ACTE IV
Le quatrième acte est très-singulier par l'extravagance qui y règne d'un bout à l'autre. Ce sont deux scènes, l'une de la confidente, et l'autre de Médée. Celle-là vient annoncer que sa maîtresse est occupée à des enchantemens magiques ; mais comment Tannonce-t-elle ? Par la description de quantité de serpens , d'insectes et de monstres que Médée fait venir en un instant des deux bouts du monde. Ensuite elle décrit les herbes venimeuses qu'elle emploie, sans oublier, je pense, un seul de tous les pays o*u il en croît. Nous avons vu ailleurs ces sortes de descri[|tions gé(^raphiques. C'était le goût du siècle de Sénèque. Il a pris ici cette mauvaise fécondité d'un endroit d'Ovide qui fait précisément la même chose au. septième livre des Métamorphoses» C'est bien sans contredit de l'érudition perdue.
Postquam evocavît omne serpentum genus, Congerit in unum frugis infaustae mala } Quaeconque générât inrius saxîs Eryx , Quae fert opertis hieme perpétua jugis Sparsas cruore Caucasua-Prometheï ; Phauretrâque pugnax Medos, aut Parthus lerl* j Et queb sagîttas divites Arabes linont :
Z86 VÉDÉE )
Anl qoot skib axe irîgicU» succos legunt Lucis Suevi nobiles Hercjniis.
Quodcumqae telius vere nidifîco créât ; Aut rigida ctim jam braina dlscnssit decus Nemorum , et nirali cuncta constringit gelu.
Quodcumqae gramen flore mortifero yiret , DimsTe torlis succus m radîcibas Causas nocendi gigait, attrectot manu.
iEmonios illas contulit pestes Âthos ; Has Pîndus ingens ^ illa Pangei jugis Teneram cnienta falce deposuit comam :
Has aluit altum gurgitem Tîgris premens ; Danubîns illas : hàs per arentes plagas " Tepklîs Hydaspes gemmîfer currens aqaîs , Nomeiuiue terris quî.dedît Baetîs suis '
Hçqperia pakons maria laiigueati yado , etc.