ACTE IIL
L*acte s'ouvre par un entretien entre les deux amans. Creuse ne (juitte Jason que pour aller, implorer Venus, Le prince , resté seul ', témoigne quelques remords : il frémit à Taspect de Médée , qui arrive en cet instant sur la scène : il veut fuir, elle Tarrête , lui parle avec douceur et tendresse , et le supplie de lui laisser ses fils pour la consoler dans sa misère ; elle essuie un nouveau refus^ Qu*eût-elle fait si Jason lui eût accordé sa demande ? Sa vengeance parait déterminée par ce refu*. Xjc regret d'être ^ëparëe de «es etifans ^ peut41 égarer à oè point le coeur d*une mère? Quoi qu'il en soit , Jason refuse ; Médée dissimule : elle recommande ses enfans à la tendresse de leur père ^ et fait ses adieux à son époux , du ton le plus doux et le plus aflFèctueux. Jas6n , qui devrait mieux la connaître , se perenade trop aisément que Médée, qu'il vient devoir violente et furieuse, est devenue tout k coup tendre et soumise : il assure qne le Umps zie re£&cera jamais de son souv^ir.
B tort.
Médée , plus terrible encore par ia contrainte qu'elle s'est faite , se prépare à invoquer les diviîiités infernales. Elle décrit à sa confidente une
t;ràgédi|s de longêmerre, 32 i
robje que sa mère reçut jadis du Soleil , comme un présent nuptial. Cet astrç brillan^ s'est.plu lui^ même à l'embellir y
Et semble aydir mêlé , pour enrichir ses dons , Le feu de Sa lumière à Foi» de ses rayons.
Elle va eiiàpoisohner cette robe , et l'en^wyer à Creuse. Elle se seul déjà en proie aux fureurs infernales, 'et sort en s'écrtant :
Terrible dieu du Siyx , je marche sur tos pas 5 Bans ce pressant besoin ne m'abandonnez pas.