublez !... Ou Triplez ! suivant la durée de ce qu'il avait l'intention de faire.

Du reste, il s'occupait de tout, avait l'œil à tout, ne négligeait aucun accessoire.

Lorsqu'il n'était pas d'une scène, il ne manquait pas de venir regarder le jeu de ceux qui continuaient en dehors de lui.

Quand un de ses camarades trouvait une cascade véritablement drôle, il était le premier h en rire très fort, s'enfoaçant le poing

222 LES FUHAHBULES

gauche dans le côté, poar arrêter les élancements que lui causait sa misérable rate.

Si la trouvaille du camarade était de goût douteux, exagérée, ou, en dehors du caractère du personnage que Tacteur avait à représenter, il ne manquait pas de lui dire à la fin de la pièce :

— Celle-là est mauvaise ; il ne faudra pas la recommencer.

£t cela sufBsait; l'autorité de Deburau sur ceux qui Tentouraient était telle qu'ils ne songeaient même pas à discuter.

Sa supériorité en imposait. Ils n'eussent pas osé en être jaloux. Une parole du maître replaçait tout en ordre, remettait tout à sa place.

Le 31 décembre on joua : Tronqueite^ à-propos vaudeville en 1 acte, par Auguste Lecerf^ à Toccasion du nouvel an de 1840.

La pièce était jouée par MM. Roche, Meignan, Adolphe, Cossard et M"« Emilie.

Le couplet au public était chanté par le naturaliste, Basset, que jouait M. Roche.

Air : de Calpigi

Tous les ans à pareille époque

On se souhaite un* chos* réciproque.

Vivez heureux I Vivez contents !..

Vivez de gais et longs printemps.

Cett*fois, la méthode est changée.

Nous n* vous souhaitons qu'un* bonne année

Avec un tas d*autr*s par dessus.

Voyons ! qu'est-c*que vous voulez d'plus ?

Vous n* pouvez désirer rien d'plus.

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