‹ Le théatre des grecsChapitre 22 sur 126 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Jocaste envoie sa confidente pour voir ce qui se passe , et fait un assez beau monologue, après avoir

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préparé l'épisode de Ménécée , qu'on suppose être allé voir où en sont les affaires.

Etëocle , revenu avec Gréon , s'excuse sur la rupture de la trêve. Ce n'était , dit-il à la reine , qu'un simple démêlé qui , insensiblement , s'est tourné en bataille. Créon feint de souhaiter la paix; mais le roi , qui est sa dupe , l'anime au contraire à venger son fils sur les ennemis. Incontinent , oii vient annoncer que Polynice demande une entrevue avec son frère. Cela n'était point préparé ; le roi se rend, quoiqu'avec beaucoup de peine, aux prières de Jocaste, d'Antigone, et même de Créon, qui l'exhortent à voir Polynice. Mais Créon, demeuré seul avec son confident , met bas le masque, et développe l'horrible mystère qui lui fait préférer l'entrevue des deux frères , à une guerre ouverte. Il veut régner , mais sans qu'il lui en coûte du sang. La guerre pourrait être funeste à son fils Hémon , dont il vient de perdre le frère. Il connaît les haines enracinées d'Etéocle et de Polynice. Son dessein est que les deux frères s'étouffent dsms leurs embrassemens, c'est-à-dire, qu'il n'a ménagé l'entrevue que pour le combat singulier. Ce trait est bien noir« Mais sa politique est-elle bien juste? L'un oi:^ l'autre prince peut demeurer vainqueur ; et dans ce cas , Créon est bien loin de compte. Mais c'est ici un tyran qui s'aveugle , qui foule aux pieds jus» qu'aux remords, et qui fait gloire de paraître scé-

TRAGÉDIE DE RAQNE. 99

lérat aux yeux de son confident , pourvu qu'il en* trevoie quelque jour à monter sur le trône.

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