‹ Le théâtre en ItalieChapitre 40 sur 51 · LE THÉÂTRE EN DIALECTE EDO A R DO FERRAVILLA · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE EN DIALECTE EDO A R DO FERRAVILLA

Edoardo Ferravilla. — Les dialectes. — La résurrection du théâtre milanais. — Représentations de la Compagnie Milanaise au Théâtre Alfieri de Turin. — Le Duel de M. Cr'eme de lait. — La Classe des ânes. — Réputation et originalité de Ferravilla. — Son origine, son enfance, et ses débuts. — Soixante types ou créations. — La légende. — Une anecdote de Jarro. — Compte rendu d'une soirée. — M. Panera et Massinelli. — Ferravilla officier de la Couronne d’Italie.

J’ai gardé pour la fin le théâtre en dialecte. Le premier jour où j’arrivai à Turin, je m’informai de ce que je pouvais aller voir de plus curieux au théâtre.

— Allez voir Ferravilla, me dit-on aussitôt.

— Qu’est-ce donc que Ferravilla ? répontlis-

jc. Une pièce, un homme, une femme?

— Comment? vous ne connaissez pas Ferravilla?

— J’avoue qu’à ma très grande confusion...

— Ferravilla est l’âme du théâtre milanais; il en est le rénovateur. C’est un type unique, inimitable...

— Ne dites-vous pas du théâtre « milanais » ?

— Certainement ; allez le voir, vous passerez une soirée bien amusante.

J'ai toujours en horreur, et dans tous les pays, les dialectes. Comme si ce n’était pas déjà assez de bien comprendre les langues-mères ou fondamentales ?... Or voici que cette langue italienne, pourtant si belle, se complique de dialectes ; Ferravilla joue en milanais, d’autres en vénitien, en piémontais, en napolitain, etc.

— Mais, objectai-je, il y a cinq ans j’ai fait un assez long séjour à Milan et je n’ai jamais vu ce Ferravilla.

- — Peut-être bien, répondit mon interlocuteur, car Ferravilla voyage avec sa troupe toute l’année. Il est quelquefois deux ans sans jouer à Milan.

— Comment ? Dans toutes les provinces il joue en milanais?

— Sans doute, c’est sa spécialité. Ne sommesnous pas ici en Piémont?

La réponse était convaincante, et ce n’est pas un des moindres étonnements d’un français sortant de ses frontières que de s’entendre dire qu’en Piémont on joue en dialecte milanais ou qu’à Milan, une troupe vénitienne fait de l’argent. Je vois difficilement, chez nous une compagnie dramatique provençale allant passionner

les bas-bretons, on réciproquement. Il faut cependant en prendre son parti. Nous irons donc ce soir faire connaissance avec Ferravilla, car l’affiche du théâtre Alfieri nous annonce :

Page 1