‹ Le théatre espagnolChapitre 42 sur 77 · SCÈNE X DON GIL, GOLONDRO · texte numérisé non relu

SCÈNE X DON GIL, GOLONDRO

GOLONDRO

Ce manteau galant te sied à ravir, mon frère : maintenant il ne te reste plus qu'à épouser la demoiselle.

DON GlL

Peux-tu plaisanter ainsi, Golondro, au moment même où, par la grâce divine, je viens de donner une âme au Ciel ! GOLONDRO

Ma foi ! puisqu'il est nuit, et que nous voilà bien nippés, bien manger ne serait pas hors de propos ; et quelque casserole alléchante serait assez de mon goût.

DON GIL

Tes sottises m'irritent.

GOLONDRO

Quel mal y aurait-il ? Regarde les chats : la nuit, ils sont tous gris. (Soupirant.) Que n'est-il de même des hommes !

DON GIL Voici qu'on vient.

GOLONDRO Vite, frère Don Gil, sors Tépée.

DON GIL Es-tu fou ? Tu veux me voir, Golondro, l'épée à la main ? GOLONDRO

Non pas. Je te disais de la sortir pour Taller remiser chez quelque pâtissier, où nous la reprendrions demain.

Ces gens me regardent, au tournant de la rue ; ils me prennent sans doute pour Don Diego. Je vais à eux.

SAN GIL DE PORTUGAL 45j

GOLONDRO

Les Pléîades sont hautes au firmament, et il est très tard, comme le dit la montre que j'ai dans le ventre.

(Entrent Brito et les musiciens enveloppés de capes, coiffés de grands chapeaux.)

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