‹ Le théatre et l'architecteChapitre 11 sur 12 · Numéro de la fievue municipale du 20 février · texte numérisé non relu

Numéro de la fievue municipale du 20 février

corde. Dans le sens vrai, je dis que ces entrées peuvent être parfaitement convenables, aisées, agréables, attrayantes, et que ce n'est pas- là qu'il faut produire le monument, c'est-à-dire l'imposante, la forte impression ; c'est dans l'ensemble extérieur et dans la salle. — C'est la légèreté de ce temps de ne pas comprendre ces choses. — Partout ailleurs, si votre art veut être puissant, il faut qu'il sache donner à chaque détail sa valeur vraie et qu'il ne l'exagère pas. En quoi, du reste^ l'entrée des voitures, comme signification théâtrale, est-elle plus monumentale que l'entrée à pied? Si elle a l'importance du luxe ou de l'aisance, elle n'a pas celle du nombre. Elle doit avoir plus de confortable en fait et en apparence, parce que c'est son caractère ; voilà tout.

La composition ou plutôt le programme de l'architecte finit ici, d'ailleurs, sur le motif des accès. Le reste n'est plus pour lui que question de mérite, de savoir, d'habileté et de travail.

Mais le public, comment va-t-il user de ces dispositions? Imaginons que la capacité de la

salle a été divisée en autant de tranches v(»rticales, qu'il y a d'entrées réparties au pourtour des galeries de repos. A chaque entrée, se trouve un bureau pourvu de tous les billets des places de la tranche voisine. — Le square est ouvert, les vestibules des voitures sont ouverts, on prend son billet où Ton veut, où l'on peut, si quelque bureau a déjà épuisé les siens, et Ton entre. On se place ou bien l'on circule : la liberté est absolue; mais seulement encore dans la salle et les galeries. — La scène s'ouvre, le gros de la foule a pénétré : on ferme les portes du square, excepté une ; mais cette porte devient porte à contrôle, toutes celles des escaliers redevenant banales. A partir de cet instant, chaque spectateur entré est chezlui, et il jouit à son aise de toutes les parties de l'édifice : salle, galeries, abris et jardin, et nul n'a rien à lui dire. Plus de sorties contiiseSj plus de rentrées pénibles : partout le bien-être cherché et trouvé comme il vous plaît, partout des passages et non des portes gardées. Les escaliers tortueux, incertains,

dont on ne devinait ni le sens ni la direction et qui vous menaient, en fin de compte, au /aminoir de la porte où la contre-marque^ en vous jetant dehors, quelquefois à la pluie, vous donnait, avant de rentrer, le droit d'attendre dans la boue l'iuterminable défilé des sortants; tout cela est oublié dans le calme d'un loisir payé, que personne n'a le droit d'inquiéter.

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