‹ Le théâtre et les MoeursChapitre 5 sur 62 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

acquis le respect de la personne d'autruî, le respect général de la personne humaine ; plus s'était développée la sympathie pour les faibles et les petits. Et plus l'instinct de l'humanité s'était fortifié et déterminé, plus on haïssait l'oppression où qu'elle fût. Sous le couvert de la Charte, les haines religieuses s'étaient amorties et éteintes ; la paix religieuse était pi'ofonde. Avec le Code civil et l'ordre domestique établi par lui, avec la Charte et les institutions politiques issues d'elle, il y eut, de 1815 à 1850, un troisième facteur du mouvement des âmes et des esprits; c'est la paix générale. Quelques années après 1815 la paix paraissait quelque chose de plus qu'un, accident heureux; on la concevait logiquement comme la mère des arts et de la civilisation; dès septembre 1815, le traité chimérique de la Sainte-Alliance fut l'indice de cette disposition naissante des esprits ; il a été la première esquisse du genre d'associations qui se sont appelées depuis « Ligues de la Paix » ; analysé en ses éléments, jugé d'après son texte et d'après les textes originaux ^ qui nous apprennent comment

i. G. Muhlenbeck, Étude sur les origines de la Sainte» Alliance, Paris, F. Vieweg). Livre nourri de faits et bourré de documents, Tun des plus instructifs et des plus intéressants qu'on puisse lire sur l'iiistoire psychologique du siècle.

Page 1