SCENE DIXIEME
LA REINE
Non, nous sommes toutes demoiselles.
ANSELHE.
Mais alors^ comment s'op^re la reproduction de Tesp^ce lunarienne?
LA REINE
Par bouture.
ANSELME
Par bouture? Je ne comprends pas.
LA REINE
Cest bien simple. Quand on cprouve le besoin d'une amie, on se casse une dent, on la plante, on Tarrose avec certaine preparation ; elle prend racine, pousse, et on Tarrache quand elle est devenue une personne dou^e deraison. Du reste, les dents ne sontfaites que pour ^.
ANSELME
Eh bien, et manger?
LA REINE
Manger? A mon tour de ne pas comprendre...
Pour vivre, il faut manger. Comment vivez-vous?
LA REINE
Mais comme vous, je presume : en respirant des
Odeurs... (Ronnements de tam-tam. L'n bruit sourd se fait entendre.)
Ah I c'est le vent souterrain qui annonce Tarrivee de notre ennemi.
LES POUPEES, courant 6pouyant6es et criant ensemble.
Oil nous cachcr?... Reinel sauve-nous du terrible Angramanyou !...
- LA REINE
Venez ic\, mes compagnes ! Anselme, cache-les !
ANSELME
Venez, venez, petites peureuses! Cachez-vous dans mes poches... Et vous, madame la reine, voici une jolie place bien chaude, sur mon coeur, dans mon gilet.
Toutes se glissent dans les poches d'Aneelme et digparaissent. Flanimes au milieu du thdatre ; coups de tam-tam.