AVANT-PROPOS
On se plaisait à répéter dans Vaçant-guerre — sans d'ailleurs savoir pourquoi — qu'en province le théâtre subissait une crise. Si par là on {foulait prétendre que le public de nos départements se désintéressât de l'art théâtral, je protesterais énergiquement. Il me serait facile de réfuter les arguments, de ceux qui croyaient à sa décadence et qui en coulaient trouver une preuve dans ces faits que de nombreuses villes avaient renoncé à leurs troupes sédentaires et qu'ailleurs la faillite n'avait pu être évitée que par l'heureuse intervention d'une opérette étrangère au le bienfaisant concours d'un mécène local.
Mais, si cette assertion signifiait que le théâtre souffrît momentanément d'un malaise provenant des mauvaises conditions d'hygiène dans lesquelles il vivait, de la nourriture malsaine qui lui était imposée et de l'influence néfaste des médecins qui le traitaient, j'applaudirais en criant bien haut ma certitude d'une guérison prochaine, car, dans notre pays, on