‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 77 sur 181 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ENRICO, GAL VAN, tous deux avec une épée et un bouclier, OCTAVIO, LISANDRO, CELIA, LIDORA

ENRICO

Que cherchez-vous ici, Hidalgos ?

LISANDRO

Nous ne cherchons rien... La maison était ouverte et nous sommes entrés.

ENRICO

Me connaissez-vous ?

LISANDRO

Voilà qui passe la permission.

ENRICO

Partez et allez au diable. Je jure Dieu, si je me fâche... laisse tes yeux en repos, Celia.

OCTAVIO, á part.

Est-il une folie égale à la sienne.

ENRICO

... Que je vous jette à la tner, bien qu'elle soit loin d'ici.

CELIA, bas à Enrico.

Mon bien, pour l'amour de moi.

ENRICO, á Celia.

Oses-tu t'approcher ? Éloig-ne-toi ou je jure Dieu que je t'allonge un soufflet.

OCTAVIO

Si notre présence vous offusque, nous nous retirons tous deux.

LISA.NDR0

Étes-vous le frèi"e, êtes-vous un parent de cette dame ?

ENRICO

Je suis le diable,

CALVAN

Et moi, maintenant, j'ai l'épée à la main. {A Enrico.) Secoue-les.

OCTAVIO

Arrêtez.

CELIA, se tournant vei's Enrico.

Mon trésor, pour l'amour de Dieu.

OCTAVIO

Ni l'un ni l'autre n'apportions ici des pensées lascives. Nous venions lui demander de nous écrire des lettres...

ENRICO

Quoi, des gens qui se flattent d'être de beaux esprits ne savent pas écrire ?

OCTAVIO

Quittez tout souci.

ENRICO

Que voulez-vous dire? Où sont ces lettres d'abord?

OCTAVIO, les remettant.

Les voici...

ENRICO, les déchirant.

Vous reviendrez plus tard. Le moment est mal choisi.

CELIA

Vous les avez déchirées ?

ENRICO

Je le crains et si je me fâche...

CELIA, bas á Enrico.

Mon trésor...

ENRICO

Je traiterai de même leurs figures.

LISANDRO

Assez, maintenant.

ENRICO

Je n^en fais qu'à ma fantaisie et n'ai d'autre loi que mes caprices et si votre grâce Seigneur Hidalgo veut se défendre, qu'elle ne compte pas sur ses jambes. Jamais je n'ai craint les hommes de sa sorte.

1 8o LE THEATRE ÉDIFIANT

LISANDRO

Qu'un homme nous traite ainsi !

OCTAVIO

Tais-toi.

Ils se vantent d'être des hommes et ont des âmes de femmes. S'ils prétendent enlever la palme et donner quelque lustre à leur nom qu'ils se garent de cette épée.

{Enrico et Galvan attaquent Lisandro et Octavio.)

CELIA, se jetant sur Enrico.

Mon trésor !

ENRICO

Éloignes-toi.

CELIA

Contiens-toi.

ENRICO

L'enfer lui-même ne m'arrêterait pas.

CELIA

Que vois-je ! Ah ! malheureuse !

(Octavio et Lisandro s'enfuient.)

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