SCÈNE IX
CURCIO, JULIA, ARMINDA, EUSEBIO, caché.
AR.MINDA
Si le courage qui emplit ton noble cœur, si l'expérience que te valent des cheveux blancs, objets de nos respects, ne te font point défaut, seigneur, ou ne refusent pas leur assistance, le malheur qui approche sera lépreuve de ta constance et de ta fermeté.
CURCIO
Quel motif tamène, pourquoi interrompre ainsi notre entretien?
ARMI.NDA
Seigneur...
CURCIO
Achève, le doute est la pire blessure.
Parle, quelle raison t'arrête ?
ARMINDA
Ma voix se refuse à dire ma peine et ton malheur.
CURCIO
Ne crains pas de me les annoncer. Est-ce que je crains de les entendre ?
ARMINDA
Lisardo, mon seigneur...
CURCIO
Suprême disgrâce !
ARMINDA
Lisardo, baigné de sang, couvert de blessures, est apporté sur une civière par quatre bergers de la mon-
tagne. í)ieii. prcnoz-nous en pitié! Tn for homicide a servi les desseins de la mort. Mais il approche; détourne les re^^ards.
Cieux ! Fallait-il tant de douleurs pour accabler un infortuné! Malheur, malheur sur moi!