XXVIII PRÉFACE
à ces soldats de la grande armée qui, à Moscou, après répouvantable boucherie de la Moscowa et riucendie du Kremlin, charmaient leur répit en se faisant jouer le Distrait, le Jeu de V Amour et du Hasardai les Trois Sultanes. Ah! les gaillards ! ils avaient la bouche friande -yr un peu plus que les abonnées du mardi. i
Je croîs que je n'étais pas trop mal* équipé, quand j'entrai au collège royal de Dijon, sous M. Lemoine proviseur, vers Tâge de douze ans. En neuf mois, je brûlai deux classes, la huitième et la septième. Pour me récompenser de mes rapides progrès, mes parents m'abonnèrent pendant les vacances, au cabinet de lecture de la rue Chabot-Charny et me laissèrent me livrer, comme il me plaisait, à ma passion pour la lecture. Les deux premiers livres que je pris dans le tas, à l'hasard de la fourchette, furent r Officier de fortune de Walter Scott et Pierre Simple, du capitaine Marryat. Ce n'était pas trop mal tomber. Comme je rapportais à la dame du cabinet de lecture V Officier de fortune, la femme de notre vaguemestre, qui avait à la caserne une réputation de littérature, entra au magasin : « Que lis-tu là, petit? me dit-elle... Waté Sco?... Je ne connais pas cet auteur... C'est moi qui en rapporte un à la dame qui est fameux et fameusement amusant ! Tu devrais le prendre plutôt que Waté Sco. Le