XXX PRÉFACE
Syracusaînes. Je ne puis prononcer le nom de Paul de Kock sans évoquer un essaim de Nausicaas au lavoir et de Galaibées fuyant à âne vers les saules. Tout ne valait pas Paul de Kock dans ce que je lisais, mais je lisais tout avec la même avidité. Je me rappelle l'admiration poignante qu'en ces temps reculés m'inspirait Thadéus le Ressuscité, de Michel Masson, et je suis certain que le style étonnant du Renégat par le vicomte d'Arlincourt me fascinait et me fanatisait. Plus tard, de quinze à vingt ans, quand mes maîtres de Louis-le-Grand et les lectures de choix faites sous ces guides d'élite, m'eurent communiqué le sens et le goût de la perfection, je continuai à me bourrer, tout en dégustant Sophocle et Virgile, des nouveautés que m'apportait pêle-mêle le tumulte du jour; comme j'ai suivi haletant les Mystères de Paris que, douze ans après, j'ai trouvés radicalement illisibles! comme j'ai compris ce bourgeois du Marais qui, mourant au cours de la publication du roman, entre deux des feuilletons du Journal des Débats j s'écriait avec désespoir : « Mourir, mon Dieu! sans savoir ce qui arrivera du Chourineur!» Cependant j'étais devenu capable de distinguer Colomba du Renégat ; je connaissais mamtc*nant Lamartine, Musset, George Sand, Histot'^e romaine et V Histoire de Frame de