‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 95 sur 160 · TABLEAU GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

TABLEAU GÉNÉRAL

Ccst Carolina qui jouait le rôle du Génie Mistigris.

Le 22 juin : Le jour du Départ, monologue mêlé de couplets.

Le 2 juillet : Bambo le Mystérieux, ou La Fille de CEnfer, pièce fantastique en 3 actes, avec changements, apparitions, transformations, etc.

Cette pièce était tirée du théâtre allemand de Saaudon.

Bambo, le Mystérieux M »«> Carolina.

Juliano, jeune espagnole Cordier.

Olivetti, son ami MM. Germain.

Carlo, page de Juliano Adolphe.

Une voix souterraine ♦**

Vn officier *»*

Un sénateur ***

Aurélia M»«« Emma.

Paula, Comtesse d'Overini Céline.

Gardes, serviteurs, jeunes filles.

Le 7 juillet : Fout seul, monologue.

Le 5 août : Le Capitaine Barsco ou Sont-ils des voleurs?.,, pièce eu 1 acte, jouée par Etienne, Germain, Pelletier, Vautier, M^'*' Emma, Adeline.

Le 12 août : Lile des Farfadets, tradition écossaise en 1 acte.

Le 17 août : Fra Diavolo ou l^s Brigands de la Calabre, pantomime en 4 tableaux.

Ce Fra Diavolo n^avait aucun rapport avec celui de TOpéracomique. Ce n*était qu^une banale aventure de brigands, enlevant la fille d'un certain Comte de Hontaldi. L'amoureux de la demoiselle, San Fernando, jeune officier, délivrait son Emilia, capturait Fra-Diavolo, ce qui décidait le noble comte de Montaldi à accepter San Fernando pour gendre.

Dans ce San Fernando, Tauteur avait personnifié le père de Victor liugo, qui, comme on le sait, captura Michel Pezza, connu dans les Calabres sous le nom de Frère-Diable, ou Fra-Diavolo.

Le Pierrot s'appelait, dans cette incolore élucubration, Mazarilio.

Le 28 août : Une cure merveilleuse, comédie vaudeville en 1 acte, par Hippolyte.

Cette pièce fut jouée par Paul Legrand, Cordier, Germain et M"' Joséphine.

Le vicomte de Beauvilain^ représenté par Paul Legrand, chantait le couplet suivant :

Air : Ces postillons sont d'une maladresse.

Il est passé le temps où la noblesse Se mesurait au nam de ses quartiers.

11 est passé le temps où cette altesse De son dédain couvrait les roturiers, Car nous avons de charmauts roturiers.

Alors qu*un titre est mérité, qu'importe Qu'on soit ou non d'une ancienne maison ! Pour être noble il suffit que Ton porte L'honneur sur son blason (bis).

Le 2 septembre : Depuis la Noël, romance.

Le 18 septembre : Les Gueux de Paris ou Encore des Mystères, ' pièce populaire en 2 actes

Cette pièce était d'un pauvre diable nommé Barenton. M. Billion la lui paya vingt francs, sous la condition que le nom de Barenton serait remplacé sur l'affiche par celui de FoUiquet, l'auteur célèbre du lieu.

Barenton consentit. C'était un humble bohème, pour qui vingt

francs représeaiaîent TexisteDce de quelques jours, et que le désir de se voir jouer, même sous le nom d'un autre, amenait à de semblables extrémités.

M. Billion s*élait souvenu qu'un des législateurs de Sparte avait fait une loi, édictant que tout mauvais citoyen, concevant une saine idée, n'avait pas le droit de la communiquer lui-même à TAssemblée du Peuple. Il fallait qu'elle y parvînt par la bouche d*un homme reconnu vertueux, lequel en avait tous les honneurs, bien qu il ne Veut pas conçue ! a voulant ainsi — disait le légiste lateur Lacédémonien — qu'aucune maxime sage, aucun décret « utile ne parussent sortir d*une source impure. »

Et, source impure, était le sans valeur Barenton.

Pour M. Billion, une bonne pièce ne pouviiit être signée d'un nom inconnu.

Le 4 octobre : La Bataille d'/sly^ mimodrame en 7 tableaux.

Le 5 décembre : Bamboches et Taloches^ pantomime, arlequinade, féerie en 9 tableaux.

Deux bûcherons travaillent dans un bois. Le premier monte sur un arbre ; sa hache lui échappe et tombe dans un étang sur lequel s'étendait sa branche.

Un vieux sylphe sort des eaux, tenant à la main une hache d'argent, qu'il présente au premier bûcheron. Celui-ci la repousse; ce n'est pas là, sa hache.

Le sylphe prend alors la parole et dit : L'épreuve, à laquelle je viens de te soumettre, m'a prouvé que tu étais digne de ma protection. Je vais récompenser au-delà de tes espérances, ta louable activité et ton noble désintéressement.

Alors le bûcheron, se trouve transformé eu Arlequin.

Le sylphe reprend : Maintenant, suis ce sentier ; il te conduira prés de la fille de Cassandre. Mais, avant de l'obtenir, tu auras bien des obstacles à surmonter.

Arlequin le remercie et sort. Le sylphe se retire derrière les broussailles.

Le deuxième bûcheron a observé ce qui vient de se passer, et se met à l'ouvrage, en imitant ce qu'il a vu faire à son compagnon. Il lais.se tomber sa hache dans l'étang, et se livre au désespoir le plus violent.

Le sylphe se présente de nouveau, une hache à la main. Seule ment, cette fois, la hache est en or. Le deuxième bûcheron fasciné par la vue du précieux métal, ne peut résister à la tentation de s'en emparer. En possession de la superbe hache, il la

presse sur son cœur et s'enfuit. Mais une main invisible Tarrête.

Le sylphe reprend la parole et dit : Reçois le châtiment que tu t*es attiré par ta cupidité.

Et l'imbécile bûcheron se trouve transformé en Pierrot.

Les huit tableaux, qui succèdent à ce premier, sont la poursuite trop connue des précédentes pantomimes.

Ce fut pourtant un grand succès. A ce point que les applaudissements, coupant Tintérét des situations et des scènes, Deburau avait fîni par se plaindre à M. Billion, l'accusant de mettre des claqueurs dans la salle.

Celui-ci s'était bel et bien défendu.

Et, que Deburau se montrait donc en cela vérilablement artiste, méprisant lés effets de mauvais aloi, qu*il croyait venir de Laudi scènes salariés.

Les Sophoclès^ des Grecs, n'interrompaient jamais le cours d'une représentation. Seulement, à la fin de la pièce, ils formaient un concours d'applaudissements, dont chaque acteur prenait sa part.

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