CRÉON , MÉNÉCÉE , LE CHŒUR
LE CHOEUR
Créon, tu te tais, la parole expire sur tes lèvres; ah ! je n'éprouve pas un moindre saisissement.
CRÉON
Hélas ! que dirais-je ? pour savoir ce que je sens, qu'est-il besoin que je l'exprime? Jamais, jamais je n'en viendrai à ce comble d'horreur , d'aban-^
TRAGÉDIE d'eUMN0E. X7I
donner aux citoyens mon propre fils pouF victime. La tendresse paternelle est gravée dans tous les cœurs : quel père livrerait son fils à la mort ? Non, je ne veux point mériter des louanges au prix d'un pareil sacrifice. Mais moi ^ dont la vie t<Mi«he au terme fatal d'une leate maturité , je suis prêt à m'offrir moi-même , et à mourir pour sauver ma patrie. Mon fils , avapt que le bruit de cet oracle insensé se répande , va , fuis loin de ces lieux : car bientôt les chefs et tous nos guerriers vont être instruits par le d^vin , qui le publiera aux portes de la ville et à toutes les cohortes : si nous pouvons le prévenir , ta vie est en sûreté ; mais si si tu tardes y nous sommes perdus , et tu meurs.
MxifÉess.
Où fuir ? en quelle ville , chee quel hôte ?
CAÉOH.
Aux lieux les plus éloignés de nos frontières.
MÉNiCÉS.
C'est à vous d'ordonner , à , moi d'obéir»
ÇKtOV.
Traverse Delphes*
MÉNÉCéS.
Où irai-je ensuite?
CRÉOK.
Dans le pays des Etgliepi.
I^a LES PaÉNICIENNES,
Ex de-Iâ où dois- je adresser mes pas ?
G&ÉON
Dans la Thesprotide.
KÉNtCÉE.
Aux retraites sacrées de DodoneT
Tu Tas dit.
MÉNÉCÉS«
Quelle sûreté trouverai-j e ?
CHÉOK*
Un dieu te conduira i. ^
Comment pourvoirai-je à mes besoins?
Avec For que je te fournirai^
MÉNÉCÉE.
Mon père , je vous obéis/* ^
' La Fortune.
' MM. Musgrave et Brunck mettent la fin de la scène toutc^ •ntiére et sans interruption , dans la bouche de Mënécée ; ce qui produit ce sens : « Mon père , je tous obéis ; maintenant retirez- » vous. Pour moi, je vais saluer Jocaste; retirez-vous, vou^dîs-je. » — Citoyennes, etc. » Le P. Brumoy observe avec raison , qu'il y a quelque défaut de convenance dans la facilité de Créon , et le changement que proposent les savant critiques, que je viens de>
VKA6ÉDIE D'fiURIPIDE. 17$
C&iON»
Va, par«.
Permettez seulement que j'aille faire de tendres adieux à Jocaste, votre sœur, qui m*a nourri de son sein , et qui m'a tenu lieu de la mère que j'avais perdue. Âpres cela , je ne pense plus qu'à sauver ma vie,