SCÈNE IV
LE CffŒUR 5 seul '.
Les fleuves remontent vers leur source, la jus-
' Crëon , roi de Corinthe , était fils du brigand Sisyphe.
^ Médée reste peut-être sur la scène , inais dans un état de profonde rêverie. Pendant V^ntervalle de ce chant et de la scène qui le précède , il parait que Çrçon informe Jason de l'entretien qu'il a eu avec Médée.
38o UÉDÉE,
tice est anéantie , l'ordre établi par les dieux est troublé , la nature est bouleversé ; la perfidie est l'apanage des bommes , la foi des dieux n'est plus respectée, et la renommée s'empresse de rendre hommage à notre sexe : les femmes vont être cou«> vertes de gloire ; leur honneur ne sera plus flétri par des discours injurieux.
Les muses ne chanteront plus nos infidélités.. Ah î si Phébus nous eût enseigné les savans accords de la lyre , les hommes n'auraient pas été épargnés dans nos chants ; nqus n'eussions pas plus qu'eux manqué de sujets de reproche.
Dans quel transport de délire as-tu quitté la maison paternelle , et franchi les rochers qui ferment l'entrée des mers, pour habiter une terre étrangère , où tu te vois abandonné par un perfide époux , bannie et déshonorée ?
La foi sacrée des sermens n'est plus respectée; la pudeur outragée abandonne à jamais les illustres régions de la Grèce , elle a pris son vol vers les. cieux. Et toi, infortunée !. lu n'as plus de père pour te tendre les bras , pour t'accueillir dans ta disgrâce , lorsqu'il te faut céder ton lit à une orgueilleuse rivale I