Le Directour était M. Harel
LES FUNAMBULKS ^^^
protecteur leur Nain, lequel n'est autre qu'un Génie, grand ennemi de la Fée des Lilas, naturellement.
La Fée des Lilas, qui doit être en même temps, brouillée avec la saine Poésie, chante à ses protégés, en les faisant changer de costumes :
Air : 0 Dieu puissant du Gange
0 I vous, qu'on persécute !
11 vous faut pour la lutte.
Des costumes légers.
Et des traits étrangers.
Changez ! changez I changez !
Le talisman que le nain donne à Pierrot pour combattre Tinfluence de la batte enchantée d'Arlequin, est une tète de Canard.
Je ne vous conduirai pas à travers les mêmes auberges, les mêmes antres, les mômes hameaux, les mêmes forêts, que traversent nos mêmes personnages. C*est la même poursuite des mêmes autres pantomimes. J'arriverai de suite au dénouement, qui ne varie pas davantage, mais dont quelques phrases valent d'être citées.
Le Nain à Isabelle
— Je consens à soustraire ton père aux tourments inextinguibles qui lui sont préparés, si tu veux faire le serment de devenir Tépoufte de Pierrot.
Un autel diabolique sort de terre ; Isabelle préfère la mort à cette union. Le Nain furieux fait avancer des démons et veut lui-même précipiter Isabelle dans les flammes. Tout-à-coup on entend un bruit effrayant. La voûte s'ouvre : le Nain et ses démons sont engloutis. Les poursuivants et Isabelle restent seuls en scène. Le théâtre change et représente :
f^e séjour de la Fée des Lilas
La Fée apparaît et, par le moyen d'un sac d*écus, offert à propos, fait consentir Cassandre au mariage d'Arlequin avec Isabelle. Pierrot et Arlequin consternés, ont l'air de se dire qu'ils se consoleront ensemble.
Apothéose
Le i" mars : La Pie borgne^ vaudeville en 1 acte. Cette pièce portait comme premier titre : Les Bavards,
Il se passa, à cette époque, un petit drame intime, qui troubla pendant longtemps, la douce harmonie régnant habituellement dans la troupe des paisibles comédiens de M. Bertrand.
Napoléon l*^ quittant les cêtes de France et leur jetant un dernier regard, avait dit: «Adieu France!... Quelques traîtres de moins et tu serais encore la reine du monde 1 »
Cossard aîné, apprenant tout-à-coup que sa Zélie le trompait
226 LES FTNAMBULES
au profil de Laurent jeune, s'était écrié ! « Adieu Funambules !... Un traître de moins, et, par ma présence, tous seriez encore le premier théâtre de Paris I... »
Cossard aîné était grand buveur devant et même derrière rEternel. Cela avait fini par lasser Zélie, qui avait été demander au fils d'Albion les expansions de la sobriété qu'elle ne trouvait plus dans son ménage.
La colère de Cossard aîné fut grande, je dirai même majestueuse !.. Il y eut duel entre les deux rivaux. Oui, duel, dans la rue Basse ; duel à terribles coups de poings. Car Cossard aîné était d'une force herculéenne. Laurent jeune, malgré sa science de la boxe, fut vaincu.
Zélie ne l'en aima que davantage. Le pugilat recommença le lendemain ; mais ce soir là, Cossard avait bu : ce fut lui qui reçut 1h roulée .
Le surlendemain ce fut le tour de Laurent cadet.
Si je rapporte cette anecdote privée^ c'est qu'un soir elle devint publique. Cossard aine ayant à soufleter en scène son rival préféré ne fit pas mine d'appliquer la correction , et administra une formidable giffie à son cocuficateur. Aussitôt Laurent jeune riposta par un coup de pied qui envoya rouler le cocufié à terre. Le public crut que cela faisait partie de la pièce et rit beaucoup en criant bis.
MM. Cossard et Laurent furent mis à dix francs d'amende. Le lendemain ce fut Laurent cadet qui se fit l'agresseur et frappa le premier.
Cette intermittence menaçait de se perpétuer, aux dépens de la marche régulière du répertoire ; car le beau Cossard avait eu un œil poché et le nez fendu, de même que Laurent était aux trois quarts démoli, s'étant laissé enlacer dans les terribles bras de Cossard, lorsque M. Cot d'Ordan résolut d'y mettre fin.
Nous l'avons dit, M. Cot d'Ordan aimait à faire des proclamations. Celle-ci fut affichée au foyer des artistes :
AVIS
Tout acteur, homme ou femme, qui, par suite de quoi que ce Boit — radmioiatration ne veut rieo préciser — ajoutera à ses rôles, ou se présentera en scène ne jouissant pas de toutes ses facultés et de ses avantages physiques, sera le lendemain consigné à la porte du thé&tre et verra son engagement résilié de plein droit. U est du devoir d une direction qui se respecte de forcer certains hommes à se respecter eux-mêmes plus qu'ils ne le font.
CoT d'Ordan.
Cossard aîné prit cet avis pour lui, alors qu'il était principalement dirigé contre Laurent jeune, lequel avait cessé de plaire à ses directeurs. Il alla donc trouver MM. Bertrand et Cot d*Ordan et leur demanda la résiliation de son engagement. Les Directeurs, qui tenaient beaucoup à leur artiste, ne la lui accordèrent pas.
— Cependant, Messieurs, leur dit*il, vous devez comprendre qu^il m*est impossible désormais d'étreindre en scène, sans Tétouffer, celui qui m'a volé ma femme.
— Si vous ne vous soûliez pas^ lui répondit sèchement M. Bertrand, cela ne vous serait pas arrivé.
Le pauvre mari trompé se retira piteusement^ et se remit à boire de plus belle.
Zélie Cossard avait définitivement abandonné le domicile conjugal et vivait publiquement avec Laurent jeune.
Ce fut ce dernier qui s*en alla le premier des Funambules. Il écrivit à ses directeurs :
Messieurs,
J'ai compris que l'avis du foyer, signé de M. Cot d*Ordan, me visait particulièrement ; j^accepte la rupture que vous semblez me proposer. A partir de ce jour, si vous y consentez, je ne fais plus partie de votre troupe.
LAURENT JBCifB.
La résiliation fût acceptée.
Mme Zélie Cossard continua, elle, d'appartenir au théâtre, et de vivre avec Laurent Cadet, sans cesser de s'appeler Mme Cossard.
Le mari accepta la situation ; mais s'enivra plus que jamais, ayant maintenant comme prétexte à ses libations, de noyer son chagrin.
Le 18 mars : V Amour et la Folie ou le Grelot mystificateur^ pantomime-arlequinade en 6 tableaux.
Plus les titres changent et plus c'est la même chose. Les auteurs de pantomimes n'étaient point inventifs dans leurs moyens d'appeler sur Arlequin la protection d'une bonne fée.
Cette fois encore^ c'est une colombe poursuivie par un vautour qui sert de point de départ. John tue le vautour. Aussitôt la Colombe prend les traits de l'Amour et dit à John :
Bon jeune homme, je te dois la vie. Sans toi, je devenais la victime d'un perâde enchanteur ; chaque mois, sous la forme d'une Colombe, je perds, pendant une heure, le pouvoir de me défendre, et c'était le moment qu'il avait choisi pour consommer ma perte. Celte bonne action t'a mérité ma reconnaissance. Betty, que tu aimes, est au pouvoir d'un vieux seigneur ridi-
i28 LES FUNAMBULES
cule ; ta coDStance seule pourra triompher de tou^ le^ obstacles. Prends d'abord l'habit et le masque d'Arlequin I... {le travestissement a lieu). Reçoit encore ce talisman précieux. {Elle lui remet une batte). Il diri^ra tes pas dans tes courses nombreuses et fera entre tes mains le tourment de ton rival. Pars ! Va trouver ton amante, o'abuse pas de mes dons et compte toujours sur ma reconnaissance.
Le talisman, avec lequel Pierrot combat la batte d'Arlequin est, cette fois, un grelot qu*il a arraché à la marotte de la Folie.
Et savez-vous à quel endroit doit être porté ce grelot pour que son action soit efficace ?... Au bout du nez. C*est donc à Tappendice nasal du bon Pierrot que la Folie attache le talisman. Toutes les fois que Pierrot veut s'en servir, il n'a qu'à agiter la tête, le grelot rend un son effroyable, et le souhait s'accomplit à rebours.
Deburau était, paraft-il, épique dans les ahurissements que lui procurait ce grelot suspendu au bout de son nez.
Le 28 mars : JLa Conversion d'une Grisette, vaudeville en 2 actes.
Le 6 avril : Le Bonhomme Luc^ vaudeville populaire en â actes.
Le 23 avril : Le Cabaretier d'Anvers, scène populaire en 2 actes.
Le 1" mai : Mon Oncle le marin, vaudeville en 1 acte.
Le soir de cette première, le bruit courut parmi les artistes que M. Félix, le père de Mlle Rachel était dans la salle.
On se tint!... C'est lexpression consacrée au théâtre. Se tenir, c'est observer son jeu.
M. Cot d'Ordan, lorsqu'arriva la fin du spectacle, s*empressa d'accourir au devant du père de celle, dont l'immense talent remuait et soulevait le Paris d'alors, et ne manqua pas de lui demander :
— Eh! bien, M. Félix, éte^-vous satisfait de notre spectacle?
— Foui ! Foui !... lui répondit Tenfant dlsraél, avec cet accent commun aux descendants de Moïse.
— Que pensez-vous de mon Deburau, continua l'insinuant directeur ?
— Il est pien !... il est même très pien !... mais ch'aime mieux
ma fille !...
Et il s'en alla, laissant stupéfait M. Cot d'Ordan, qui s'attendait à recevoir une transmission de compliments à l'adresse de son personnel, et particulièrement de son grand artiste.
Le mot fut redit et devint à la mode. On en fit même ce que nous appelons aujourd'hui une scie.
LKS FUNAMBULES 429
A tout on répondait par : Ch'aime mieux ma fîlle.
— Viens dîner à la maison. Tu aimes le filet aux carottes ?
— Ch'aime mieux ma fille.
Ou bien : Que préférez-vous dans Guillaume Tell ?.,, Nburril ou Duprez ?
— Ch'aime mieux ma fille !...
Le 6 juiu, on joua : tAme de la Morte, mimodrame en 7 tableaux.
Le 9 juin : Jard fils, le malhonnête homme ^ parodie en 1 acte.
Le 3 juillet, le théâtre du Gymnase avait donné la première représentation de : Jarvis, Vhonnéte homme, vaudeville en 2 actes de M. Lafont.
Bocage, le créateur fameux du Buridan de la Tour de Nesle, avait été spécialement engagé pour jouer le rôle de Jarvis. Cela avait donné un peu de vogue à cette pièce médiocre ; c'est la raison pour laquelle Folliquet s était empressé de produire : Jard fils, le malhonnête homme.
Le 8 août : le Souper de Monseigneur, folie-vaudeville en 1 acte.
C'est dans cette pièce que Pelletier, qui jouait un domestique et mettait le couvert, s'avisa de dire un soir : Allons, bon ! Encore une punaise su' l' beurre !...
Ce fut ce mot qui le sacra célèbre. Quand on parlait de Pelletier, on disait : Vous savez bien... celui qui dit : Encore une punaise suTbeurre !...
Le 21 août : Ivana, la Folle, folie-vaudeville en 1 acte.
!•' septembre : les Deux font la Paire, vaudeville en 1 acte, par Auguste Lecerf.
Le 9 octobre : l'Ermite du Mont Pausilippe, vaudeville en i acte.
Le 12 octobre : Une Purée de Mariages, pièce en 1 acte.
Un soir, au théâtre, Deburau reçut un billet ainsi conçu :
Chère monsieur et père,
Je vien voua demandé de venir en mon aide ; car je cuis à la prison de la Roquette, où ma conduite est éguesemplere, depuis que j'y auîs, j*ause le dire. Ne me repousez pas, car je cuis bien votre fils, que voub avais eut en concubinage et sen vous en douter avec -votre victime la pôvre Augustine Marlot qui était ma mère et qui m'a redit ça bien des foi, avent sa mort, qui es arivé il y a cint mois, dont je porte encor le deuille. Ayez pitié de votre
i30 LES FLNAllBtJLE<{
Aie inconnu, et aportez lui quelques douseur à sa douloureuse et injuste capetivité
En attendant, chère monsieur et père, je cuis votre fils sincère pour la vie.
Baptistb Marlot,
domicilié à la Roquette,
Deburaa tomba des nues !... Il fouilla ses souvenirs de jeune homme ; aucun ne répondit au nom d'Augusline Marlot.
Néanmoins, il résolut de voir Tauteur de cette étrange missive, et obtint lautorisation de Taller visiter en son domicile,
11 se trouva là, en face d*un pâle voyou de 17 ou 18 ans qui lui dit :
— Oui, vous êtes mon bon père. C'est m'man qui me Va dit.
— Mais, lui répondit Deburau, je n ai jamais connu d*Augustine Marlot.
— Vous croyez ça, mais elle vous a bien connu, elle ; puisque vous lui avez fait un enfant, et que cet enfant c'est moi. Baptiste, qu'elle m'a dit avant de mourir, j'ai jamais rien demandé à ton bon père ; mais si jamais tu avais besoin de lui, je suis sûre qu*il ne te repousserait pas. Alors, comme je suis dans une position embarrassante, je vous ai écrit. Pas pour que vous me reconnaissiez, non !... Mais pour que vous apportiez un petit secours à ma triste situation.
— Pourquoi étes-vous en prison, demanda le Pierrot ébranlé dans sa conviction de n'avoir jamais connu d'Augustine Marlot ?
— Je suis une victime. Je logeais avec un camarade que je croyais aussi honnête que moi. Il rapportait toujours une petite pacotille que je supposais honorablement acquise et que Je revendais comme un naïf que je suis. Tous ces petits bibelots étaient volés, parait-il. On m*a arrêté et condamné pour complicité de vol ! Ah ! ma pauvre mère ! si elle me voit de là-haut, elle doit joliment souffrir I
Et le gamin se mit à verser des larmes abondantes.
Deburau ému, tira de sa poche deux pièces de cinq francs et les glissa dans la main de celui qui se disait son fils.
Le prisonnier, tout en larmes, lui demanda la permission de Tembrasser. Ce à quoi le bon Pierrot consentit en se disant : Après tout, c'est peut-être vrai.
Deburau garda une profonde impression de cette entrevue. Un fils à lui, eu prison ! 11 ne se rappelait pas Augustine Marlot, c'est vrai ; mais il avait eu assez d'amours au Bonjour-Bonsoir pour pouvoir se dire : c'est possible après tout.
LES t^UNAMBULEâ ^34
Quelques jours après, il reçut de radminîstratîon de la Roquette une lettre ainsi conçue :
A M, Deburau, acteur au théâtre des Funambules,
Monsieur,
Vous avez été dupe d'un gredin de la pire espèce, qui s'est fait une spécialité de soutirer de Targent aux personnes fortunées, et principalement aux artistes, dont il connaît la générosité, en se disant né de leurs œuvres. Je m'empresse de vous en informer, pour qu'à l'avenir vous ne retombiez pas dans le même piège.
J'ai l'honneur de vous saluer.
Pour le Directeur :
Armand Poinsiau.
Deburau eut un énorme poids de moins sur la conscience.
Cette mystification lui coûtait dix francs^ il est vrai. Mais il n*ctait pas le père d'un abominable chenapan.
Le 14 novembre : Les Ruines de Mont-BiancOy mimodrame en 6 tableaux.
Le petit théâtre de la Madeleine n*avait pas fait de brillantes affaires. Paul Legrand, que la fermeture définitive de ses portes avait mis sur le pavé, s'était réfugié au théâtre du Luxembourg, oii il végétait humilié, profondément découragé.
Un jour il s'arma de courage et s'en vint trouver M. Bertrand, à qui il présenta d'humbles excuses, lui demandant Vhonneur grand de rentrer en son théâtre.
M. Bertrand, caressé dans son amour-propre, signa avec le jeune Paul un engagement sérieux. Ce fut dans Les Ruines de Moni'Bianeo qu'il reparut devant le Public.
Le 10 novembre : Pierrot et Croquemitaine ou les Ogres et les Moutards, enfantillage-féerie en 6 tableaux.
Dans le premier tableau de cet « enfantillage » Clorinde chante à son père Cassandre :
Air : El pourtant Papa
Votre esprit se guindé, Mais on vous dira Qu*vot*petit*Clorinde R'ssemble à son papa.
Or, si tout de bon J'suis bèt'comme un'dinde, Papa, vous êt's donc Bèt* comme un dindon ?
Voilà un couplet bien peu respectueux, pour une pièce affublée de la qualification d'enfantillage.
Cette fois le combat à coup de talismans a lieu entre Croquemitaine, le roi de Tîle des Ogres, et la fée Cocotte, protectrice de Pierrot.
Pour aborder Tfle des Ogres, dans laquelle Croquemitaine a emporté Cioriodre, Pierrot et Cassaudre sont en bateau à vapeur. Un orage se déchaîne. Le bateau saute en Tair. Cassandre est sauvé. Pierrot ou plutôt la tète de Pierrot parait au lointain, sortant par le tuyau de la machine, balancé par les flots.
Je relève sur le manuscrit :
Cassaodre et Clorinde s'agenouillent. On voit un sanglier se jeter à la mer, et ramener Pierrot i cheval sur son dos. Une vague le rejette au loin . Mais les flots se calment, le sanglier seul reparaît et 9'avance vers eux. Ils sont effrayés.
La fée Cocotte
— Ne crains rien, Cassandre. Cet animal ne vous fera pas de mal. Vois comme il caresse ta fille.
[Elle frappe avec son hochet sur le sanglier qui se change en Pierrot ; mais il a toujours sa petite queue : Cassandre veut la lui arracher. La petite queue s'allonge sans se détacher).
La fée Cocotte
— Le feu seul peut le débarrasser de ce membre inutile. (Un feu follet paraît et brûle la queue de Pierrot).
La rivalité entre le théâtre des Funambules et les Acrobates se manifestait de toutes les façons ; même en scène.
Je cite un exemple : Croquemitaine et Croqueciboule disputent à quelle sauce ils vont manger Cassandre et Pierrot.
Croqueciboule tient pour les mettre à la broche.
Croquemitaine
C'est un peu usé, les Pierrots à la broche. Il y a longtemps que nous faisons rôtir les Pierrots.
Croquecibouie X côté, chez nos voisins, c'est ainsi qu'ils les font avaler au public.
Croquemitaine Oui, ils nous ont volé ça.
Croqueciboule Ils nous ont volé bien autre chose.
Croquemitaine
Dame, tu conçois, quand on n'a pas d'idées soi-même, on pille celles des autres.
iES FUNAMBULES 3H3
Le trait fut naturellement reporté à ceux auxquels il était destiné.
Ils ripostèrent par d'autres plus acérés.
Le public prit part au combat, ce qui fit augmenter les recettes des Acrobates ; car ceux qui, le jour, avaient entendu l'attaque, allaient à côté, le lendemain entendre la riposte.
M. Bertrand s aperçut le premier de la chose, et comprenant qu'il faisait le jeu de ses adversaires en laissant agir ainsi, ordonna à ses artistes de cesser toute allusion aux saltimbanques (Ta côté.
Les Funambulistes maugréèrent, mais se turent.
Le 4 décembre ; t Inondation^ pièce mêlée de couplets, en 3 tableaux, jouée par MM. Meunier, Pelletier, Philippe, M"^'* Reine et Gabrielle.
Le 31 décembre : Au Diable le jour de VAn^ à-propos en i acte.
Le couplet au public se chantait sur Tair de : Masaniello.
Quaod fiDit l*anné' chacun s* grouille Et 8* dit : ToilA l' mauvais moment, II faut encor que je me fouUle Pour combler un monde mendiant. Les Souverains et Souveraines Devraient fair* cesser cet abus ; Et les véritables être unes Seraient qu'il n*y en aurait plus {bis).