‹ Le théâtre et les MoeursChapitre 11 sur 62 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

d'être obligé de conclure que, de 1852 à 1889, nous avons perdu les quelques bénéfices bien faibles que nous semblions devoir retirer de la douche inopinée de 18S2. Nous échappions alors au pathos romantique ; à quoi bon si c'était pour tomber dans le galimatias des déliquescents et décadents? La brutalité du style nous laissait espérer que nous allions recouvrer la simplicité sans platitude et la propriété de l'expression ; la brutalité des types conçus et des mœurs, qu'elle nous ramènerait la vigueur des caractères et la notion précise encore qu'un peu bornée, de la probité et l'honnêteté privées. Au contraire, nous sommes plus que jamais les esclaves de la phrase incandescente et du trope forcé; mais la phrase incandescente ne revêt que des idées froides; et le trope, tendu à Texcès, s'affadit dans la mollesse du tour. La brutalité des mœurs n'en ralentit pas le raffinement, la dissolution et la dépravation. On parle beaucoup de démocratie, on en parle certes plus qu'au temps où le sous-lieutenant parvenu épousait une archiduchesse d'Autriche ; et plus aussi qu'au temps où le poète mettait à Funisson dans une élégie superbe le cœur de Ruy-Blas et celui de Marie deNeubourg; et il est vrai que tout est si mêlé et si confondu qu'on ne pourrait plus faire, à certains moments, la différence d'une duchesse d'avec un

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