MEDITE
dre : mais bientôt elle a voilé ses yeux ; elle a âé^ tourné la tête pour ne point rencontrer un objet odieux. Votre époux s'est approché d^elle; il a su Fapaiser par ces mots remplis de douceur. « Cessez » de haïr ceux qui vous aiment^ princesse; calmez » votre colère; pourquoi détourner vos regards? », les fils de votre époux ont droit à votre tendresse ; » recevez, en sa faveur, les présens qu'ils vous ap- » portent , et demandez à votre père qu'il daigne )) adoucir la sentence qui les bannit de ses États.» Sa prière et l'éclat de ces riches dons touchent le cœur de la princesse; elle promet à son époux de faire tout ce qu'il désire. A peine celui -ci s'est-il retiré avec vos fils , qu'elle se pare de cette robe élégante et magnifique , et entrelace dans ses cheveux la couronne enrichie d'or, essayant devant un miroir les formes les plus gracieuses , et souriant à sa propre image. Ensuite, elle quitte son trône superbe et se promène dans ses appar^ teméns, posant avec grâce son pied d'une blancheur éclatante, et regardant autour d'elle avec une contenance noble et fière. Mais tout à coup, è spec* tacle plein d'horreur ! son visage change de couleur ; elle recule pâle et tremblante ; elle veut regagner son trône, à peine y peut-elle atteindre et prévenir sa chute. Une vieille esclave qui se trouvait là par hasard , s'imaginant que la fureur de Pan ou de quelqu'un des dieux s'était emparée de
MEBEE.
Fec:(Rv«:z,eiiL Îa, faveur les -prefeBis mjVls votas apportent.
TRAGÉDIE D'EtRIPIDE. 4^1
àa maîtresse j se met à pousser des hurljemens pour en détourner l'effet ; mais bientôt elle voit sa bou* che blanchie d'une écume affreuse , ses yeux qui se renversent , et le samg qui s6 retire de sereines : elle jette un cri effroyable et douloureux. L'une court vers son père , l'autre vers son nouvel époux, annoncer cette terrible catastrophe.
Tout le palais retentit des pas précipités des es-claves ; elle reste sans vpix , et les yeux immobi«<^ les ; le temps fuit , et déjà un coursier agile au* Tait pu franchir une stade , lorsqu'enfin Tinfortu* née s'éveille en poussant de longs gémissemens. La douleur l'assaille à la fois de toutes parts. Le bandeau doré qui entoure sa tête répand , par un affreux prqdige, des torrens d'un feu dévorant; et cette robe magnifique , présent fatal de vos en?^ fans f s'attache à sa chair et la consume. Elle se lève, elle cherche à se dérob.er aux flammes qui la pour-^ suivent; elle secoue sa tête et sa chevelure flot^ tante; elle voudrait arracher le funeste diadème; mais l'ornement cruel demeure inébranlable ; à chaque nouvel effort, le feu redouble sa violence. Elle tombe enfin, vaincue par la douleup', mé^ connaissable à tout autre qu'à l'œil d'un père. Ses yeux défiigurés n'offraient plus de forme certaine-; on ne retrouvait plu& sur son visage aucun des traits de son ancienne beauté ; des ruisseaux de sang- et de feu tombaient de sa tête àla fois; les chairs se dé--
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l&chaiéBt des os comme des lames de poix ardente , rongées et consumées par un invincible poison. Affireux spectacle! personne n'osait toucher ce corps inanimé : son sort était pour tous une trop cruelle leçon.
Cependant son malheureux père ignorait ces ca* lamites : il arrive tout à coup dans ce lieu , se précipite sur l|e corps de sa fille ; il verse un torrent de larmes y et la pressant entre ses bras, il la couvre de ses baisers,— O fille infortunée! s'écrie- 1- il, ^el dieu te fait souffrir ce supplice ? Qui a privé le tombeau d'un vieillard des honneurs de la pa-* temité? O ma fdle, je veux mourir avec toi. — Apnès s'être ainsi livré aux premiers transports, l'infortuné vieillard veut relever son corps débile; mais il i^este attaché par la robe infernale , comme le lierre se colle aux tendres rameaux du laurier. Ici commence une lutte épouvantable : il tâche, , pour se dégagei*, de soulever un genou ; aussitôt elle le retire en arrière , et le fait retomber avec elle : s'il veut s'en arracher de force, le malheureux vieillard sent sa chair déchirée se séparer des os qu'elle recouvre. Il succombe enfin, et rend l'âme au milieu des plus affreux tourmens. Le père et la fille , étendus auprès l'un de l'autre, offrent un spectacle auquel on ne peut refuser ses larmes.
Evitez les suites de ces tragiques événemens , ec
TKAGÉDIB B^EVRIPIDE. 4^
t|p¥igea à vou» soustraire aux malheuf» prêts k ibn« dre sur votre tête» Âh ! les mortels ne so»t qu'une oioftbre légère; je ne crains point de le^Te,cemt qui^ âers d'un vaiû savoir, font ^la^e de l%va? «age^se ^ sont ceux doat le tœur est le plus rempli de folie et d'estrava^tnee. Le boialieur n'est pas iS^ partage des hunaains; les faveurs de la fortuné e«i^ marquent certains degrés y mais il n*ept esi poiuf povLTi l'homme lueiimix.
XS CHŒUR.
- Les dieux accablent Jason de tous les maux qu'à mérités sa perfidie. Infortunée fille de Créon ! que votre sort me touche! Innocente victime d'un funeste hyménée !