‹ Le théâtre et les MoeursChapitre 24 sur 62 · PRÉFACE. XXXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIII

légère, et on n'avait pas d'autre sujet de plainte. La troupe formée et entretenue par Lireux était excellente ; je n'ai jamais vu jouer Rosine avec plus de gentillesse et d'âme, ni Pasquin avec plus de verve endiablée que par Julie Bertaud et Monrose fils. Le spectacle toujours varié était toujours neuf. Lireux ne se contentait pas de donner à son public du Molière, du Marivaux et du Beaumarchais. Il n'oubliait pas les divinités mineures du Parnasse comique, Dufresny, CoUin d'Harleville, Picard, etc. 11 mettait sur son affiche, le même jour, le Roman d'une heurCy la Diligence deJoigny^ V Esprit de contradiction^ et Ton avait une soirée faite de malice, de gaieté et de sentiment qui était une fête ininterrompue de l'esprit. D savait aussi obtenir de ses contemporains ou des chefs-d'œuvre, ou tout au moins des ouvrages d'une séduction supérieure et d'un vif intérêt C'est lui qui a suscité Ponsard et Lucrèce, Emile Augier et la Cigûe ; c'est lui qui a monté le Voyage à Pontoise d'Alphonse Royer, la Main droite et la Main gauche de Léon Gozlan. Je n'ai certes qu'à me féliciter de la substance littéraire que j'ai reçue par lui. Je ne hantais guère les théâtres de larive droite, hormisl'Opéra-Gomique ; je ne manquais pasd'yalleraux grandes occasions. Je lisais tout ce que je n'avais pu voir. Il n'était pas rare, en ce temps-là, de trouver chez l'un ou

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