‹ Le théâtre en ItalieChapitre 42 sur 51 · XX Y · texte numérisé non relu

XX Y

LE RÉPERTOIRE DEFERRAVILLA

L’Ecole des Pince-sans-rire. — Les types légendaires de Ferravilla. — Sur Pedrin, Finocchi , Tecoppa , Gù/ione, Pastizza, Massinelli, Panera. — Sobriété de son talent. — Soirée d’honneur au Fossati. — La « Scène à sujet musical ». — Minestron. — Ferravilla chantant le Trouvère. — Emma Ivon. — Sa mort. — Les imitateurs de Ferravilla. — El Nosl Milan. — Tableaux populaires. — Assez de misère chez soi ! — Un Milanais en mer. — Le théâtre dei Filodrammatici. — Les théâtres en dialecte. — Ce qu’il faut en penser. — Le Vénitien.

L’occasion désirée se présenta quelques mois plus tard, d’abord à Corne, puis à Milan où Ed. Ferravilla fit une saison de deux mois (avril et mai) au Fossati.

Ferravilla, pour le définir en un mot, est de l’école des Pince-sans-rire dont Arnal, dit-on, fut le grand chef, et Saint-Germain un des disciples. Il est de ceux qui ne rient jamais, mais qui font rire les autres avant meme d’avoir ouvert la bouche. Ajoutez à cela le côté caricatural de Baron, sans en avoir l’éclat de voix. Car ce grand garçon qui, à la ville, a parfaitement le type d’un cocher anglais de grande maison, avec

son flegme, son ulster et son inséparable pipe d’écume — oh ! combien loin d’un type italien — parle toujours à voix assez basse. Il n’est pas de ceux qui entrent ou sortent en faisant claquer les portes. Il est plutôt de ceux qui marchent sur la pointe des pieds.

Legrand mérite de Ferravilla est d’être original.

Le théâtre milanais, c’est lui.

Les types, devenus légendaires, qu’il nous présente, sont les siens :

Sur Pédrin , l’amoureux imbécile qui se fait gruger.

Le maire Finocchi, le fonctionnaire municipal content de lui.

Tecoppa , une espèce de vaurien qui a tenté en vain la fortune en voyageant. Endurci dans le vice et dans la paresse, il a épousé une sagefemme par qui il se fait nourrir, et passe ses journées au café à jouer, ou à parler politique.

Gigione , le beau baryton toscan.

Maester Pastizza, un passionné dilettante qui se fait appeler « maestro » et qui s’imagine de bonne foi qu’il fut l’inspirateur de Bellini et de Donizelti.

Massinelli, un monument de bêtise humaine, l’élève crétin, et dont le nom, aujourd’hui, en Italie, est devenu le synonyme d’imbécile.

El Sur Panera , le timide forcé de se battre.

F erravilla- •Massinelli Dessiné par lui- même.

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