SCENE NEUVieUE
MlDAKB DDFIOHOM.
U n'est pourtant pas truS%.
BALANDARD
C'est du fnisan ? Je ne I'aime pas.
MADAHE DDFIGNOH.
Uais oon ; c'est du poulel. U est frais commc I'feil, Le garde-manger est tr^s bien aer6.
BALANDARD
Je ne dis pas noa; mats I'imotion... ne faitea pas altenlion,
DUFIGNON.
Je te diaais bieo, ma petite femme, que noire gendre £lait ir^ diflicilo!... Si on allait chercher autre chose? Boule-de-Neige, apportez ie pflt^ !... (l« bonne eni»>e le podm
el pwe le pM lor 1> Ullle.) MoD bOH ami, UDe tTBDChe ? BALAHDARD.
Non, merci 1 rien, j'ai tini. Je suis tr^s sobre.
VIRGINIE
Monsieur a raison ! La sobri£l4 est an brevet de longue vie. Le poulet, c'est fade. Voub cro^ez manger de la volaille et votis ingurgitez un melange d'(Ubu~ mine, de phosphate de chaii.T, de fihrine, de edhilose, qui n'est d'aucun profit. MuiigsK du poulet tous les jours Gt rous mourre?, du diabile.
Le diabilf Y
maladie du jour, (ivs curieusea^tudier,
. C'est juslenient le sujet de ma
g^n^ral. Mangcz du bceuf pour
'Uriel et douner de la force aux
fUA, (H eugraiaae, je vous recom-
mande le lard qui fait grossir Ics os el embaum^ les viscires.
BALANOAKD.
Soil I pour V0U8 faire plaisir.
VIRGINIE
Passez-moi Vhydrocli$e.
BALANDARD
L'hydro-quoi ?
YIEGINIE.
La carafe, ^a vieot d'hydro, eau en grcc, et de dyw, je coule, 6dulcorez avec un peu du conlenu dc cette
BAI.ANDARD.
Enoch I c'est de I'histoire sainte ?
VIRGINIE
Oh I je ne Tai jamais apprise... CVsl un pcu naif 1... Mais il ne s'agit pas d'Enoch qui fut transports au ciel. La Bible ne dit pas dans quelle partie; cequi est vague...
MADAME DUFIGNON.
Mais c'est au paradisi
VIRGINIE
Ou prenez-vous ce pays illusoire ?
MADAME DUFIGNON.
Cest le sejour des bienheureux, & la droite du Seigneur, entour6 de ses anges et de ses apdtres.
VIRGINIE
Connais pas ga!... Passez-mol cette amphorey que le vulgus nomme bouteille, et versez dans mon cratere cet anudgame de protoocyde d'hydrog^e^ d'aicool et de tannin telnte d'adde oxcUique.
MADAME DUFIGNON.
II n'y a pas besoin de tant de mots pour dire du vin.
SCfiNE NEUVlfiME. 347
DUFIGNON.
On est bien oblige d'en fabriquer depuis que le phylloxera a detruit la vigne.
VIRGINIE
Ah I vous croyez au phylloxera, mon pere! Vous 6tes naif! li n'existe pas. C'est un pretax le pour les pro* prietaireSy afin de vendre leurs falsifications plus cher.
BALANDARD, reculant sa chaise.
Vous ^tes parfaite, accomplie, ^palanle t
Vous ^tes epanaleptique,
BALANDARD, se rapprochant.
l^pileptique ? moi, jamais!
VIRGINIE
Je veux dire que vous vous repetez.
BALANDARO.
Qui, je rab&che. Je vous avoue que je ne comprends pas t^ujours vos mots savants.
VIRGINIE
De votre c6t^, vous parlez une langue d^pourvue d'el6gance ; je vous le dis sans metabase,
BALANOARD.
Metabase I
VIRGINIE
Qui ; c'est-a-dire, sans drconlocution, ex abrupto,
MADAME DUFIGNON, se leTant.
Je crois que nous ferions bien d'aller prendre le caf6 au salon.
VIRGINIE
Ma foi! moi, je reste avcc les hommes. Nous avons et4 assez serieux, nous aliens fumer et diredes b^tisesl
BALANDARD
(la me va !
348 ZUTI
MADAME DUFIGNOX.
Oh ! f umer I pas ici, I'odeur du tabac reste dans les lentures.
VIRGINIB.
Mais I'odeur de la nicotine chasse les microbes, ces invisibles qui, par I'aspiration de nos organes respiraloires, s'introduisent dans nos visc^res et sont le germe latent de toutes nos maladies.
DUFI6N0N.
Raison de plus pour fumer, une fois n'est pas coutume. (a sa femme.) Viens, bobonnel
MADAME DUFIGNON.
Mais ce n'est pas convenable de les laisser t^te a
DUFIGNON.
Si fait! il faut qu*ils se connaissenti
lis Bortenl an fond.
SClfeNE X BALANDARD, VIRGlNlE.
VIRGINIfiy ft Balandard.
Puisque ma m^re ne veut pas qu'on fume ici> venez done, j'ai dcs cigares par \a,
EUe le fait passer dans le cabinet.
BALANDARD
Ou m'entraioez-YOus?
Dans mon cabinet de travail. G'est en m^me temps le garde-manger.
BALANDARD
Ah! bien, je m'expllque le goi^t du poulel!... liens!
une guitare? (Grattam snr les cordes.) VoUS CU plucez?