ACTE IV
Un officier vient avec empressement trouver Jocaste , pour lui raconter Fétat des affaires. Elle sort ^ du palais. La curiosité d'une mère et d'une reine $ur le sort de ses enfans et de l'Éftit , fSit ici ut bel effet. On lui dit que Fun et Tautrè prince sont pleins de vie , et que les Thébainssont vainqueurs. Cela est très-bien ménagé pour suspendre Tattention. (( C^est , dit l'envoyé, la mort de Ménécée qui )) a procuré à Thèbes ce favorable succès» En effet, )) après ce sacrifice , Etéocle poste les sept chefs de )) cohortes* Il distribue les corps de cavalerie pour j) soutenir ceux d'infanterie. Incontinent les enne- )) mis s'avancent sur le bord du fossé. Le bruit des » trompettes se fait entendre des deux parts ; Par- » thénopée, Amphiaraùs, Hippomédon, Polynice, » Tydée , Capanée , Adraste , les sept chefs de l'ar- )) mée ennemie sont chargés chacun de l'attaque )) d'une des portes. «L'officier, après les avoir ainsi nommés de suite, selon le rang de leurs attaques , décrit les devises de chacun d*eux d'une manière un peu différente de celle d'Eschyle» . J'ai cru devoir abréger dans l'un et l'autre poète un récit peu
' Voyez Les Sept Chefs devant TMes, acte Ilf.
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intéressant pour nous. Il suffît d*en don^jier quel* qu'idée , et d'observer en passant que la scène d'Euripide paraît être plus adroitement ménagée en récit , que celle d'Escliylg lie l'est en action , quoiqu'elle ait ses beautés en ce qu'il fait agir Etéoçlp ^ qui dispose ses postes aux yeux du spectateur.
» D'abord, continue l'officier , on emploie l'arc ^ » la fronde, et les pierres détachées des murs. Le* )) assiégés avaient l'avantage , lorsque Tydée et Pp- » lynice se mettent à crier qu'il faut donner un as- » saut général. Le combat s'échauffe. Les soldats » tombent de part et d'autre. » L'officier fait ici un ^détail d'actions très-vives à la façon d'Homère. C'est un siège à l'antique. Voici un exemple. « Ca- » panée applique une échelle , et jure que la fou- }) dre même ne l'empêchera pas de prendre la ville » d'assaut. Il monte à travers une grêle de pierres, » dont il se garantit en se couvrant de son bouclier. » Il atteignait déjà aux créneaux. Jupiter le frappe » tout à coup du feu du ciel , et la terre s'ébranla » d'une manière effroyable. Ge guerrier est déchiré » en morceaux ; ses cheveux voltigent en l'air : son » sang coule à terre ; les pieds , les mains tour- }) naient çà et là ; et l'on voit son cadavre enflammé » tomber en forme de tourbillon. C'est un autre )) Ixion sur la roue. Adraste, qui voit que Jupiter »lui est, contraire, fait sortir les assiégeans du » fossé^ etc.»
TRAGÉDIE 0'euBIPID£. 3j
L'envoyë ajoute que les assièges , encouragea par ce prodige, font brusquement une sortie avec de k caT£^lerie« <( Ils fondent sur lés assiëgeans ; ils » brisent leurs ehars ; ils cduTrent la campagne de » morts, fet délivrent Thèbcs. o Dans ce récit , qui est long , on dépeint bien l'activité d'Etéocle qui se trouvé par - tout , et qui porte à propos du secours où sa présence est nécessaire. OtL représente encore avec feu les chars fracassés , et les monceaux, de morts.
Jocâsté, en Técoutant, goûté une joie digne de Son double cai^ctèrej elle esi mère et reine. L'Etat est sauvé et ses fils respirent ; elle ne plaini que Gréen, à. qui il eh a coûté un sang bien cher pour le salut de Thèbes. Mais comme elle veut savoir la suite ée$ évènenïens , et la dernière résolution à'Eiéocîe et de Polynice , l'offièie^ lui dit : a Ma- » dame , n'en demandez pas plus ;• jusqu'à présent » tout a. é*é heureux pour vous. » Ce mot anibigu picjue de plus en plus la curiosité de Jocaste. Elle presse Fenvoyé dé parler. «Que vouleaS-Voùs » dsfvanta'^e ? répxmd-il, les pt'inces vus ehfans » vivéÉtt . »
JOCASTI.
Je veux savoir, en un mot, si l'issue est aussi teureuse que le combat.
L^omciER.
Laissez-moi partir, madame, Etéocle est san»
écuyer.
Il a beau feindre et se défendre de parler; Jocaste l'y contraint. Il avoue ^ue les deux princes sont convenus d'un combat singulier. « Etéocle » du haut des murs a fait faire silence , et a parlé )) en ces termes : Braves guerriers , qui êtes venus )) en ces lieux , et vous , Thëbains , écoutez-moi : » ne prodiguez plus vos vies en faveur de Poly- » nice ni d'Etéocle. Il n'est plus question de vous » exposer à des périls dont je vous tiens quittes. S) Je veux combattre seul avec mon frère. S'il » meurt de ma main, je régnerai sans rival ; et si )) je suis vaincu, je lui cède le trône. Argiens, » au lieu de périr en ce lieu , retournez dans votre » patrie; et vous, Thébains, c'est assez du sang » que vous avez versé pour moi. Polynice accourt » et souscrit à cet accord. L'une et l'autre armée ») y applaudit. On fait une trêve , et au milieu des » deux camps , tous les chefs font serment de s'en » tenir à des conditions si justes " . Les deux prin- ' » ces vont aussitôt se revêtir d'armes d'airain. Les » Thébains environnaient Etéocle pour l'armer , » et les Argiens faisaient de même à l'égard de )) Polynice. Les deux frères ont paru en présence » l'un de l'autre , sous leur armure brillante , et » ils n'ont point pâli. Ils brûlent d'ardeur de com-
' On dirait que c'est Ménëlas et Paris qui se disposent au combat : toute cette description est imitée du troisième liyrc de Vltiad» d'HomèrQ.
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)) battre. Les guerriers les exhortent de part et » d'autre à soutenir leur gloire. Polynice ! di- » sent les uns , l'honneur des Argiens» est entre » vos mains. C'est à vous d'élever à Jupiter une » statue pour monument de votre gloire. Allez. » disent les Thébains; allez, brave Etéocle : son- » gez que vous combattez pour la patrie , que jy vous êtes vainqueur . et que vous régnez. Tels >3 sont les discours qu'on emploie pour les animer o) au combat. Les prêtres sont occupés à interroger » les entrailles des victimes, l'extrémité des flam- » mes et les autres indices , dont ils tirent des » présages pour la victoire ou la défaite des corn- ^) battans. Pour vous , madame , si vous avez quel- » que ressource dans votre prudence et dans l'art )) des enchantemens , allez , détournez les princes )) d'un si horrible combat. Près de perdre deux » fils en un jour , ne négligez rien : le péril est )) certain pour eux , et la victoire ne saurait être » que funeste et douloureuse pour vous« »
Jocasle, sans répondre à l'officier, qui n'a peutêtre que trop différé à lui dire une chose si essen* tielle , fait appeler Antigone. Cette princesse vient toute effrayée. Jocaste lui apprend que ses deux frères sont sur le point de s'entr'égorger. « Allons , )) dit-elle, nous jeter à leurs pieds. » Antigone , avant que de savoir nettement de quoi il s'agissait, faisait quelque difficulté de paraître à la vue des
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éetcx camps. Telle était la pudeur ella bieBsisànee de des temps^là y dtml le» peëtes gtpss nons doii'vent de fmqaeM exemples Mais dès qiie la» psîn^ cesse apf rend ^'il ïi'y » pas un maBient à perdre ^ et €pké toizt est désespëvé si elle ne volid vers 906- frèireS'^ elle est la premièfe à pressM la reîn« 98 mèse de lAait^ker sseâs déiaà. Joeaste h» presse à s«n tn^t^ de la Siime à graaids pors^ «e Povir peu »^xxë ymx^ t3ktAiét , e'en est faît^ Bons^ somnses 13^ ^efi&aës, et ^^:mS' me t^xfrea» espiref sttv tos frères ^môrts. »
Le$ Fhéiiici^iaes i^bubl«!ttiî la frayeur et la c^i'ïôsiité du ^<!t^fcru]? pàs^ des exeknxaùiKffS' d« dmtui» és dd tri^tesM ^£ etpnit»€dit les seutîMéns dé Fâteisêttïtblét* ^ Mâlbetu'eiiwe méve ! eufatts déi> plot^blcis ! ^ dea de^>!i ^ bai^âiêifj^ dasKsle^ang j^ de? sô» frère ? Qui de» deux doîs-j« pleui^er? » €es^ exi:;kxx]Satîdfi«^ acc^i^âpsiguëe» dé^ beâ)u^i^up d^an#ip«^ ^ Sdiit ^â^côi^ beàucocip plu/s> vif eà qpue notre miamére Vké peut kfs^ rep^ése^^ôr.