CRÉDIT
^ Ah ! pars incessamment ; crains de te perdre par tes délais,
S C È N E 1 1 L MÉNÉCÉE , LE CHŒUR.
MÉNÉCÉX.
Citoyennes, ai-jebien su dissimuler avec mon père, et dissiper ses terreurs pour contenter mon désir ? Cédant à la crainte, il veut que je parte , et que je prive ma patrie d'un bonheur qui est en
citier , laisserait encore à dësirer le motif de la retraite de Créon, qui n'est point exprimé. Cependant ce changement ëclaircit le texte , et je l'aurais adopté , s'il était autorisé par d'anciens manuscrits.
Le traducteur eût sans doute bien fait d'adopter la correction qu'il indique , et selon laquelle la fin de cette scène est certaine-* ment plus naturelle et plus raisonnable. J'ajoute que le motif de ' la retraite de Gréon s'explique suffisamment par la nécessité de pourvoir aux besoins de son fils , et de rassembler l'or nécessaire k ce yoyage, comme Créon lui-même l'a dit un peu plus haut.
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ma. puissance. Il faut pardonner à un vieillard , à un père; mais moi je serais sans excuse si je tra* hissais mon pays , la ville qui m'a donne la naissance. Sachez donc que je pars pour la sauver , pour elle je cours donner ma vie. Ah ! tandis que ces guerriers, libres du joug des oracles et de la nécessite du destin , demeurent fermes sous leurs boucliers, et vont affronter la mort au pied de nos murailles en combattant pour la patrie , quel opprobre pour moi, si trahissant mon père, mon frère , mon pays , je fuyais comme un lâche pour conserver une vie que je traînerais dans le mépris ! Non, j'en atteste Jupiter, qui règne parmi les astres, et le sanguinaire Ares, qui plaça sur le trône de Thèbes ces hommes issus des dents semées dans la terre ; je vais sur le haut du rempart , dans l'antre noir du dragon désigné par le d^vin : là , je m'immole, et je délivre ma patrie. J'y suis résolu : partons. Ma mort sera une offrande honorable à ma patrie , et y ramènera le bonheur. Ah! si chaque citoyen employait toutes ses forces au bien de son. pays^ et raj^rtait tout à ce but commun , de moindres calamités afSigeraientles cités, désormais florissantes.