DOÑA ANA DE TRE^'L\0, UN PRÊTRE, SERVITEURS
LE PRÊTRE, à D. Ana sur son lit. Si vous êtes fatiguée de rester au lit, vous pouvez le quitter et vous asseoir dans cette pièce.
ANA
Elle est mal partout, celle qui ne peut trouver nulle partie repos.
LE PRÊTRE, aux serviteurs.
Apportez des sièges.
ANA
C'est sûrement votre obstination, Père, qui m'a jetée froide, inerte et glacée sur ce lit, c'est elle seule qui ma tué. Ne me fatiguez pas et ne vous fatiguez pas à me persuader le contraire, je ne suis pas si sensible que les larmes puissent me toucher.
LE PRÊTRE
Toute la vérité du ciel proteste contre tes mensonges. Le pouvoir de Dieu ne connaît pas de limite et, en connût-il, que la plus petite parcelle suffirait à sauver les plus grands criminels. Dieu est le bien infini et auprès de lui tout ce que tu vois et imagines est un infiniment petit.
ANA
Tous les attributs de Dieu sont égaux. Je ne vous entends pas, ni ne veux vous entendre. Tuez-moi et mariez-vous avec votre opinion. {Ironique.) Il serait
LE TRUAND BEATIFIE 127
bien que Dieu ne s'arrête à aucune considération et sans motif, sans prétexte, pardonne à une aussi grande pécheresse ! Il ne saurait commettre des fautes et, ainsi, il ne commettra pas celle-là.
LE PRÊTRE, t7-ès hciut et cVuii toii indigné.
Est-il une folie pareille ?
ANA
Ne criez pas, ce serait vous épuiser sans résultat ni profit.