‹ Le théatre des grecsChapitre 35 sur 126 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

XE CHŒUR j seul.

Cadmus , que Tyr a vu naître , vint jadis dans cette contrée, conduit par une génisse indomptée, qui accomplit un oracle sacré en se reposant aux lieux où la voix divine avait ordonné de fonder une habitation nouvelle ; felle s'arrêta au milieu de ses plaines couvertes de moissons dorées , où les eaux d'un beau fleuve * et l'onde pure de Dircé répandent la fertilité sur les champs fleuris et coupés de sillons profonds. C'est dans ces lieux que l'amante de Jupiter donna le jour à Bromius, près de qui le lierre flexible éleva ses rameaux ver- . doyans pour soutenir la faible enfance du dieu, et le couvrir d'une ombre bienfaisante, en publiant dès lors ses hautes destinées. C'est ce dieu quece'lèbrent par leurs danses les vierges thébaines , et les femmes qui font retentir le cri d'jÊi^oe.

C'est en ces lieux qu'on vit autrefois le dragon ensanglanté d'Ares ^ , dur et fcirouche gardien , portant de tous côtés ses vigilans regards sur le . courant du fleuve et sur ses bords verdoyans : Cadmus , allant ppur s'y purifier , écrasa la tête sanglante du monstre féroce sous le poids d'up

' L'Isméne. . ,

' C'est le nom grec de Mars.

TRAGÉDIE o'EURIPIDE. l5l

rocher lancé d'un bras nerveux ; par les conseils de la déesse qu'une mère n'a point fait naître , de la sage Pallas , il lança les dents massives du monstre sur les champs coupés de sillons profonds , d'où la terre aussitôt fît sortir à ses yeux » sur la surface de la plaine y des hommes armés pour le combat ; mais le carnage au cœur de fer les rejoignit bientôt à celte terre bienfaisante ; ils arrosèrent de leur sang celle qui les avait fait jouir du soufQe pur de l'éther , de la douce clarté des rayons de l'astre du jour,

O divin Epaphus , fils de Jupiter et d'Io, l'aïeule de nos rois ! entendez , entendez la voix d'une étrangère qui vous invoque à la manière de sa nation ; venez , venez dans ces murs fondés par vos ancêtres, protéger un pays qu'ont habité jadis deux illustres déesses , Prosérpine et la bienfaisante Gérés , la reine de l'univers , et la Terre nourrice de tout ce qui respire ; envoyez ces déesses années de leurs flambeaux , pour défendre cet état ; car tout est facile aux dieux ^

' Pourquoi le chœur s'adresse-t-il à Épaphus pour obtenijr le •ecoursde Cërés et de Prosérpine, plutôt qu'à ces divinitës mêmes ou à d'autres ? io , mère d'Épapbus , était la même qu'Isis : Isis )a même que Gérés , suivant quelques auteurs. Libyç , fille d*£-^ papfaus , était mère d'Agénor , père de Cadmus.

FIN pu SECOND ACTE.

l51a LES PHÉNICIENNES,

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