‹ Le théâtre des marionnettesChapitre 117 sur 135 · EN UN ACTI · texte numérisé non relu

EN UN ACTI

Caaligat ridendo mores.

Jon6 pour la premiere fofs k Paris, le 8 fdvrier OBA

PERSONNAGES

MM.BALANDARD

DUFIGNON, d^put^.

MADAME DUFIGNON.son 6pou8e.

MADEMOISELLE VIRGI- N I E, leur fille.

Une BOIfNE.

Le Pompieh.

La sc^ne se passe k Jovisy, en i884.

D*ua o6t^ k droite du spectatear, une salle k manger. Pendule, dressoirs, assiettes et appliques aux murs. Au fond, grand vitrail avec porta k deux battants ouvrant sar un jardin. Au milieu, une table sur laquelle le convert est mis. Chaises k Yolont6.

De 1 autre c6td k gauche, un cabinet de toilette servant d*offlce. Garde-manger suspendu ua plafond, quelques rayons sur lesquels sent des pots de confitures et des livres et une guitare attach^ par un cloti. Au fond, un sifege avec trois trous reconverts d'un couvercle;au dessus, sur le mur, trois Etiquettes sur lesquelles on lit: monsieur, MADAMB, MADEMOisiLLK. Acce>soires, comme balai, cruche, eic. Les deux pitees communiquent par une porte vitr^. II fait jour.

sc£:ne premiere

BALANDARDy entrant par le fond dans la talle A manger.

BALANDARD, au public.

Mcsdames et messieurs, Tusage du prologue dans les pieces du th^tre raoderne s'est generalement perdu. II n'est plus de mode! C'est peuMtre un tort; car il

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est plus facile pour Tauteur d'un scenario d'exposer les personnageSy T^poque et les lieux de raclion, que de faire trois oa quatre scenes prellminaires qui font longueur. 11 est plus agr^able aussi pour le spectateur aussi intelligent qu*6clair6 auquel j'ai affaire, de savoir tout de suite de quo! il est question. J'entre done en mati^re, sans plus de pr^mbules. Je me notnme Pierre Balandard. Yous me connaissez tous, n'est-ce pas? assez! Nous sommes k Juvisy (Seine-et-Oise), station de Paris a Orleans (20 kilom.)* renomm^e par sa bifurcation du chemin de fer de Gorbeil et par sa caserne dc gendarmerie. Nous sommes done k Juvisy chez M. Dufignon, fabricant d*engrais naturels, depute de Seineel-Oise, lequel habite avec madame Dufignon, son epouse, et mademoiselle Virginie Dufignon, sa fille, cette villa qui parait aussi riante que confortable. J'ai rencontr^ cette jeune personne tout recemment au bal de la presidence. J'ai piqu^ une polka avec elle; je ne lui ai rien dit par convenance. Elle ne m*a rien r6poniu par le mdme motif, mais elle m'a plu ; oui, Virginie m'a plu, et com me j'ai fait le sacrifice de mon c^libat et que je me suis decide a associer k ma vie une compagne, que Ton dit intelligente, laquelle, du cdte plastique, ne laisse rien a d^sirer, j'ai fait ma demande au pere et j'ai 6t6 agr66 par lui-m6me. Aujourd'hui, je dois ^tre pr6sent6 k la m^re et je vais pouvoir faire part de mes sentiments a la fille. J'ai apport^ un bouquet de bleuets, couleur d'esp6rance, et je voudrais qu'elle devinSt I'azur de mes sentiments en le trouvant a sa place, (n cherche tur la tabu.) Aucuu iudico pour savoir oh elle se met a table. OCi deposer ce bouquet?

(n ra et rient, puis entro dans Toffice.) TieUS, Cabinet de lollette ■et le reste ! (ll m les dUqaettes.) MONSIEUR, MADAME,

MADEMOISELLE. Voila bicu uuo idec de fabricant de guano! C'est un bommed'ordre. Mais voila mon affaire!

SCfeNE DEUXifeME. 331

Le troisieme i droite le trou favorl de la jeune personnel

(u pose son bouquet Bur b coueercle.) (Id y esti maintenant,

filons. II est encore trop tdt pour me presenter; je vais faire un tour dans le pare, qui me parait planlureux !

11 sort.

SCfiNE II

La Bonne bal«ye dans la salle A manger, ^pouss^te arec un plonieau dans r office, puis pose un caft ait laii. MADAME DUFIGNON, entrant par la porte de e6t£ Jans la sella h manger.

MADAME DUFI6N0N.

Marie ! . . . Marie I . . . Elle ne r^pond pas ! . . . (siie tncre dans lofflce.) Marie!... que faites-vous?

LA BONNE

Mais rien, madame Diifignon, j'apportais voire cai^ au lait.

MADAME DUFIGNON.

C*est bien! j'ai une faim que je n'en vois plusclair; mats pourquoi ne r^pondez-vous pas, quand je vous appelle?

LA BONNE

Yous appe^ez Marie et je me nomme Bamboula.

MADAME DUFIGNON.

Toules mes bonnet s'appellent Marie, ct je snis habituee a ce nom-la! M. Dufignon est-il revenu de Paris?

LA BONNE

Je n'ai \u personnel

MADAME DUFIGNON.

Ah! 11 tarde bien! Qu'est-ce ga veut dire. Ua bouquet sur le couvercle de ma fille ?

LA BONNE

Je ne sais pas madame^c'est peut-^tre un amoureux pour mademoiselle.

MADAME DUFIGNON.

Pourquoi cette supposition saugrenue?

LA BONNE

A moins que ce ne soit pour madame, qui n'est pas encore d'&ge A faire fuir un homme.

MADAME DUFIGNON.

Tais-toi, fille du desert; va me chercher ma fille, je veux une explication.

LA BONNE

Yy vais, madame.

Elte sort.

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