‹ Le théâtre des FunambulesChapitre 98 sur 160 · ORAISON FUNÈBRE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE

On a beau dire, mAme pour la gloire, il ne fait jamais bon de mourir. Deburau lui-même, le grand Deburau en est la preuve. Témoin la petite note

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i^roi-ofBcielie émanée de radraiaUiration des Funambules et que nouf venons de lire dans uue feuille théâtrale :

On peut dire des Pierrots comme des rois : Pierrot est mort, vive Pierrot !

En effets à peine ce pauvre Uehurau a-l-il abandonné 'la scène des Funam,' bules, pour aller faire rire les Dieux dans un monde meilleur^ que son émule, que diS'je?.,, que son successeur a reçu ses grandes lettres de naturalisation des Fouyoux (\) les plus fanatiques de la pantomime de Deburau.

Chaque soir, Paul est redemandé par la salle entière : il est vrai quHl Joue les Pierrots avec une gaieté, avec une souplesse dont ce pauvre Deburau, qui était malade depuis longtemps, ne donnait plus que de rares exemples.

La tombe de Pierrot est à peine fermée qu*on commence à cracher dessus. Tuez-vous donc pour l'amour de votre directeur.

Moins ingrat, Jules Janin a tracé, dans son feuilleton de lundi dernier, Toraison funèbre du paillasse dont il a fait la renommée, et qui n'a pas nui à la sienne. C'était un devoir dj conscience pour le biographe de Deburau.

Par malheur. Texcès de son chagrin étouffant son inspiration, il s*est borné pour cette fois a s'abréger lui-même et ne nous a donné que la quintessence de ses précédents volumes. Si Ton en croit de certains bruits, le célèbre feuilletoniste aurait eu, dans le paroxyme de sa douleur, le projet de renoncer à la Presse et de succéder au défunt sous le nom de Gilles Janin.

La réflexion, de sages conseils et le désespoir de M. Bertin (2) ont triomphé dv cette lubie pantomimique.

— Hélas!... mon ami, a dit au critique marié son directeur, la larme à rœil, si vous vous en allez jouer les Pierrots au théâtre des Funambules, qui est-ce qui fera la parade au Journal des Débats T

Cette considération toute puissante a déterminé le critique à ne point changer de tréteaux.

Je n'ai reproduit ici cette dernière partie de l'article de la SUhouette, que pour donner au lecteur le ton et la façon dont se traitaient entre eux les folliculaires de Tépoque.

Seule, la première partie de cet article est intéressante pour notre histoire. A savoir l'ingratitude de M. billion pour ce pauvre paillasse, pour cet humble mime qui avait créé, et ici le mot est exact, le théâtre des Funambules, en enfantant son inimitable personnage de Pierrot.

Car Pierrot, seul, avait fait vivre la pantomime. Grâce à lui on %vtit érigé cette question de parade en une question d art.

Oo s'était peut-être bien mis en manches de chemise, pour fendre e^tle allumette en quatre ; mais cette fiction était devenue une réalité ; cet atome était passé à Tétat d'être; cet éphémère s'était formé UD corps Par Deburau, les Funambules avaient vécu, la Pantomime avait existé.

Et la preuve en est, que l'on avait joué ce même genre chez

1. Fouyou était un per«onnage d'enfant terrible du vaudeville de^ Variétés : Le M attre d'Ecole. Ce pt-lil hniume iuveuté par MM. Lockrny tt Anicet B mrge>ûs. avait fût aitaut parier do lui, à cette époque, que le Ût plus tard le Gûrn/cA" de \ irlor Hii^o.

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