ACTE'DEUXifeME
champs de TArcadie ! 6 terre bien-aimee !
Je ne reverrai plus ta rive parfam^e, Tes plaines z-o^ le thym sail donaer au mouton Un goiit de pr^sal^, o(k le miel est si bon I mes petits agneaux ! 6 mon petit Tityre I Lycophon m'emmena) triste, sur son nayirSi £t les flots ont port^ jusqu'ici ma douleur I
TITUS
Assez, jeune fille, ta tristesse me navre (ii lui essoie let yeax.) Console-toi, je compatis a ton infortune. Nous chercheroDs Tityre ensemble. Ne me quitte plus. Je te prends sous ma prelection, et si nous ne trouvons pas Tityre, je te ferai un sort. Je ne suis pas fier, va I
LYCORIS
Oh I Cesar, tu es grand, noble, g^n^reux et pas fier surtout : car je ne suis qu'une miserable esclave, vendue a prix r^uit, et tu daignes me parler, me prot^ger et m'aider a letrouver celui que j'aime.
TITUS
Que veux-tu ? Je suis comme ga !
TITUS, chantanl sur Fair de Lodoiska,
Y en a qa'ont d'la yanite, Moi, je n^en ai gn^re, Mais j'ai beaucoup de bonte.
— Vli mon caracl^re
Quand je o*peux pas aux passants
Payer un p'tit verre, J'trouve que j'ai perdu mon temps,
— V'l^ mon caractere
Je protege la beauts ;
Mais toujours en pdre Et jamais par volupte.
— Via mon caractere I
74 LA CLliMENCE DE TITUS.
SCfiNE VI TITYRE, LES Prjsc^dents.
TITYRE
Lycoris, lu es libre. Tout est expliqu^. Mamillarus mc reconnait pour son fils et Camulogene t'adopte comme 6tant sa fiUe.
TITUS
Mors ! je n'ai plus k faire que lea frais de la noce ?
TITYRE
Quel est celui-ld? Encore un p^re ?
LYCORIS
Oui, le pere du peuple, Cesar.
Hamillarat:, Maiiiillara, Gnmulog^ne, les Licteurs, Pelliculus, tous enlrent.
TOUS
Ave CcBsar, populus senatmque te salutant,
TITUS
Merci, amis, merci 1 Livrez-vous a la joie. Lycoris a retrouv6 son Tityre et vice versd, Panem et Circenses!
MAMILLARUS.
SI tu tardes tant, 6 Cesar, les rognons de centaure vont refroidir.
TITUS
Passons au triclinium, les rognons de centaure rechauffes n'ont jamais rien valu.
PELLICULUS.
Arr^tc, 6 C^sar !
TITCS.
Quoi, encore?
PELLICULUS*
Tu as une meche de cheveux qui depasse.
ACTEDELXIEME. 75
TITUS
Coupe-la, je t'en fais cade.ui.
LYCORIS
Oh ! Cesar, donne-la-moi !
TITUS
Elle est 4 toi. Je ne suis pas tier, va!
Laisse-mot pour Tinstant m'adresser an public. Je suis, je le sais bien, un empereur tr^ chic, Un vrai beurre de prince, une meringue d'hommc, Un Sucre de C^r, une merTeille en sooime ; Mais Yous 6tes aussl de tres honn^tes gens, Des spectateurs exquis et pas trop exigeants. Si YOUs Youliez, braYant la morale s^v^re, Nous irions tous en chceur licher un petit Yerre Chez le tabernarus qui d^taille aux passants Du falerne excellent et doux, chez qui je prends Un potage parfois et parfois mon absinthe.
Yous n'aYez pas le sou? Tant pis! Yenez sans crainte Je ne m^prise pas ceux qui n'ont pas de quoi. J'ai Toeil dans la taYerne. Je ne suis pas fier, moi ! Si d*hasard, yous ^liez un tas de rien qui Yaille Qa m'est encore egal. J'aime asaez la canaille. Elle a pour s'amuser plus d^esprit que ma cour. Seigneurs ! YiYent le yin, les danses et Tamour ! N'allez pas yous g^ner et faire des manieres; J'aime les bons YiYants, c'est dans mon caracterc. J'aime les jupons courts^ courts comme mes cheYeux Ges fleurs de mon parterre I Riez, dansez, je vcux De Yos petiis pieds blancs jsuiYre la folle danse Et Yider quelques coupes en suiYant la cadence : Je suis un rigoio, mesdamesi Eh bien, quoi?
Je me moque da tout. Je ne suis pas fier, moi!
Au rideaa. — Baiwer le premier rideau, baiseer le troisidme rideau et relever le pranier rideaa ; il n*y a plus personne en sc^ne.
LE CORYPHEE, entrant.
Seigneurs, messieurs, citoyens, belles et jeunes Co-
rintbiennes, la piece que nous avons eu rhonneur de repr^enter devant vous est de M. Balandard, qui a bien voulu se cbarger de remplir lui-mSme, le rdle si d^licat, de C^sar. Les vers sent presque tous de notre bien-aim6 po^te, Armandus Sylvestris (tenui musam meditaris avena), Plaudite, Gives HI Ge qui veut dire : Applaudissez, citoyens!
Au velarium, c'est-a-dire au rideau.