PAVART, SARAH BERNHARDT ET PERRIN
la place de V Étrangère et Bajazet à la place de Mademoiselle de la Setglière; mais justement je cesserai bientôt de goûter ce plaisir si le nouvel administrateur n*a pas, comme M. Perrin, le bonheur qui fait que la salle ne désemplit pas. Adieu l'argent, adieu le répertoire qui ne le sait pas retenir.
Quel dommage que M. Perrin ne puisse pas souffrir le répertoire en général et la tragédie en particulier! Ce diable d'homme a tant de chance à tout ce qu'il entreprend qu'il serait capable de jouer le Légataire ou Rodogune sans diminuer le revenu net de MM. les comédiens. Qu'est-ce que je dis, -florfog^une? M. Perrin et son étoile rempliraient une salle avec Cléopâtre, Gageons tout ce qu'on voudra que s'il reprenait Cléopâtre de Marmontel, avec l'aspic de Vaucanson, moitié le drame, moitié l'aspic, qui serait bien un aussi fameux clou que le cerisier vivant de F Ami Fritz^ la pièce, toute brillante de l'étoile propice de M. Perrin, ferait cinq mille francs. M. Perrin ne courrait d'autrerisque que l'excès de son bonheur. Il y aurait à craindre que l'aspic lui-même, oyant tout le monde applaudir, oubliât de siffler.
Car le bonheur, voyez-vous est le bonheur. Contre lui et sans lui, rien à faire.
(Revue Bleue^ 29 janvier 1881.)