‹ Le théatre des grecsChapitre 21 sur 126 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

Hémon s'entretient de son amour avec Antigone, tandis que Jocaste est allée au temple pour consulter l'oracle. Cette scène est plus galante que celle du vieux poète, et par cela même elle plaît moins. Etait-il question d'amour dans une crise aussi vive que celle de la révolution d'un Etat ? Bacine l'a bien senti lui-méi;ne; et il avoue dans

Digiti^ed

^6 LA TRÉBAiDE,

«a prëface * que Tamour jeté «ur des penontiages subalternes 9 devient une passion étrangère au su*^ jet f et que d'ailleurs : ce Les tendresses ou les jalou* » sies des amans ne sauraient trouver que fort peu » de place parmi les inoestes^ les parricideii, et » toutes leshorreurs qui composentrhistoire d'0& H dipe et de sa malheureuse famille ^. d

Olympe, confidente de Jocdste , apporte la nonvelle dfe Foracle, qui demande en sacrifice le dernier du sang royal. Hëmon et Antigone doutent si cet oracle ne les regarde pas. Sur quel fondement? Ignorent-ils qu'ils n'étaient ni Fun, ni Tautre, les derniers du sang royal? L'oracle indiquait assez clairement Ménécée, dernier fils de Créon. Cest une faute inexcusable.

Polynice , dans son entrevue avec Jocaste et Antigone^ mpntre la même fierté que chez Rotrou. Ce caractère en est pris tout entier; et il est inconce* vable que Racine , si grand amateur d'Euripide , n'ait pas plutôt peint Polynice avec ses véritables couleurs. Il aurait plu davantage que lorsqu'il' dit, même en si beaux vers :

Eit-40€ Su peuple , madatie , à se donner un mattre ? Sitât qu'il hait xm roi , doit-on cesser de Tétre ?

• Frëface des Frères ennemis»

* Cette réflexion si judicieuse de Hacine est la plus forte criti^ ftie qu'on puisse faire contre VCCdipe de Voltaire. II.-R.

tKAGÊDTE OË RACINE. ^rj

'Sa Wiiie ou sou amour ^ sont-ce les premier^ droits Qui font monter au trône ou descendre les rois 7 Que le peuple à son grë nous craigne ou nous chérisse,

. Le sang nous met au trône ^ et non pas son caprice. Ce que le s^ng lui donne ^ il le doit accepter, Et s'il n'aime son prince , il le doit respecter.

Et ceux-ci sur Etéocle :

C'est un tyran qu'on abne $ Qui y par cent lâchetés , tâche à se maintenir Au rang où par la force il a su parvenir 5 Et son orgueil le rend , par un effet contraire , Esclave de son peuple et tyran de son frère.

Pour commander tout seul , il veut bien obéir p Et se fait mépriser , pour me faire haïr , etc.

Antigène dit à son tour tout ce que la nature et Rotrou ont dicté au poète de plus tendre. Mais Polynice est sourd et inflexible. Pour le tirer d'embarras , un soldat accourt , et Favertit que la trêve vient d'être rompue. Il part , et se délivre pâr-là -des importunes prières d'une mère et d'une sœur, •Racine a ménagé avec beaucoup d'adresse cette rupture. C'est une émeute excitée par Créon , qui craignait la réconciliation des deux frères.

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