ACTE IV
^ason et les vieillards de Colchos ; Jascm et ses enfans occupent la scène quelques instans; enfin, Médée arrive : elle s'arrête à la vue de Jason.
MÉDÉfi.
Voilà donc celui qui connaît mes vertus, et qui les méprise....,.. Calme-toi, cœur superbe j cesse d'agiter mon sein : il faut t'humiliejr.
Fille d'Àëtès, vous ma voy^es prompt à me rear
dre à vos ordres.
JêtDétf
Il fut un temps où Jason venait s^ns être appelé ; sans autre invitation que cf lie de l'aaour.r.
346 MÉDEÈ^
Mais pourquoi retracer à mon esprit le tableatt d'un bonheur qui n'est plus ? O déchirant souvenir ! ô Jason! Jason!...
JABOVk
Achevez.
MÉDÉS.
Je ne puis.
Elle se jette à ses pieds avec ses énfans : « Vois , ^) dit-elle, vois la fille du Soleil implorer la pitié ^) de rhomme qui Ta méprisée. » Jason , désespéré, invoque la vengeance de Junon, et pour
toute réponse , s'écrie : « Creuse est mon
s> épouse ! » Médée , frappée comme d'un coup de foudre, reste immobile, ne prononce que quelques paroles entrecoupées; sa raison s'^are; elle méconnaît Jason. Dans son délire, elle se croit à Colcho.s : un vaisseau s'avance sur la plaine liquide; il en sort un guerrier plein de grâce et de majesté. Toute l'histoire de la toison d'or s'offre à ses yeux; elle en fait un très-beau tableau, auquel on ne peut reprocher que d'être trop régulier pour un accès de folie. Le désespoir de Jason rembrunît cette scène d'horreur. Médée sort. C'est dans cet instant que l'ofiScier » chargé des ordres de Créon ,
^ Cet officier , qui se nomme Lycandre , est frère de la prétresse. Il joue un rôle à peu près nul ; nous ayons évite de h» nommer pour ne point surcharger cet entrait. Les pièces anglai-^ jjjïs. offrent, comme on sait, beaucoup d'incideus , et nous ne de*
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vient pour les faire exécuter, et pour presser le départ de Mçdée. Le roi paraît bientôt lui-même , inquiet de l'absence de Jason. Celui-ci lui déclare nettement que tous les liens qui l'unissent à sa fille, ne sont plus rien pour lui, qu'il les rompt, et renonce à tous les avantages de son alliance. Le roi, outré de cet affront, menace' de venir arracher Médée du temple à main armée. Eson fait de vains efforts pour ramener son filsj il finit même par se rendre à ses raisons. ^ ^