SCÈNE XII PAULO
PAULO
Ce pâtre dont l'aspect étrange n'a rien d'humain, mais semble céleste, m'a prévenu que j'ai chagriné Dieu pour avoir manqué de confiance dans sa miséricorde. C'est clair. Et par des exemples, il m'a laissé entendre que l'homme, quand son i-epentir est sincère, trouve grâce devant le Seigneur. Donc si Enrico est pécheur, ne peut-il pas aussi recevoir son pardon? A cette seule pensée, je reconnais que mon erreur a été grande. Comment Dieu se montrerait-il clément envers celui qui aie renom — malheur sur moi — d'être lé plus scélérat des hommes qui soit né en ce monde? Pâtre, qui m'as fui, ne tétonne pas de mon effroi. Si
Enrico a éprouvé parfois quelques remords, il aurait bien pu me décharger du poids qui m'oppresse et je vivrais content. Pourquoi, pâtre, voulez-vous qu'il trouve un sûr recours dans la clémence de Dieu? O mon âme, pour lui comme pour moi, la damnation sera notre unique remède.