‹ Le théatre des grecsChapitre 39 sur 126 · CRÉON , MÉNÉCÉE , LE CHŒUR · texte numérisé non relu

CRÉON , MÉNÉCÉE , LE CHŒUR

LE CHOEUR

Créon, tu te tais, la parole expire sur tes lèvres; ah ! je n'éprouve pas un moindre saisissement.

CRÉON

Hélas ! que dirais-je ? pour savoir ce que je sens, qu'est-il besoin que je l'exprime? Jamais, jamais je n'en viendrai à ce comble d'horreur , d'aban-^

TRAGÉDIE d'eUMN0E. X7I

donner aux citoyens mon propre fils pouF victime. La tendresse paternelle est gravée dans tous les cœurs : quel père livrerait son fils à la mort ? Non, je ne veux point mériter des louanges au prix d'un pareil sacrifice. Mais moi ^ dont la vie t<Mi«he au terme fatal d'une leate maturité , je suis prêt à m'offrir moi-même , et à mourir pour sauver ma patrie. Mon fils , avapt que le bruit de cet oracle insensé se répande , va , fuis loin de ces lieux : car bientôt les chefs et tous nos guerriers vont être instruits par le d^vin , qui le publiera aux portes de la ville et à toutes les cohortes : si nous pouvons le prévenir , ta vie est en sûreté ; mais si si tu tardes y nous sommes perdus , et tu meurs.

MxifÉess.

Où fuir ? en quelle ville , chee quel hôte ?

CAÉOH.

Aux lieux les plus éloignés de nos frontières.

MÉNiCÉS.

C'est à vous d'ordonner , à , moi d'obéir»

ÇKtOV.

Traverse Delphes*

MÉNÉCéS.

Où irai-je ensuite?

CRÉOK.

Dans le pays des Etgliepi.

I^a LES PaÉNICIENNES,

Ex de-Iâ où dois- je adresser mes pas ?

G&ÉON

Dans la Thesprotide.

KÉNtCÉE.

Aux retraites sacrées de DodoneT

Tu Tas dit.

MÉNÉCÉS«

Quelle sûreté trouverai-j e ?

CHÉOK*

Un dieu te conduira i. ^

Comment pourvoirai-je à mes besoins?

Avec For que je te fournirai^

MÉNÉCÉE.

Mon père , je vous obéis/* ^

' La Fortune.

' MM. Musgrave et Brunck mettent la fin de la scène toutc^ •ntiére et sans interruption , dans la bouche de Mënécée ; ce qui produit ce sens : « Mon père , je tous obéis ; maintenant retirez- » vous. Pour moi, je vais saluer Jocaste; retirez-vous, vou^dîs-je. » — Citoyennes, etc. » Le P. Brumoy observe avec raison , qu'il y a quelque défaut de convenance dans la facilité de Créon , et le changement que proposent les savant critiques, que je viens de>

VKA6ÉDIE D'fiURIPIDE. 17$

C&iON»

Va, par«.

Permettez seulement que j'aille faire de tendres adieux à Jocaste, votre sœur, qui m*a nourri de son sein , et qui m'a tenu lieu de la mère que j'avais perdue. Âpres cela , je ne pense plus qu'à sauver ma vie,

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