‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 136 sur 181 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

CURCIO, JULIA, ARMINDA, EUSEBIO, caché.

AR.MINDA

Si le courage qui emplit ton noble cœur, si l'expérience que te valent des cheveux blancs, objets de nos respects, ne te font point défaut, seigneur, ou ne refusent pas leur assistance, le malheur qui approche sera lépreuve de ta constance et de ta fermeté.

CURCIO

Quel motif tamène, pourquoi interrompre ainsi notre entretien?

ARMI.NDA

Seigneur...

CURCIO

Achève, le doute est la pire blessure.

Parle, quelle raison t'arrête ?

ARMINDA

Ma voix se refuse à dire ma peine et ton malheur.

CURCIO

Ne crains pas de me les annoncer. Est-ce que je crains de les entendre ?

ARMINDA

Lisardo, mon seigneur...

CURCIO

Suprême disgrâce !

ARMINDA

Lisardo, baigné de sang, couvert de blessures, est apporté sur une civière par quatre bergers de la mon-

tagne. í)ieii. prcnoz-nous en pitié! Tn for homicide a servi les desseins de la mort. Mais il approche; détourne les re^^ards.

Cieux ! Fallait-il tant de douleurs pour accabler un infortuné! Malheur, malheur sur moi!

Page 1