VI PRÉFACE
il se meurt, il est mort, tué par les municipalités, les directeurs, peut-être aussi (quoi qu'en pense M. Baret) par quelques tourneurs.
On éprouve une certaine humiliation en songeant qu'à l'étranger des scènes provinciales ont une vie artistique d'une intensité incomparable; les théâtres propres, clairs, ont une machinerie ingénieuse, des a jeux d'orgue » perfectionnés, des décors originaux, peints par des artistes modernes. Chez nous (à de rares exceptions près), dans des salles infâmes et devant des décors misérables, quelques pauvres artistes, mal payés, sont réduits, faute de répétitions, à jouer au canevas, en improvisant des mises en scène extravagantes.
Étonnez-vous, après cela, que le public de province préfère le cinéma au théâtre !
Eh bien, il s'agit de savoir si cet état de choses va durer; si la France, qui envoie à l'étranger des artistes illustres, des pièces à succès, continuera à être mal servie chez elle. Il suffirait peut-être d'une entente entre les conseils municipaux, les directeurs, la Société des Auteurs et des groupements d' artistes pour que cet état de choses prît fin.
Il faudrait que les municipalités n'établissent que des cahiers des charges raison-