‹ Le théâtre et les MoeursChapitre 33 sur 62 · SES FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

SES FUNÉRAILLES

Ce jour appartient encore à Victor Hugo.

Tout à rbeure le canon tonnera, et le cercueil, après sa halte de vingt -quatre heures sous TArc de Triomphe de TÉtoile, sera porté au Panthéon, au milieu du concours du peuple, de Farmée et de tous nos sénats. Le président de la République suivra le corps. Depuis la journée du 15 décembre 1840, où la dépouille mortelle de Napoléon passa sous TArc de Triomphe traînée par un char à seize chevaux, avant d'aller reposer sous le dôme des Invalides, on n'a point vu un autre exemple d'une telle apothéose funéraire.

Nous ne nous en plaignons pas. Il ne nous conviendrait pas, dans le pays et dans le temps où nous vivons, de réclamer contre tant d'honneurs accumulés sur un homme qui n'a été ni chef d^État, ni ministre, ni grand-croix, ni directeur général des contributions, rien qu'un homme et un poète, un poète vibrant sous le soufQe de son siècle, un homme libre qui, ferme et fier en la conscience de son droit, brava presque seul un empereur acclamé sur la ruine des libertés publiques par huit millions de voix. Cette exaltation d'un

simple citoyen comme tel nous emporte bien loin da décret de messidor, fonds chinois de la France en république comme en monarchie ; un jour entre des milliers de jours luit enfin où la nation française et ceux qui la gouvernent n'auront pas réglé leurs sentiments sur les méthodes du Céleste-Empire. Nous réclamerions cependant si, en Victor Hugo, on ne voyait aujourd'hui que Victor Hugo, si la pensée publique n'associait point aux honneurs extraordinaires qui lui sont déférés tout le chœur des beaux génies de son époque, dont il a eu la fortune d'être le dernier survivant.

Il y a un excès d'admiration et de piété envers Hugo, duquel on est obligé de se tenir pieusement à l'écart par respect pour tout ce que la France et notre siècle ont produit d'admirable. Devant le deuil, lundi dernier, nous nous sommes interdit d'en faire la réflexion; devant l'apothéose, aujourd'hui, nous la pouvons faire. Depuis huit jours, en des termes qui vont s'amplifîant et s'enflant, pour ainsi dire d'heure en heure, on nous retrace un Victor Hugo qui ne serait rien de moins que le poète par précellence et le penseur par prééminence de l'Europe au xix* siècle et de la France en tous les temps. Les deux métaphores de cime et d'abîme sont les plus modestes par lesquelles on essaye de mesurer son génie. On ne lui aperçoit pas de limites. Nous ne saurions suivre cette pente du panégyrique. De quelques grandes qualités qu'ait été doué Victor Hugo, de quelques magnificences qu'il ait enrichi notre langue, il n'est pas,

comme on le dit, la cime et Tabîme, la cime de toute poésie et l'abîme de toute pensée. Yictor Hugo n'est pas le maître des maîtres de la littérature française ; il ne tient pas dans notre littérature, et personne n'y tient le rang dominateur et la place unique qu'occupent Shakespeare dans la littérature anglaise et Gœthe dans la littérature allemande. Yictor Hugo n'est pas davantage le grand conducteur des imaginations, des âmes et des esprits au xix* siècle; ce rôle, s'il appartient à quelqu'un, appartiendrait à Gœthe ; seul, Jean-Jacques Rousseau le pourrait disputer à Gœthe pour une forte part. Victor Hugo enfin n'a pas la primauté dans la grande époque poétique française qui, annoncée par René, le Génie du Christianisme, le livre De V Allemagne, s'ouvre et se déploie avec les Méditations et se repaît pendant trente années d'idéal, d'amour, de rêve et d'infini, avant de venir expirer à Madame Bovary, aux théories morales de M. Taine et à l'étroite conception politique du législateur de 1852. Non! pas plus dans notre XIX* siècle français que dans l'ensemble de la littérature française, il n'y a un dieu de la poésie s'élevant suprême, isolé, dévorateur de tout le reste, sur des sommets inaccessibles où le commun des génies le contemple et lui voue une adoration qui n'est due qu'à lui. Pas plus dans l'ordre de la pensée que dans l'ordre de l'imagination, Victor Hugo n'est ce dieu. Chateaubriand, Lamartine, Staël, Sand, Musset, Michelet, pour ne citer que ceux-là, d'une part; Lamarck , Cuvier , Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire,

Claude Bernard, d'autre part, ne se rangent pas wfsh tour de Victor Hugo comme airtaur d'un centre géfuérateur ou d'une colonne luminease et culminante, émergée du milieu d'eux ; les dates seules s'y opposeraient. Assemblez en un groupe, aussi rare qu'il vous plaira de le faire, les grandes imaginations et les grands esprits du xix" siècle, Hugo sera du groupe; il ne l'a pas engendré et il ne le dépasse pas. Et maintenant le droit des tiers, comme on dit en style juridique, étant réservé, puisque l'apothéose s'accomplit, ne récriminons pas contre elle, bien qu'elle soit poussée si loin, qu'avec la meilleure volonté du monde on n'y pourrait rien ajouter de plus. Pour Victor Hugo spécialement, on a détourné de sa destination l'Arc de Triomphe consacré à la gloire des armes; par où FAllemand a passé, il y a quinze ans, dans un jonir funeste, c'est Hugo, le premier, qui passera de nouveau ; une armée française qui ressaisirait la victoire sur les champs de bataille européens n'aurait plus désormais intact pour elle-même l'honneur d'une telle pompe. Spécialement pour Victor Hugo, on efface de nos rues -le nom du village d'Eylau où quinze mille braves gens nous achetèrent de leur sang la paix de Tilsitt. Spécialement pour Victor Hugo, on dépossède de son temple la fille inspirée de Nanterre qui figurait à une multitude d'âmes françaises, pures et naïves, le symbole religieux de la patrie. Spécialement pour Hugo et pour ses fuaaérailles, l'Académie a fait capituler ses statuts... Qu'estce que ce cadavre qui ébranle tant de choses 1

Yaici une TÎsion de l'histoire. Transportons-nous trente ans en arrière. Nous sommes sur cette même Toie royale des Champs-Elysées par où le cercueil du poète Ta descendre de l'un à Vautre bord de la Seine ; nous tenons- nos yeux attachés sur ce même point eulminant où s'élève à cette heure le catafalque. La foule est énorme comme aujourd'hui,

Foale encombrant les toits. Us seuils, Ua quais, ks ponts.

On attend quelque chose qui va passer par l'Arc de Triomphe et entrer solennellement dans Paris ; c'est un empereur fait d'hier. Hier, à Saint-Cloud, le Corps législatif et le Sénat lui ont porté le plébiscite par lequel le peuple a signifié sa volonté. Et aujourd'hui, Napoléon, éclos pour la seconde fois de Bonaparte, part de Saint-Cloud pour venir prendre possession du palais des Tuileries. Jour pour jour — car nous sommes au 2 décembre 1852 — jour pour jour, il y a un an, cet homme imprévu et que personne n'avait deviné, a, dans l'espace d'une nuit, saisi à brasle-corps, abattu, ficelé et ligotté Paris, le Paris des barricsides de 1S30 et de 1848, fameux et terrible à l'Europe, qui deux fois en vingt années avait tout ébranlé de sa secousse, du Nord au Sud et de la Manche à la Yistule. La France a acclamé le prince et toute l'Europe interroge l'énigme de son règne naissant. 11 arrive au rond-point de l'Étoile. Écoutons le narrateur officiel :

• Le temps était incertain... A une heure, le canon

108 LE TUÉATRE ET LES MGEURS.

» tonne, les tambours battent aux champs, l'empe- » reur arrive à l'Arc de Triomphe* Au même mo- » ment, le ciel s'éclaircit et un rayon de soleil perce » les nuages. Ce fut alors un spectacle saisissant de » voir le nouvel empereur passer sous cet arc de » triomphe, élevé par son oncle à la gloire de Tarmée » française. »

L'empereur passe, il a passé sous la voûte triomphale; le cortège se déroule le long des Champs Élysées. Devant Tempereur, la musique du 7* lanciers, le général commandant le cortège, le 12' dragons, la maison militaire; derrière l'empereur, la brigade des cuirassiers et la brigade des carabiniers en colonne par division : tout comme aujourd'hui, tout comme tout à l'heure I « Les deux ter- » rasses des Tuileries qui bordent la place de la » Concorde sont occupées par les députations d'un » grand nombre de corporations ouvrières. Leurs » bannières, de diverses couleurs et richement » brodées, portent des devises et des emblèmes » inspirés par la solennité avec le cri national de » Vive V empereur! Vive Napoléon IIl!,,,\,es accla- » mations enthousiastes qui éclatent partout sur le » passage de l'empereur, ont redoublé à la place de » la Concorde... » Sur la place du Carrousel, Saint- Arnaud lit aux troupes la proclamation de l'empire ; et, sur la place de la Concorde, Persigny la lit aux gardes nationaux. Il y a eu ce matin à l'Hôtel de Yille banquet de deux cents couverts, il y aura ce soir gala au palais et illuminations par la ville. »

Cependant, pas loin de là, à Bruxelles ou à Jersey, je ne sais, — dans la vision, c'est une distance imperceptible, — en face de Thomme qui triomphe, un autre homme écrasé sous le poids de la défaite se redresse, la voix enûsuoimée, et il crie .

république de nos pères, Grand Panthéon plein de lumières, Dôme d'or dans le libre azur, Temple des ombres immorteUes, Puisqu'on vient avec des échelles, Coller Tempire sur ton mur, Je t'aime ezill douleur, je t'aime!

Il invoque la mube, sa seule auxiliaire et sa seule ressource :

...Viens, dressons maintenant Assez de piloris pour faire une épopée.

J'attacherai la gloire & tout ce qu'on insulte, Je jetterai l'opprobre & tout ce cni'on bénit.

Il prédit la chute, avec une obstination maniaque et sublime, au premier moment de la grandeur et au plus haut moment. Que lui fait le présenti

Arrive l'avenir, le gendarme de Dieu!

Il somme la Providence de se dépêcher; il l'entend qui marche et prépare ses revanches; c'est bien du mot Providence qu'il se sert; il est Nahum, il est Daniel ; il a sur le sujet de la fin inévitable une confiance enragée dans cette Providence que ses yeux voient et que sent son âme. Qu'était-il, que pouvait-il

iiO LE THÉÂTRE ET LES MŒURS.

pendant qu'il entassait contre le triomphateur les injures sur les injures et que tout lui était bon pour* faire balle, le véhément, le superbe, le comique, le sinistre, le grotesque, et même le nauséabond et l'écœurant I Quelle apparence que la voix qu'on étouffait, qu'on avait proscrite de France, qu'on proscrivait encore par delà les frontières, pénétrerait jamais jusqu'aux oreilles du peuple fasciné par le nom de Napoléon ! Et voilà qu'aujourd'hui le barde outlaw est lui-même sous l'Arc de Triomphe! Il suit à son tour la voie triomphale I II met debout Paris et son peuple I 2 décembre 1852! 1" juin 18851 Le cri de ces deux dates, rapprochées l'une de l'autre, est formidable. Mais que crient-elles? Bossuet répondrait simplement et magnifiquement : « vanité! » néant I mortels ignorants de leurs destinées! » Nous sommes forcé d'ajouter autre chose; cet autre chose est grave et fera de la cérémonie d'aujourd'hui, de quelque façon qu'elle tourne et se termine, une journée mémorable et critique dans l'histoire de nos mœurs publiques et de nos institutions.

Certes, l'apothéose de Victor Hugo est prodigieuse. Je doute cependant que ceux qui l'ont décrétée s'en soient représenté à eux-mêmes toute l'étendue et toute la signification. Hugo, aujourd'hui, ne triomphe pas seulement d'un empire et d'un empereur. On se tromperait bien si l'on se figurait que l'épopée du mépris, qui a nom Châtiments, atteint un homme, un seul, usurpateur sur les lois, et rien à côté de lui. Elle englobe sans distinction tout ce qui s'est

VICTOR HUGa. m

empressé autour de la monarchie absolue restaurée; elle vise toutes les institutions et tous les corps que le génie inventif du Premier Consul avait créés ou réparés pour servir à sa toute-puissance d'appui et d'omeBMnt, qui ont fait depuis et continûment le même usage sous n'importe quel gouvernement, qui «ont encore à cette heure le substratum auquel se superpose la présidence de la République. Jamais on n'a vu, jamais on ne verra discorde plus flagrante entre un triomphateur et tout le cortège officiel qui accompagne son triomphe. Je sais bien qu'on me répondra que les corps, les hiérarchies et les compagnies d'aujourd'hui doivent être distingués des corps, des hiérarchies et des compagnies qui florissaient au 2 décembre 1852; qu'ils n'en sont pas solidaires; qu'un régime corrupteur corrompt tout, mais que les gouvernements honnêtes et éclairés arrivent ensuite, qui répandent la lumière, l'intégrité et l'honneur là où des tyrans n'ont communiqué que leurs vices. Je ne contredis pas ces belles maximes. Seulement on n'a pas la ressource de constater qu'elles se trouvent le moins du monde indiquées dans les Châtiments et dans JSapoléon le Petit,

Du fait du 2 Décembre, Hugo condamne et bafoue les choses en masse et pour toujours.. Les anathèmes lancés de Jersey sont à perpétuité, et c'est tout ce ^ue le prophète en son délire a fait analhème qu'il traîne maintenant derrière son char triomphal. L'ordre de marche « des corps constitués » qui va se développer de l'Arc de Triomphe au Panthéon n'en

montrera presque pas un qui ne porte au front la blessure d'un vers du poète. D'abord se présentent la garde républicaine, les tambours avec crêpe, les cuirassiers et leur fanfare, les musiques militaires et leur Marseillaise sur le mode mineur; puis, encadrant le cortège, l'armée tout entière, les cavaliers, les fantassins, l'artillerie assise sur ses tonnerres ; les généraux et leurs états-major qui courent le long des lignes pour les maintenir. Passez, généraux, soldats, dernier espoir de la France, soldats qui n'avez point fait mentir Malakoff à Saint-Privat, passez, passez! Ou bien à l'esprit de quelqu'un, dans la foule, monteront peut-être les vers sur la veille des armes, la « Nuit de Décembre » dans les casernes, sur les généraux dorés, portant la triple étoile, sur les maréchaux de France.*, des vers que je ne cite pas! Passez, grand chancelier; députation de la Légion d'honneur, passez, ou bien Ton se souviendra de la strophe... je ne la cite pas non plus, je ne la cite pas ; ce serait toucher une des fibres les plus susceptibles du tempérament français, brutalement déchirée par Hugo ! Je ne cite pas — la place me manquerait — la série sans fin des imprécations contre la magistrature.

Mon nom était justice. — Et quel est ton bourreau? — Les juges I...

C'est particulièrement sur les personnages qui ont été les chefs sacrés de la justice que tombent les imprécations de Hugo le proscrit. Baroche, Delangle, Troplong, Dupin, il n'en fait qu'une plaie. H ne leur veut

même pas accorder le supplice trop noble de la place de Grève. Ce serait déshonorer la Grève! Ce serait diffamer Téchafaud !

Quoi, Grand Dieu ! pour Troplong, la mort de Malesherbes I

Et à présent, foule, salue! Ce qui défile là devant toi, c'est la cour de cassation dans ses hermines, avec le premier président et son parquet. Après ces exemples, on peut négliger le fretin; la fonction ministérielle («Vous savez bien un tel? — Oui! il est aux galères? — Non; il est ministre! »); les directeurs, les chefs de division, les préfets, les autorités de toute sorte, tous ceux qui disent avec une lettre majuscule : a L'administration, » ou mieux encore : « mon administration, » tous ceux dont Hugo dit, en établissant la plus osée des synonymies : « Les intri- « gants, les fourbes, les crétins, les puissances^ » Tout aux gémonies, et lui, au Capitole ! Quel sens de cette journée! quel spectacle pour le philosophe ! Mais que pensera, que sentira le peuple en ses profondeurs?

Après tout, ce sont là les affaires de ceux qui gouvernent. Pour Hugo, son destin est accompli par cette souveraine récompense :

Et peut-être en la terre où brille Tespérance,

Pur flambeau, Pour prix de mon exil, tu m'accorderas, France,

(In tombeau.

Qu'il repose en paix dans le tombeau qu'on lui décerne, le grand poète, le grand tribun du peuple ! Qu il

repose, glorieux, lui qui a été un homme^ lui qui s'est tenu debout quand tout se prosternait, lui qui a ramassé un jour tout ce qui était abattu et renversé pour s'en faire une foi inébranlable, lui qui af^su dire en vers éternels :

Fût>on cent milUons d'esclaTes, je suis Ubre;

Et ce qui brise un peuple, avorte aux pieds d'un homme.

Hugo ne s'est pas contenté de créer des héros de l'épopée et du drame ; il a fait briller en sa propre personne, lorsqu'il Ta fallu, leur héroïque vertu. San» doute, au 2 Décembre, l'héroïsme lui a été plus facile et plus commode qu'à beaucoup d'autres ; c'est ce que n'ont pas manqué d'observer à son détriment les gens nombreux qui lui reprochent d'avoir toujours su trop bien exercer le faire valoir de son génie et même celui de ses mésaventures et de ses catastrophes politiques. Je tiens à le remarquer à mon tour,, mais à son éloge. L'heure des sacrifices ne l'a pas trouvé dépourvu, et, précisément à cause de cela^ précisément parce qu'il avait été prévoyant, il a été en mesure de résister avec moins de souci et plus de suite à des pouvoirs tyranniques. Il s'était ménagé assez de bien pour pouvoir écrire les Châtiments du fond d'un sûr asile, et pour demeurer fidèle à l'enga* gement qu'il prenait de rester le dernier au poste de haine et de combat.

Non equidem invideo, miror magis.

Des deux personnages qu'il a mis en scène, en 1824 dans Tode intitulée le Poète dans les révolutions^

l'un, rhomme pratique et expérimenté, exhorte le poète à se désintéresser de la lutte contre le mal et pour le mieux; Tautre, le fou, le poète, veut s'y jeter à corps perdu. Le premier dit au poète :

Jeune homme, ainsi le sort nous presse, Ne joins pas dans ta folle ivresse, Les maux du monde à ton malheur

Les hommes vont aux précipices, Tes chants ne les sauveront pas.

Le poète lui répond avec enthousiasme :

Le poète, en des temps de crime, Fidèle aux justes qu'on opprime, Gélèhre, imite les héros

Ces deux personnages de son poème, Hugo les a heureusement associés et fondus dans sa vie. 11 a été l'enthousiaste et le bon ménager. Il a été, comme Goethe, un poète et un sage. 11 a embrassé fièrement son devoir dans les heures difficiles et cruelles; il a défendu le droit et son droit ; il s'est acquis le moyen de subsister indépendant de son époque et de ses tristes vicissitudes, et il est mort, comblé de jours, sous un toit à lui, au milieu des siens, leur léguant un avenir sûr et tranquille, pleurant doucement à ses petits-enfants qui pleuraient.

(Journal des Débats du !«' juin 1885.)

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