SCÈNE PREMIÈRE. MÊTUEE, «N messager , LE CHOEUR
BKÉDÉS.
Al fié kitii^i d^à depuis . long-lemps je porte mes regàtds de ce eoié , dans rimpatience où je suis d'apprendre le succès de mou entreprise.— Voilà un des serviteurs de Jason qui s'avance; l'émotion qui se peint sur son visage annonce quelque chose d'extraordinaire.
LS MESSAGER
A quels for£iits vous-ête* vaus portée? Fuyei, Médée , fuyez au travers des mers , ou sur un char rapide eW léger franchissez les plaines immenses de la terre.
MÉDÉX.
Qu*est-il donc arrivé qui doive m'obligera fuir ?
LE MESSAGER
La princesse n'est plus; le roi périt avec elle, et vos poisons en sont la cause.
MiDÉE.
O àmivelle délicieuse! — Va, je te compterai
TRAGÉDIE d'BURIPIDE. 4^9
toujout^ au nombre de mes bienfaiteurs et de mes amis.
LE MESSA6SR
Quoi? madame, ne vous reste- 1- il plus cje sentiment , ni de raison , pour oser vous réjouir après avoir viole le palais des rois par de tels outrages , et ne point frémir d'horreur et de crainte ?
MÉDÉE
Ami , j'aurais beaucoup de choses à te répondre ? mais fais-moi le récit de cet événement ; n'oublie aucune circonstance ; tu doubleras ma joie , si tu m'apprends que leur mort a été douloureuse et terrible,
LE MESSAGER
Lorsque vos deux enfans sont entrés avec leur |)ère dans les appartemens de la jeune princetôe , vos serviteurs fidèles , affligés de votre douleur , ont partagé votre joie. A l'instant , le bruit se répand que vos querelles sont terminées. On s'empresse autour de vos fils , on les accable de caresses ; l'un prend leur main et la baise; un autre embrasse leur tête blonde; et moi , le cœur transporté de plaisir, je les ai suivis jusque dans l'appartement des femmes. La reine « , avant de les apercevoir, a jeté sur Jason un regard vif et ten-
, ' Littéralement : La maitresse que nous respectons au Heu de vous* . .